Le point de vue de Baudelaire est éclairant en matière d’art.
Selon lui, l’homme nait naturellement mauvais (réminiscence du péché originel ?),
et c’est par l’action culturelle qu’il peut évoluer. Mais la culture et le Beau
ne servent la plupart du temps du temps que des intérêts particuliers au détriment
des intérêts généraux.
Dans « Éloge du maquillage », il exprime la
nécessité pour lui d’utiliser les moyens offerts par l’art pour transfigurer la
nature, vulgaire par définition, et prend l’exemple du maquillage féminin pour
expliquer qu’il s’agit d’un embellissement artificiel, et surtout pas l’imitation
de la nature. Pour lui, elle veut, au contraire, s’en affranchir et par ce
biais transcender son corps, approcher du « Beau » grâce à un
artifice, corrigeant ainsi les imperfections de la nature pour accéder à un
statut presque divin. :
« La femme est le
contraire du Dandy. Donc elle doit faire horreur. La femme a faim, et elle veut
manger ; soif, et elle veut boire. Elle est en rut, et elle veut être f... Le
beau mérite ! La femme est naturelle, c’est-à-dire abominable. »
Baudelaire – « Mon cœur mis à nu »