Aux Lecteurs
Voilà où nous en sommes : le partage du « business » des auto-tests.
Appréciez le niveau des préoccupations...
La vente en grandes surfaces d’autotests pour dépister le Covid-19, autorisée jusqu’au 31 janvier, ne remet pas en question « dans la durée » le monopole des pharmacies, a assuré ce mercredi le ministre de la Santé, Olivier Véran. De la pommade sur une « entorse ». Après avoir pris de court les pharmaciens mardi, en permettant « à titre exceptionnel » la vente d’autotests en supermarchés, Olivier Véran a tenté de rassurer une profession aussi surprise que remontée contre cette décision.
« C’est une dérogation, mais en aucun cas cela ne doit contrevenir dans la durée à la question du monopole pharmaceutique pour les dispositifs médicaux », a-t-il déclaré devant la commission des Lois de l’Assemblée nationale. « C’est une entorse que nous faisons à une règle qui m’est chère », a-t-il insisté, expliquant avoir procédé par arrêté afin que la mesure « soit immédiatement applicable, parce que ce qui compte c’est la période du 31 (décembre) et les jours qui vont suivre », et affirmant que cette autorisation « prendra fin au plus tard à la fin du mois de janvier ».
Choix « incompréhensible »
Une transgression justifiée par l’explosion de la demande : les officines « ont distribué plus d’autotests en quelques jours que sur les six derniers mois », environ 6 millions la semaine de Noël, a précisé le ministre. En ajoutant les 7,3 millions de tests PCR et antigéniques réalisés sur la même période, « on est monté à plus de 13 millions de tests », a-t-il souligné.
Dans ce contexte, « un certain nombre de pharmacies nous ont signalé qu’elles étaient en rupture » de stocks d’autotests, tandis que « de l’autre côté des acteurs de la grande distribution (en) avaient acheté et ont dit »nous pouvons les mettre à disposition« », a ajouté Olivier Véran.
Mais le mal est fait : dans un communiqué commun, l’Ordre et les syndicats de pharmaciens fustigent un choix « incompréhensible et risqué pour la santé publique » et réclament « une clarification immédiate » sur « la nouvelle politique de dépistage de notre pays ».