La planque de l’Élysée.
Face aux juges, la Présidence se verrouille à double tour
Publié le 21 avril 2026
Par Didier Hassoux
Après avoir refusé de laisser entrer les magistrats qui enquêtent sur les marchés passés pour les cérémonies du Panthéon, l’Elysée exige désormais d’être informé à l’avance de tout nouveau projet de perquisition. La présidence aurait-elle quelque chose à cacher ?
C’est le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron en personne, Georges-François Leclerc, qui s’est opposé, le 14 avril, à une descente à l’Elysée. Les magistrats du pôle économique et financier et les policiers de la brigade anticorruption qui ont frappé à la porte du palais présidentiel enquêtaient sur des marchés publics attribués à la société Shortcut Events, créée en 1997.
Copropriété du groupe Havas – donc du groupe Bolloré – depuis novembre 2021, cette boîte d’événementiel (46 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024) a étrangement trusté, pendant plus de vingt ans, l’organisation de toute une série de cérémonies, dont la plupart des panthéonisations de ces dernières années. Pour empêcher les enquêteurs de fouiner, le préfet Leclerc a fait valoir qu’en vertu de l’article 67 de la Constitution le chef de l’Etat bénéficie d’une immunité pénale