@Bernard Grua
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Il faut cesser de voir l’impérialisme et le colonialisme russe au prisme de l’Europe post WW2.
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Qu’a-t-il donc de si différent ? On croirait voir au contraire une caricature de l’impérialisme russe d’antan. Une caricature grossière du soviétisme conquérant. Grossière car ce soviétisme triomphant n’est plus et il ne reste désormais à la Russie qu’elle même comme argument. Peut-être aussi le panslavisme...
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Cependant, en substitut d’un idéal socialiste disparu, la Russie a mis au point, durant les quinze dernières années, un softpower nouveau. Une idéologie fabriquée de toute pièce, faite d’autoritarisme, d’ordre, de tradition, de conservatisme, autant de valeurs érigées en modèle de vertu, vertu comme rempart à la décadence alléguée de l’Occident. S’il s’agit là d’un « modèle d’impérialisme du XIXe siècle », il a échoué en Ukraine, en Géorgie et semble connaître un succès mitigé au Kazakhstan . En revanche, il semble plutôt bien fonctionner en Serbie et dans la Hongrie d’Orban, celle d’Orban seulement...
Mais avant toute chose, la Russie souffre essentiellement d’un défaut de puissance économique. Pour cette raison, on assiste à une redistribution des économies continentales vers les pôles d’attractivité que sont l’Europe d’un côté et la Chine de l’autre. Dans un tel contexte, la Russie est condamnée à un rôle perturbateur, à un chantage aux hydrocarbures...