Renaud Bouchard
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Le Canard Enchaîné a publié le 24 juin un article citant ces diplomates :
"Erdogan
est le seul à jouer franc-jeu, sans dissimuler ses ambitions
géopolitiques, militaires, pétrolières et gazières. Y compris en mer
Méditerranée, au large de la Libye et près de Chypre« .
Dans sa chronique sur France Inter, Jean-Marc Four poursuit ainsi :
»Plus
récemment, on ferait mieux de se taire aussi à propos du viol de
l’embargo sur les armes. Vu que plusieurs indices témoignent d’une aide
militaire française au maréchal Haftar : la mort à Benghazi de trois
membres des services secrets français en 2016 et la découverte sur place
de missiles américains vendus exclusivement à Paris".De
surcroît, le journaliste a expliqué que "Enfin, le soutien diplomatique
français à peine dissimulé au maréchal Haftar ces dernières années,
pose question. Puisque le pouvoir libyen reconnu légitime par l’ONU,
c’est l’autre, le gouvernement Sarraj, celui que soutiennent les Turcs.
Donc à ce compte-là, Ankara est plus légaliste que Paris. Et peut
ironiser en disant : "C’est plutôt la France qui joue un jeu dangereux
en Libye".Par ailleurs, le
journaliste français a souligné que "à cause de son soutien à Haftar, la
France se retrouve désormais "engagée aux côtés de partenaires
douteux« . »On peut objecter que le
droit c’est secondaire et qu’en politique, seuls les résultats comptent.
Admettons. Sauf que là non plus, côté résultats concrets, la France n’a
pas de leçons à donner. Sur le terrain, on a misé sur le mauvais
cheval. En pariant plutôt sur Haftar parce qu’on veut un homme fort à
Tripoli face aux menaces djihadistes venant du Sahel. Paris n’a pas fait
le bon calcul« , a-t-il martelé. »Par-dessus
le marché, la France s’est brouillée par la même occasion avec l’Italie
qui elle est restée opposée à Haftar. Ça va un peu mieux maintenant,
mais la plaie n’est pas totalement cicatrisée. Et l’Europe reste
cacophonique sur le sujet libyen".La
France, qui joue un rôle très ambigu en Libye, contrairement à ce
qu’elle affirme, un rôle qui est loin d’être irréprochable du point de
vue de l’embargo d’armes et de ses liens avec des régimes très
contestables du Moyen-Orient, est en train de se marginaliser sur ce
dossier. Ses partenaires européens et dans l’OTAN ne partagent pas
forcément la position anti-Turquie de Paris, du moins pas avec la même
virulence, et estiment que le véritable danger en Libye est la présence
de la Russie."
Source : https://www.aa.com.tr/fr/analyse/analyse-de-sarkozy-%C3%A0-macron-lh%C3%A9ritage-du-chaos-sur-les-terres-libyennes/1890539
Renaud Bouchard