@ricoxy
Vous parlez dans votre article de « banalisation du mal ». Il s’agirait plutôt de fonctionnarisation du mal : pas de responsables ; « c’étaient les ordres ».
Oui. À la même époque que le procès Eichmann on voit apparaître la notion de « criminel de bureau » (anglais : « desk murderer », allemand : « schreibtischtäter »). C’est aussi à cette époque que Stanley Milgram fait sa fameuse expérience de psychologie qui étudie la soumission des individus à l’autorité et leur capacité à infliger des souffrances à autrui si l’ordre leur en est donné.
L’’expérience montre qu’à la demande de l’instructeur environ deux tiers des participants sont prêts à envoyer des chocs électriques toujours plus forts jusqu’à être potentiellement mortels à un cobaye humain (heureusement complice) et que seule une minorité manifeste des scrupules de conscience et s’oppose à la continuation du test.
Le film I comme Icare réalisé par Henri Verneuil avec Yves Montand dans le rôle principal contient une séquence assez longue qui illustre cette expérience.