@Mozart
"Comparer des évènements de l’antiquité, du 17, 18, 19, 20 siècle n’a aucun sens.
«
Euh... Si, ça s’appelle l’ »Histoire longue« . Établir une continuité entre le passé et le présent, comprendre ce qui se passe actuellement en remontant aux racines de nos civilisations, voir dans l’Histoire la permanence d’invariants sous des formes différentes... Il n’y a que les matérialistes marxistes et capitalistes pour penser que tout doit être transformé, détruit et reconstruit en permanence. Et c’est du reste bien là l’un des antagonismes entre l’esprit moderne occidental, obnubilé par le changement et la volonté, et l’esprit russe et oriental, davantage conscient de ce qui subsiste ou revient périodiquement.
Enfin bon, je me demande pourquoi je me fatigue à élever le débat avec un interlocuteur dont l’unique intérêt semble être d’ergoter sur les chiffres et les quantités...
A ce propos, concernant les »500 000 enfants morts« : vous avez parfaitement raison, si on se limite à l’Irak, c’est une estimation reposant sur des données erronées transmises par Saddam Hussein. Cela dit, si on prend l’ensemble de la période 1990 (1ier Guerre du Golfe) — 2021 (retrait d’Afghanistan par les USA), et en incluant la Libye et la Syrie, les conflits provoqués par les Occidentaux ont bien dû provoqué la mort d’au moins 1,5 à 2 millions de personnes (on parle de 500 000 morts juste pour la Syrie depuis 2011). Dire que dans le tas le nombre d’enfants se chiffre en centaines de millier n’a rien de délirant.
Et de toute façon, dans mon article, il ne s’agissait pas d’une question quantitative de nombre, mais d’une question qualitative de morale : que cela ait été vrai ou pas, Madeleine Albright a justifié moralement la mort de 500 000 enfants au nom de la »liberté« et de la »démocratie", et personne dans l’establishment néocons — démocrates américain, et même en Europe, n’a dénoncé cela. C’est tout ce que je dis.
Et donc, lorsque 2 camps s’opposent comme aujourd’hui en Ukraine, savoir si je dois me solidariser avec un camp capable de justifier ce genre de chose, ou m’y opposer, est pour moi un problème moral, et ma réponse est claire et sans ambiguïté.