@Durand
Bonjour et merci de faire état de cette information.
On rappellera dans le même ordre l’analyse prédictive du même Laurent Bigot dont les qualités de diplomate quelque peu visionnaire lui ont valu d’être tout simplement remercié du poste Afrique de l’Ouest où il exerçait au Quai d’Orsay pour avoir prédit la chute du président Blaise Compaoré au mois de juillet 2012.
Article toujours d’actualité qui mérite d’être lu :
https://www.rfi.fr/fr/emission/20141209-laurent-bigot-diplomate-francais-limoge-avoir-predit-chute-compaore
et dont voici un extrait en une suite de questions posées à M Laurent Bigot avec les réponses de l’intéressé :
Le passage de l’opération française Serval à celle de Barkhane ? Est-ce la bonne solution au Sahel ?
Le
terrorisme est probablement une des nombreuses conséquences d’une
profonde crise de gouvernance au Sahel et en Afrique de l’Ouest en
général. Donc c’est un problème politique. Et si on n’y oppose qu’une
solution militaire, on ne résoudra pas le problème.
François
Hollande souhaite la création d’une force africaine de réaction rapide.
Mais en attendant, est-ce que les soldats français ne sont pas
condamnés à rester de longues années en Afrique ?
La
question qu’il faut se poser, c’est pourquoi tous ces Etats africains
n’ont jamais voulu constituer d’armée. Pour de nombreux chefs d’Etat,
l’armée est un danger pour eux. Donc ils constituent une garde
prétorienne pour leur protection et pour le reste, il s’assure que
l’armée ne soit pas en capacité de faire de coups d’Etat. A partir du
moment où les dirigeants seront en diapason de leur peuple, ils n’auront
plus rien à craindre de leur armée, et enfin les armées pourront jouer
leur rôle.
Si vous n’aviez pas été piégé en 2012 par cette
vidéo à l’Ifri, est-ce que vous seriez encore aujourd’hui au quai
d’Orsay ou pas ?
Avec des si, on mettrait Paris dans une bouteille.
Est-ce que Blaise Compaoré a demandé votre tête à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères ?
Il
y a eu une protestation officielle, une note verbale adressée à notre
ambassade à Ouagadougou. La réponse officielle a été d’expliquer les
conditions dans lesquelles j’avais pris la parole et dans lesquelles
avait été diffusée cette intervention, c’est-à-dire malgré moi. Je crois
que les Burkinabè ont compris.
Ils n’ont pas…
Pas à ma connaissance. Une fois la réponse à leur protestation donnée, je n’ai pas connaissance d’autre pression.
Donc le limogeage est plus à l’initiative du ministère français des Affaires étrangères ?
Oui. C’est plus du franco-français que lié à des interventions africaines.
Et pourquoi dérangiez-vous à ce point ?
Allez poser la question à ceux qui ont voulu me couper la tête.
Bien à vous,
Renaud Bouchard