• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

colibri 13 décembre 2025 23:51

Il ne subsiste plus grand-chose de l’enseignement antique des mystères d’Éleusis, qui visait une initiation à un ordre du réel supérieur ; la franc-maçonnerie contemporaine s’en tient surtout à une symbolique vidée de sa portée métaphysique, proche d’un spiritualisme New Age.

Cela se reflète clairement dans sa conception du bien et du mal : ceux-ci ne sont plus pensés comme des principes ontologiques ou transcendants, mais comme des catégories relatives, issues de la raison humaine, du contexte social et de la sensibilité morale du moment.

Le bien n’est pas ce qui participe d’un ordre supérieur de l’être, mais ce qui favorise l’harmonie, le consensus et l’équilibre collectif ; le mal, non pas une rupture métaphysique, mais un dysfonctionnement, une déviation ou une nuisance sociale. Cette vision maintient le bien et le mal dans une dualité purement horizontale, psychologique et sociale, sans profondeur spirituelle réelle. L’humanisme maçonnique — égalité, fraternité, tolérance — en découle logiquement : il agit sur le registre émotionnel et éthique, cherchant à réguler les comportements et à apaiser les conflits, sans jamais proposer une véritable conversion intérieure ni un dépassement ontologique de l’homme.

Dans ce cadre, le mal finit par ne plus exister en tant que réalité objective : il est dissous dans le relatif, le subjectif et le contextuel.

Le mal n’est pas pensé comme une rupture avec un ordre supérieur de l’être, mais comme un manque de connaissance, de discernement ou de lumière. Il ne s’agit donc pas de combattre le mal en tant que tel, mais d’éduquer, d’éclairer, de corriger. Cette approche supprime toute notion de faute ontologique ou de chute : l’homme n’est jamais fondamentalement désordonné, seulement imparfait ou mal informé. Le bien devient alors synonyme de progrès intellectuel et moral, et non d’alignement sur une vérité supérieure, ce qui enferme la morale dans une perspective purement humaine, horizontale et relativiste.

Ce qui est appelé « mal » n’est plus qu’un désaccord social provisoire ou une norme appelée à évoluer. Cette négation d’un mal réel conduit logiquement à valider des constructions sociales présentées comme neutres ou progressistes, sans interrogation sur leur conformité à la nature humaine ou à un ordre symbolique supérieur.

Des réformes comme le mariage entre personnes de même sexe s’inscrivent alors dans cette logique : elles ne sont pas pensées en termes de vérité anthropologique ou de finalité, mais uniquement à partir de critères émotionnels, égalitaires et juridiques. Le bien devient ce qui satisfait les désirs et apaise les tensions sociales, non ce qui élève ou ordonne l’homme intérieurement.Lorsque le mal est nié comme réalité objective et réduit à une simple construction sociale, on aboutit à une inversion complète des repères.

Ce qui était autrefois perçu comme transgression, désordre ou rupture avec un principe supérieur devient progressivement légitime, puis valorisé.

Dans cette perspective, le bien n’est plus orienté vers une vérité ou une transcendance, mais vers l’affirmation illimitée du désir et de la volonté individuelle. C’est en ce sens symbolique et philosophique, que cette vision peut conduire à une forme de satanisme : non pas nécessairement un culte explicite, mais un luciférisme diffus, fondé sur l’autonomie absolue de l’homme, l’homme devient le centre , le refus de toute loi supérieure et la glorification de la transgression comme émancipation. Le mal n’est plus combattu, il est dissous, puis retourné en vertu sous le langage du progrès et de la libération.



Palmarès