En renvoyant aux calendes grecques l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne, Emmanuel Macron a donné matière à la création d’une propagande...
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Que dénonce-t-on ici précisément ? Le signal pour une intégration de l’Ukraine remise à la Saint-Glinglin ou le report même de cette intégration ?
La folie de la guerre ne doit pas être prétexte à toutes les folies politiques. La guerre n’est pas raisonnable quand le processus d’intégration européenne, lui, est affaire de raison. S’engager tête baisser dans une intégration inconsidérée de l’Ukraine à l’Union relève du pari sur l’avenir aussi risqué que l’humiliation de la Russie.
Du reste, la formule « membre de coeur » n’est peut-être pas aussi mal sentie que ça... Elle cimente une communauté européenne plus large que l’Union, moins institutionnelle et plus rassembleuse... En ces quelques mots, on oublie personne.
L’Ukraine croit avoir besoin de l’Union quand l’Union doute avoir besoin de l’Ukraine. En outre, les traumatisés de l’élargissement à tout crin freinent aujourd’hui encore des quatre fers pour retarder l’avenir européen des Balkans, candidats malheureux perdus au milieu du territoire de l’Union...
Soyons raisonnables, plus raisonnables que la guerre qui nous fait tous perdre !
Une alliance privilégiée de l’Union et de l’Ukraine suffirait, dans un premier temps... Une communauté d’intérêt à laquelle pourrait se joindre, pourquoi pas, la lointaine Géorgie... Une sous-Union qui n’exigerait pas moins d’être construite solidement et durablement...