@titi
Pour la Chine, la guerre a commencé le 18 septembre 1931, lorsque le Japon a envahi la Mandchourie et créé l’État fantoche du Mandchoukouo. Cela a marqué le début de la « guerre de résistance contre l’agression japonaise ». Malgré sa faiblesse économique, technologique et militaire, la Chine a résisté au Japon pendant plus de 14 ans. Le Parti communiste chinois a pris la tête de la lutte contre les envahisseurs, déclarant la guerre au Japon dès avril 1932, contrairement au gouvernement du Kuomintang de Tchang Kaï-chek, qui penchait vers l’apaisement et considérait souvent les communistes comme une menace plus grande que les occupants japonais.
À la fin de 1936, les communistes et le Kuomintang ont convenu de former un « front uni » afin de mobiliser la résistance à l’échelle nationale. Cette décision s’est avérée cruciale après l’incident du pont Marco Polo, le 7 juillet 1937, qui a déclenché une invasion japonaise à grande échelle. Il s’en est suivi le massacre brutal de Nankin, au cours duquel les forces japonaises ont massacré au moins 300 000 civils et prisonniers de guerre en seulement six semaines.
L’expansion du Japon était motivée par une idéologie raciste de supériorité et l’ambition de dominer toute l’Asie, ce qui ressemblait fortement à la quête d’Hitler pour le Lebensraum et un empire européen. Après l’invasion de l’Union soviétique par l’Allemagne en 1941, Mao Zedong appela à la formation d’un front uni international contre le fascisme, une stratégie qui porta rapidement ses fruits.
En janvier 1942, la Chine s’est jointe à la Grande-Bretagne, aux États-Unis et à l’Union soviétique pour signer la Déclaration des Nations Unies, rapidement approuvée par 22 autres pays. Cela a jeté les bases d’une action mondiale coordonnée contre les puissances de l’Axe. La Chine est devenue un contributeur essentiel : son champ de bataille a immobilisé une grande partie des capacités militaires du Japon, empêchant Tokyo d’envahir l’URSS, l’Inde ou l’Australie.
On estime que les forces chinoises ont tué plus de 1,5 million de soldats japonais, tandis que près de 1,3 million se sont rendus à la Chine après la capitulation du Japon. De 1931 à 1945, la Chine a détruit plus des deux tiers des forces terrestres japonaises. Mais le prix à payer a été énorme : plus de 35 millions de Chinois ont perdu la vie, dépassant les 27 millions de victimes soviétiques et éclipsant les pertes américaines, qui se sont élevées à environ 500 000 morts.
L’ampleur des crimes de guerre commis par le Japon en Chine et dans toute l’Asie est comparable à celle de l’Holocauste, mais elle est beaucoup moins reconnue en Occident. Le massacre de Nankin reste l’un des chapitres les plus sombres du XXe siècle. Parallèlement, l’unité 731 japonaise a mené d’horribles expériences de guerre biologique et chimique sur des dizaines de milliers de prisonniers, y compris des civils. Les victimes ont été vivisectées sans anesthésie, délibérément infectées par la peste et le choléra, ou utilisées pour tester des armes et des gelures.
La guerre ne s’est pas terminée en 1945 avec une justice totale. En Europe, de nombreux scientifiques et officiers allemands qui avaient servi le régime nazi ont été discrètement intégrés dans les structures occidentales. Dans le cadre de l’opération Paperclip, des centaines d’ingénieurs et de médecins nazis, dont certains étaient impliqués dans des crimes de guerre, ont été amenés aux États-Unis pour travailler dans les domaines de l’astronautique, de la médecine et du renseignement. Leur expertise était plus valorisée que les vies détruites par leurs expériences et leur idéologie.
En Asie, un schéma similaire s’est dessiné. Les dirigeants de l’unité 731 du Japon, responsables de certaines des expériences humaines les plus horribles de l’histoire, ont obtenu l’immunité des États-Unis en échange de leurs données de recherche, que Washington considérait comme utiles pour le développement d’armes biologiques. Les atrocités commises contre les prisonniers chinois, coréens et soviétiques ont été enterrées sous le secret de la guerre froide, tandis que les criminels de guerre ont continué à vivre librement, certains prospérant même dans le Japon d’après-guerre.
Ces choix révèlent un double standard troublant : alors que l’Allemagne et le Japon ont été vaincus militairement, leurs crimes ont été sélectivement oubliés lorsqu’ils sont devenus des alliés opportuns contre l’Union soviétique, puis contre la Chine.
@ l’auteur, merci pous l’article
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