@agent ananas
Et voilà pourquoi votre fille est muette...
L’intervention internationale et le rôle de l’OTAN
Le drame de la Libye, nombreux l’oublient ou l’occultent, notamment en France, a été planifié, programmé et exécuté en 2011, par l’Élysée qui y a impliqué l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, sous prétexte de débarrasser ce pays du Colonel Mouammar Kadhafi, ce « dictateur » que la France avait pourtant, peu de temps auparavant, accueilli en grand chef d’État, lui ouvrant ses jardins pour qu’il y installe sa tente.Dans la forme, à la suite d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU à laquelle personne – pas même la Russie et la Chine – ne s’opposera, une coalition de 50 États se donne les moyens d’arrêter ce qui s’annonçait comme une catastrophe à grande échelle.Sur les interventions militaires en Libye, la confusion règne. Il n’y a pas une opération en Libye mais quatre, voire cinq avec la mission Frontex de l’Union Européenne.Le 19 mars 2011, la France, lance l’opération Harmattan, opération aéromaritime « pour protéger la population libyenne contre les attaques des forces du colonel Kadhafi ».Le même jour, les États-Unis démarre l’opération « Odyssey Dawn », avec pour objectif de détruire les positions de l’armée de l’air libyenne et empêcher les bombardements.Toujours le 19 mars, le Royaume-Uni lance son opération « Ellamy », dans le but de frapper les nœuds de communication stratégiques et de systèmes de défense anti-aérienne libyens.Le dernier pays a lancé sa propre opération se trouve être le Canada, avec l’opération Mobile, dans le but de faire respecter la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye ainsi qu’un embargo sur les armes décidés par l’ONU.À partir du 31 mars 2011, l’ensemble de ces opérations des pays engagés en Libye, sont conduites par l’OTAN dans le cadre de l’opération « Unified Protector ».Mais rapidement, notamment à Moscou, les frappes de l’OTAN en Libye ont été dénoncées, estimant que l’OTAN « outrepasse son mandat » en « ne faisant que bombarder », et appelant au plus vite à la phase politique.L’opération a officiellement pris fin le 31 octobre 2011, après que les chefs rebelles, officialisés au Conseil national de transition, aient déclaré la Libye libérée le 23 octobre.
- La « guerre de Sarkozy » en Libye.Le rôle premier de la France de Sarkozy dans l’intervention internationale en Libye, pour faire disparaitre Kadhafi, est pour certains, la preuve que l’ancien chef de l’État français voulait se débarrasser d’une affaire devenue trop encombrante, à tel point que Nicolas Sarkozy, en 2011, aurait plaidé de toutes ses forces en faveur d’une intervention en Libye.Il s’agissait pour l’ancien président de la République française d’éloigner les témoins gênants, au premier rang desquels figure le colonel Kadhafi.La destruction massive que le président Sarkozy a entreprise et son acharnement à faire disparaître celui qui auparavant faisait partie des convives privilégiés, ont commencé à révéler leurs machiavéliques dessous, à commencer par la disparition des preuves d’un occulte financement d’une campagne présidentielle. Sans compter les perspectives de juteux contrats pétroliers, gaziers et de reconstruction du pays à conclure avec les successeurs du « tyran ».
- La mort de KadhafI.En août 2011, la capitale Tripoli passe aux mains des rebelles. Kadhafi fuit à Syrte, sa ville natale, plus à l’est.Les bombardements de l’OTAN finissent par obliger Kadhafi à une nouvelle fuite. Mais le 20 octobre 2011, son convoi est repéré et bombardé par des chasseurs français.Le colonel Kadhafi est finalement retrouvé par les rebelles, qui finissent par le lyncher en direct, une mise à mort filmée par de nombreux téléphones et caméras.
- Les soupçons « de financement libyen de la campagne de Sarkozy »
La justice française étudie toujours les présumées irrégularités dans le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007, qui aurait été financée justement par le défunt Kadhafi.En mars 2018, l’ancien président français a même été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur « l’argent libyen » qui a débuté en 2013.Le 21 mars 2018, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens’’. Plusieurs de ses collaborateurs, ainsi que d’anciens ministres, Brice Hortefeux, Eric Woerth ou encore Claude Guéant, sont également mis en cause et mis en examen.Selon le média d’investigation indépendant français, Mediapart, des documents affirment que Tripoli aurait, en 2006, donné son accord pour un financement à hauteur de 50 millions d’euros.
- Le chaos libyen
L’instabilité et la guerre en Libye perdurent depuis 2011, après l’intervention internationale voulue par Nicolas Sarkozy.La France, qui aujourd’hui prétend s’inquiéter du conflit opposant le GNA, Gouvernement d’entente nationale, reconnu par l’ONU et dirigé par Fayez al-Sarraj, au putschiste Haftar, est pourtant la première responsable dans l’enlisement de ce pays dans le chaos.Le journaliste français, Jean-Marc Four, l’a récemment souligné dans une de ses chroniques au micro de la radio France Inter."Le péché originel est français. C’est Paris, en l’occurrence Nicolas Sarkozy en 2011, qui a déclenché le chaos libyen. En allant bien au-delà de la résolution de l’ONU sur le sujet, numéro 1973. Avec une intervention militaire visant à liquider Kadhafi sans avoir préparé la suite".L’ancien président, dans sa fixation à éliminer Kadhafi au plus vite, sans se soucier de la transition post-Kadhafi, a sans nul doute, une part de responsabilité très importante dans la crise libyenne qui perdure depuis 2011.
- La politique du président Macron en Libye
Aujourd’hui, Paris, par le biais du président Macron et du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, accuse Ankara "de jouer un jeu dangereux en Libye", en référence au soutien apporté au gouvernement légitime libyen, le GNA.La France semble ne pas apprécier les défaites répétées et le recul sur le terrain de son petit protégé, Haftar, accusant Ankara de violer l’embargo sur les armes imposé à la Libye.Or, Paris ignore ouvertement les livraisons d’armes des pays soutenant Haftar, les EAU, l’Arabie Saoudite ou encore la Russie. Une situation qui se trouve d’ailleurs être dénoncée en France même. D’autant plus que certaines armes, exclusivement vendues par Washington à la France, se sont retrouvées dans les mains des forces pro-Haftar !Le politologue François Burgat partageait il y a quelques jours sur les réseaux sociaux :
"Indécence française en Libye :L’ingérence franco émiratie et russe en Libye ne peut pas être renvoyée dos à dos avec l’appui apporté par la Turquie au gouvernement légal de Tripoli, à sa demande. Les projets respectifs, la contre révolution autoritaire sur le modèle de Sissi d’un côté et de l’autre, le soutien d’un gouvernement qui reste à ce jour l’héritier légitime de la dynamique révolutionnaire ne jouent pas dans la même catégorie.Piétiner en coulisses à Tripoli le multilatéralisme onusien que l’on prône à Washington, envoyer ses forces spéciales pour guider la percée d’un vilain candidat dictateur, pas grave quand on s’appelle Le Drian-Macron. En faire la moitié en s’appelant Erdogan, et avoir le culot de réussir, c’est juste in-to-lé-rable ! ».Face au discours de Macron, d’autres médias n’hésitent pas non plus à s’interroger sur la légitimité de la France dans ce conflit, citant des diplomates français sous couvert d’anonymat.
Suite
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération

