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Renaud Bouchard 4 février 2022 19:08
Renaud Bouchard

@Durand et Microf

Il me semble que vous oubliez tout un ensemble de travaux très importants accomplis dans le delta central du fleuve Niger avec de nombreux ouvrages hydrauliques qui ont été, hélas, abandonnés après les indépendances.

Pour avoir rencontré des ingénieurs chinois sur place j’ai vu un bureau d’études techniques qui travaillait avec des relevés hydrographiques et topographiques qui dataient des années...1920.

"Parcourant une large partie de l’espace soudano-sahélien, le fleuve Niger a nourri, par ses ressources, des Empires qui ont marqué l’histoire africaine (Sanankoua, 1990). Il est encore aujourd’hui à la base des moyens d’existence de nombreuses communautés humaines. Dès les années 1920, d’importants aménagements hydrauliques ont été planifiés, puis réalisés (Sotuba en 1925, puis Sansanding/Markala en 1947), sur le cours moyen du Niger, au Mali, pour permettre l’irrigation agricole à large échelle. Après les décennies 1950 à 1970 qui ont été dominées par les soucis d’entretien des infrastructures existantes, la période allant de 1980 jusqu’à nos jours a vu la relance des aménagements, avec la mise en fonctionnement de nouveaux ouvrages (Sélingué en 1981 et Talo en 2006) associés au développement d’espaces irrigués, sans oublier l’extension apportée, dans une grande ampleur, aux périmètres existants. Par ailleurs, plusieurs nouveaux barrages, notamment à Fomi sur le Haut-Bassin (en Guinée), attendent un démarrage prochain de leur construction. En un siècle, le cours supérieur et moyen du fleuve Niger sera passé, selon un processus d’abord lent puis de plus en plus rapide, du statut d’écosystème naturel à celui d’un système d’eau fortement artificialisé et régulé (Ferry et al., 2012).

2 Les aménagements du fleuve ont contribué à la création de nouvelles activités économiques pour le pays. La filière coton dans ses débuts, puis la filière riz et enfin la canne à sucre aujourd’hui doivent beaucoup aux ouvrages hydrauliques et à l’Office du Niger. Cependant, malgré l’existence d’une agence inter-États pour la gestion coordonnée de l’ensemble du bassin, la cohérence des politiques récentes déployées sur le Haut et Moyen-Bassin du Niger au Mali méritent d’être questionnées, aussi bien au regard du choix implicite du modèle de développement de l’agriculture que de la gestion de la ressource en eau."

Lisez la suite ci-après :

Droy Isabelle, Morand Pierre, « Les grands aménagements sur le fleuve Niger : atout pour le Mali ou facteur de vulnérabilité pour ses populations rurales ? », Mondes en développement, 2013/4 (n° 164), p. 57-70. DOI : 10.3917/med.164.0057. URL : https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2013-4-page-57.htm


Par ailleurs, ainsi que l’explique un remarquable spécialiste de l’hydrologie du Delta intérieur du Niger et des grands fleuves d’Afrique,Gil Mahé, "il est indispensable de repenser le lien que nous avons avec les barrages, qui ne peut plus être celui que nous avions il y a 50 ans. Les modifications à venir du régime du fleuve qui découleront des prochaines constructions d’ouvrages, doivent s’accompagner d’études approfondies sur le devenir des surfaces inondées et agricoles dans le delta, et des conséquences pour les populations locales qui vivent encore très nombreux au rythme de la crue du fleuve des fleuves."

https://www.initiativesfleuves.org/actualites/gil-mahe-ird-delta-interieur-niger-milieu-naturel-exceptionnel/


Quant au reste, il y a ceci :

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/22/au-mali-le-delta-du-fleuve-niger-a-la-confluence-des-maux-saheliens_6077671_3212.html


On peut toujours tout critiquer mais, honnêtement, la France a bon dos, n’est-ce pas ?

Bien à vous,

Renaud Bouchard



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