@Alex la Plume
Le cœur du problème est précisément là : en refusant l’existence d’une Vérité ontologique, la franc-maçonnerie ouvre mécaniquement la voie à un pluralisme où chacun finit par avoir « sa » vérité. Il n’y a donc pas de recherche de vérité comme vous l’affirmez.
Le bien, le juste, le vrai ne sont plus recherchés comme des réalités objectives à découvrir, mais comme des constructions discutées au niveau intellectuel et émotionnel., propre à chacun. ce qui va à l’encontre des initiations antiques.
Dès lors, ces notions se retrouvent inévitablement ramenées au désir humain, au consensus social du moment, et aux affects.
Contrairement aux mystères antiques , Éleusis compris ( les Grands Mystères), où l’initiation visait une réintégration dans un ordre de l’être, une hiérarchie du réel, et surtout la survie après la mort physique (la survivance de l’âme après la mort avec les notions d’enfer et de Paradis ) , la démarche maçonnique contemporaine reste enfermée dans l’horizontalité, pas plus légitime qu’un groupe de gens qui se réunissent pour discuter politique.
Le symbole n’y révèle plus une vérité transcendante, il devient un outil d’introspection subjective., comme du développement personnel ,limité à la psyché mais qui ne concerne pas la nature spirituelle de l’homme .
On ne cherche plus la Vérité, mais une cohérence intérieure personnelle. C’est précisément cela qui la rapproche du New Age : primat de l’expérience individuelle, rejet de toute norme supérieure, spiritualité sans métaphysique. C’est l’égo qui prime .
Dans ce cadre, des notions comme « juste », « bien » ou « progrès » deviennent relatives, dépendantes du contexte et de la sensibilité collective. Il n’existe plus de critère transcendant permettant de juger ce qui est conforme ou non à la nature humaine. L’homme y est forcément floué .
Les grandes valeurs dont on se réclame , égalité, justice, tolérance , restent séduisantes sur le plan émotionnel, mais privées de fondement ontologique, elles restent relatives , elles peuvent justifier des orientations radicalement opposées selon l’époque.
C’est ainsi que cette vision accompagne, voire légitime, des évolutions contemporaines présentées comme des avancées morales qui n’en sont pas , euthanasie, redéfinition du mariage, transformations démographiques rapides amenant à l’abolition des frontières , sans jamais interroger leur sens profond ni leurs conséquences anthropologiques.
Lorsque la Vérité est remplacée par le dialogue permanent et le ressenti, tout devient discutable, négociable, réversible.
Ce n’est pas un hasard : ce relativisme n’est pas une dérive accidentelle, il est la conséquence logique d’une pensée qui a renoncé à toute transcendance et à toute recherche de la vérité de l’être.
C’est précisément en ce sens que l’on peut parler de satanisme non pas au sens caricatural ou cultuel, mais au sens traditionnel et symbolique : une inversion et une déviation des symboles par rapport à leur sens originel.
Le symbole n’est plus ce qui relie l’homme à un principe supérieur, mais ce qui est réinterprété, psychologisé, voire vidé de toute référence ontologique. Je peux d’ailleurs l’étayer concrètement.
La légende d’Hiram, présentée comme centrale, n’est pas un héritage initiatique antique, mais une pure construction tardive, une abstraction narrative inventée de toute pièce , sans racine dans les véritables mystères traditionnels.
Contrairement aux récits initiatiques antiques, qui renvoyaient toujours à une réalité métaphysique préexistante , mort et renaissance de l’âme, participation à un ordre cosmique , le mythe d’Hiram ne renvoie qu’à une morale humaniste relative : fidélité à soi, secret, persévérance. Il ne révèle rien qui dépasse l’homme ; il le met au centre.
Là réside l’inversion :
ce n’est plus l’homme qui s’élève vers la vérité de l’être, mais le symbole qui est ramené à la mesure de l’homme.
La mort initiatique devient une métaphore psychologique, la résurrection seulement une reconstruction intérieure, la lumière une prise de conscience personnelle.
C’est exactement ce que la tradition désigne comme satanique : rester au niveau psychologie ,
non pas le mal spectaculaire, mais le refus de toute verticalité, le remplacement de Dieu par l’homme.
Dès lors, peu importe que le discours se pare de mots comme justice, fraternité ou lumière : privés de leur ancrage transcendant,
ces termes deviennent malléables et peuvent servir n’importe quelle orientation.
Les symboles ne dévoilent plus un ordre supérieur, ils légitiment un monde façonné selon les désirs humains. Ce n’est pas une continuité avec les mystères antiques, c’en est la négation méthodique.
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