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Bernard Grua 9 février 23:03
Bernard Grua

Il faut le dire clairement, car c’est le cœur du propos : la « grande culture russe », telle qu’elle s’est historiquement constituée et pensée, est la matrice du suprémacisme à l’origine de la guerre menée aujourd’hui contre l’Ukraine.

Non pas au sens d’une responsabilité individuelle des artistes ou de la valeur esthétique des œuvres, mais au sens d’un imaginaire culturel structurant, se pensant comme porteur d’universalité, légitime à parler pour les autres et à les absorber.

Ce suprémacisme culturel — linguistique, historique, civilisationnel — n’est pas une dérive récente. Il fonde l’idée que l’Ukraine ne peut être pleinement souveraine, puisqu’elle serait une périphérie d’un centre supposé plus « élevé ».

La guerre n’est donc pas une trahison de cette « grande culture russe », mais l’un des lieux où se révèle ce qu’elle promeut factuellement.

Le suprémacisme russe n’est pas né dans les casernes, mais dans les bibliothèques, les cathédrales et les académies. La guerre d’Ukraine est d’abord une guerre de « culture ».



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