Aux Lecteurs.
Fin de l’Opération Barkhane et de l’intervention de la France au Mali, comme en RCA (fin de l’opération Sangaris) ce 17 février 2022.
La rhétorique anti-française est sans intérêt.
Les succès tactiques et médiatiques de Wagner et l’enthousiasme qui accueillent l’arrivée des russes risque fort d’être tempérée, comme au Mozambique et en République Centrafricaine.
Les défauts de paiement vont assécher financièrement ces pays.
6 à 12 mois de retrait (la saison des pluies arrive).
Le CEMA français va appeler son homologue malien pour la suite des opérations conjointes.
Niger et Mali, mais aussi Mauritanie avec le redéploiement militaire de la France (mais aussi de l’UE) sur fond d’invisibilisation et discrétion.
Renforcement de points d’appui extérieurs (forces spéciales, soutien aérien et logistique).
La situation est fragile, tant sur place (rejet) qu’informationnelle (attaques cyber sur ravitaillements logistiques).
Quel sera le futur des bases françaises déjà prépositionnées ?
Si l’objectif premier est vraiment de lutter contre le terrorisme, quelle sera la relation avec la Russie, compétiteur sur le territoire du Sahel ou allié ?
Le Sahel devient le pendant de l’Ukraine.
Il est fondamental de considérer la situation du Sahel en tenent compte du regard des habitants qui, eux aussi, vivent les dynamiques conflictuelles.
Le front terroriste grandit et se déplace vers le sud.(Côte d’Ivoire, Bénin).
La France va en réalité s’extraire d’une situation complexe, un théâtre sahélien ingérable.
Réponse à l’un des commentateurs (I), mais surtout invitation à écouter deux analyses passionnantes de deux bons intervenants (II) :
Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l’African Security Network.
Pascal Airault est journaliste au service international de L’Opinion, co-auteur de l’ouvrage “Le Piège africain de Macron”, avec Antoine Glaser (Fayard, 2021).
@microf
I---Bonjour et merci pour ce commentaire.
"Vous ne devez pas être bien informé sur la question des Djihadistes au Mali, c´est la France qui entretien la rébellion au Mali.
C´est
la France qui a interdit á l´Armée malienne de faire la guerre aux
Djihadistes. C´est la France qui a interdit á cette armée malienne
d´aller dans les zones occupée par le terroristes.
L´armée malienne était par exemple interdite d´aller á Kidal, n´êtes vous pas au courant ?
Mais depuis que les Russes sont arrivés au Mali et armés l´armée malienne, l´armée malienne vole de victoire en victoire, n´êtes vous pas au courant ? Tout est sur le net, faites des recherches vous allez trouver.
Concernant l´Algérie, oubliez-vous la vague terroriste entretenue par l´Occident qui a envahi l´Algérie dans les années 90 ? l´Algérie en est sortie vainqueur, le Mali est sur cette voie, dans un an, on n´entendra plus parler de terrorisme au Mali.
La corrompue Bamako c´était l´œuvre de la France, c´est pour cela
que le peuple s´est levé et a chassé les corrompus, aujourd´hui, une
nouvelle ère se lève pour le Mali.«
»Dans un an, on n´entendra plus parler de terrorisme au Mali."
Vraiment ? Lisez plutôt cet avis prudent d’un très bon analyste.
L’analyste Aly Tounkara reconnait pour sa part qu’il y a un changement dans le dispositif sécuritaire opéré par le régime militaire au pouvoir.
Mais, selon lui, il est encore trop tôt pour crier victoire : "Lequel changement, à coup sûr, a commencé à impacter positivement sur l’offre et la demande de sécurité. Mais faudrait-il réduire un tel changement à ce stade des choses à une victoire certaine sur les groupes radicaux violents ? Il semblerait qu’une telle perception serait erronée pour qui connait la complexité et le caractère dynamique des groupes radicaux violents. Donc l’heure n’est pas pour l’instant à la victoire, même si les différentes actions militaires sont couronnées par des succès."
Selon les autorités de Bamako, la récente acquisition des hélicoptères de combat de fabrication russe ont permis aux forces de défense et de sécurité de mieux lutter contre les groupes armés terroristes présents sur le territoire malien.
Rendez-vous dans un an.
II— Le sommet Europe-Afrique de Bruxelles ce jeudi 17 février 2022 annoncera la fin officielle de l’opération Barkhane.
L’armée française va quitter le Mali pour mieux se redéployer dans les pays voisins. Les soldats français et européens vont-ils céder la place aux milices russes et laisser s’installer à nouveau les djihadistes ?
Réunie ce 16 février 2022 à l’Elysée avec ses partenaires africains et européens, la France concrétise le départ de ses troupes armées du Mali pour se redéployer dans la région.
Après presque dix ans de présence sur place, l’armée française et ses alliés européens doivent se retirer du pays, estimant que ses dirigeants, installés suite à une succession de coups d’État, ne sont plus des interlocuteurs amicaux.
Intervenus dans le pays tels mais sans avoir réussi à le stabiliser, les soldats français y ont perdu leur popularité. Là bas, le gouvernement s’est même montré hostile à leur présence, préférant faire de la place à une milice russe. Quelles forces vont remplacer la France au Mali ? Est-ce un signe de son effacement sur la scène internationale ?
Ecoutez plutôt :
Niagalé Bagayoko est politologue et présidente de l’African Security Network.
Pascal Airault est journaliste au service international de L’Opinion, co-auteur de l’ouvrage “Le Piège africain de Macron”, avec Antoine Glaser (Fayard, 2021).
https://www.franceculture.fr/personne/niagale-bagayoko-0
Renaud Bouchard
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