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Voltaire 28 mars 2007 10:44
Voltaire

@l’auteur

Le constat est, hélas, aussi sinistre que vous le décrivez. Pendant longtemps, la gauche était synonyme d’espoir, de progrès. Face à une droite « conservatrice », elle incarnait l’avenir, un idéal. Certes, cet idéal, pétri de bonnes intentions, n’était pas toujours réaliste, mais il était nécessaire, et apportait un souffle de renouveau à la politique. C’est pourquoi l’alternance était si nécessaire ; la gauche amenait dans sa besace justice, élan, culture, après une période conservatrice de consolidation, d’ordre, nécessaire mais sclérosante.

Cet élan, cet idéal, il est encore présent à la gauche de la gauche : même si l’utopie révolutionnaire anti-capitaliste des trotskystes est irrationnelle et irréalisable, qui peut douter de leur engagement, de leur volonté de changement ? Même si l’écologie de gauche des Bové et Voynet s’entre-déchire, est pleine de simplifications, de carricatures, qui peut nier la nécessité de modifier nos comportements pour notre environnement, pour notre société ?

Mais qu’apporte le PS de Mme Royal ? à quel renouveau pourrions-nous assister ? faudrait-il que le simple fait d’élire une femme, quelque soit ses idées, soit suffisant pour incarner ce modernisme ? A quoi riment ces déclarations sur l’ordre juste, la marseillaise et la fabrication de drapeau français en ateliers de couture ? A quoi riment ce positionnement idéologique contre un centre qui a, lui, rejetté ses vieux oripeaux conservateurs et ose tendre la main aux bonnes volontés de tous bords ? A quoi riment ces déclarations de jury citoyens, ces prétentions de débats participatifs, quand précisemment tout débat est banni, que les positions varient de jour en jours, se contredisent au gré des sondages ?

Cette gauche progressiste, ouverte, ferme sur ses convictions, que nous admirons, quelques soient nos préférences partisannes, où est-elle passée ? Cette gauche européenne, démocrate, constructive, rassembleuse, qui la défend ?

Cette campagne menée par la gauche socialiste n’est qu’une litanie d’attaques carricaturales, de mesures populistes infinançables, de flâteries et de fiel.

Alors qu’un boulevard s’ouvrait à elle, face à une droite dure, libérale et sécuritaire, alors qu’un projet novateur s’esquissait, une alliance possible avec un centre enfin libre, cette gauche s’est recroquevillée dans son idéologie dépassée, et s’est trouvée en porte-drapeau une égérie qui n’a pour idéal que son image et son ambition.

Qui que soit le vainqueur, cette gauche novatrice manquera à la France, comme à l’Europe.



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