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NICOPOL 24 mai 2022 08:32
NICOPOL

@CATAPULTE

La question de l’origine ethnique des Croates reste encore aujourd’hui bien embrouillée : Slaves, Perses, Goths, Turcs, pré-indo-européens... Ces différentes origines ont été tour à tour revendiquées par différents cercles de pensée, souvent à des fins politiques (que l’on veuille justifier l’alliance avec les Nazis ou le « pan-slavisme » de l’ex-Yougoslavie).

Par ailleurs, l’identité d’un peuple se construit non seulement sur la génétique, mais aussi son mythe des origines (les Gaulois n’étaient pas plus Troyens que les Francs, et Otton 1er n’était pas Romain) et son positionnement par rapport à d’autres peuples. A ce titre, les Croates, comme les Ukrainiens de l’Ouest, se sont plus souvent solidarisés avec les puissances centrales-européennes (Autriche-Hongrie, Allemagne, maintenant Union Européenne) qu’avec les Slaves russes et serbes. Etre « Slave », ce n’est pas seulement avoir tel ou tel Haplotype, c’est s’identifier à une culture, une religion (les Croates sont majoritairement catholiques, pas orthodoxes), une histoire partagée — une « ethnie » au sens large. Stefan Bandera avait peut-être des gènes slaves, tout comme les combattants néo-nazis des Bataillons Azov ; mais ils ne s’identifiaient certainement pas aux Slaves russophiles du Donbass ou de Crimée.

D’ailleurs, il a été de bon ton à une époque de dénoncer le « nettoyage ethnique » des Serbes envers les Croates, et ces derniers ne se sont pas privés non-plus en retour. Mais comment parler de « conflit ethnique » entre Serbes et Croates, et nier ensuite qu’il s’agit bien de deux ethnies se vivant comme irréconciliablement distinctes ?



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