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Pie 3,14 14 février 2023 19:53

Difficile de jouer les Cassandre concernant l’issue du conflit.

Quelques certitudes cependant. L’objectif initial de Poutine qui consistait à renverser le pouvoir en place par une offensive éclair et faire à nouveau de l’Ukraine un satellite a échoué et est devenu inatteignable. Celui d’amputer le pays de plus de 20% de son territoire via les 4 oblasts et la Crimée comme la Russie l’a déjà fait en Géorgie semble compromis. On verra cependant ce que donnera l’offensive de printemps prévue par les russes.

Il est peu probable que l’Ukraine parvienne à récupérer l’ensemble de ses territoires. Cependant elle peut pendant longtemps grignoter et maintenir la pression sur ces territoires. L’objectif désormais réduit de Poutine consiste à conserver les oblasts et la Crimée. Il pourra ainsi présenter cela comme une grande victoire et se maintenir au pouvoir. S’il y parvient on aura alors une ligne de front comme en 2014 mais avec des troupes surarmées en situation de tension permanente pour des années. Cela au prix de centaines de milliers de morts de part et d’autre.

D’un point de vue stratégique cette situation batarde sera un échec cuisant pour les russes. Ils hériteront de territoires détruits qui vivoteront comme les précédents (cf : Géorgie). Ils seront définitivement coupés des marchés européens. L’Ukraine sera rapidement inclue dans l’UE et l’OTAN alors que personne n’y pensait avant la guerre. Ils pourront toujours crier à l’encerclement dans un pays continent de 17 millions de kilomètres carré. Ils subiront toujours des sanctions financières et commerciales. Ils seront diplomatiquement isolés et devront continuer à flatter les pires dictatures. Le tout dans un contexte intérieur d’effondrement démographique et d’exil des cerveaux. Cela peut donner des envies aux prudents chinois face à Taïwan mais ce n’est pas certain. En revanche cela persuadera l’Iran d’avoir la bombe afin de devenir intouchable.

Si rien ne change du côté du pouvoir russe et si l’idée démocratique y est totalement empêchée, on aura peut-être une sorte de Corée du Sud dans 30 ou 40 ans en Ukraine et aussi pourquoi pas une seconde Corée du Sud en Biélorussie face à un régime autocrate russe, sclérosé vivant de sa rente en matières premières, claquemuré derrière ses missiles nucléaires.

Evidemment tout cela n’est que supposition et personne en Europe n’a envie de vivre une telle situation. Ce serait le pire cas de figure. On peut espérer que le peuple russe trouve des solutions meilleures. 



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