2012 : un programme pour une société réellement alternative au capitalisme

par jejeteka
lundi 6 juin 2011

Alors que les yeux s'ouvrent enfin et que le mot "oligarchie" devient de plus en plus usité pour nommer cette pseudo "démocratie" représentative, la plupart des grands partis politiques autoproclamés révolutionnaires jouent encore le jeu du système et ne proposent au final que de fades programmes restant dans sa logique antidémocratique et oligarchique.

Et si, au contraire, les élections pouvaient servir de vecteur de diffusion à des idées remettant véritablement en cause ce modèle représentatif capitaliste à la botte de la classe dominante ?

Je ne suis pas réformiste. Je ne crois pas en l'omnipotence de notre tant louée « démocratie » représentative, mise en place dans l'unique but de protéger les intérêts économiques de la classe dominante et d'être moins sujet à réprobation que cette bonne vieille dictature à l'ancienne « par la force ».

Je ne nourris aucune illusion quant à cette parodie de république, oligarchique et pensée de manière à autoriser le changement lorsqu'il s'agit de favoriser toujours plus les élites, mais à se révéler impuissante pour qui oserait vouloir réellement changer les choses. Bref, je ne pense pas que le capitalisme et son avatar politique, l'oligarchie, soient réformables à petits coups de lois et d'amendements faussement progressistes.

Mais après tout, je peux me tromper.

Je suis pour l'abolition de l'Etat, des frontières et de toute forme de domination et de hiérarchie. Pour la démocratie directe intégrale. Pour l'abolition du politicien et du mandat représentatif.

Alors, pourquoi voter, pourquoi participer aux élections, et pourquoi - pire encore - rédiger un programme politique ? N'est-ce pas paradoxal ?

Bien sûr que si. L'Univers, et plus encore le monde humain, sont bâtis sur des paradoxes, des absurdités, des non-sens absolus. Dans ce monde, des pacifistes non-violents sont amenés à se battre pour la Paix, de farouches opposants à l'argent sont obligés de vendre leur force de travail à des capitalistes sans vergogne pour gagner de quoi subsister, des démocrates anti-autoritaires véritables doivent faire de la politique et même parfois devenir, à l'opposé de toutes leurs convictions, des leaders charismatiques si ils veulent parvenir à fédérer les masses. Il en est ainsi, et pas autrement.

Un révolutionnaire, tout communiste et libertaire qu'il soit, doit se battre sur tous les fronts qui s'offrent à lui. Qu'il s'agisse des luttes quotidiennes, des grèves, des projets concrets comme les écovillages, les SEL ou les coopératives, des associations, ou même... des élections.

Celles-ci peuvent se révéler l'occasion de faire circuler les idées et de toucher un maximum de personnes... même si elles doivent être dénaturées par la propagande des médias de masse à la botte de leurs riches possédants.

Bien que rêvant d'une lutte sans partis et sans concessions sur la forme, il me paraît impossible de clasher le capitalisme et de fonder une société communiste (c'est-à-dire, une société sans Etat, sans classes sociales, sans exploitation et sans domination) en ayant omis de préparer le terrain.

Une révolte d'un peuple en colère, et après ? Que vont devenir les révolutions tunisiennes, égyptiennes, libyennes ? Tout simplement, d'autres avatars du capitalisme.

Être populiste ne suffit pas. Si les peuples ne sont pas informés, « aiguillés », éduqués, rien de nouveau ne pourra vraiment en sortir.

Il n'y a qu'à voir les propositions « communes » des Indignados en Espagne – mouvement que je soutiens naturellement de tout cœur : malgré toute cette bonne volonté, toute cette énergie revendicatrice, il s'agit encore et toujours de réformer le capitalisme. En grande partie, par manque de références, d'idées, de vision globale de la société.

Et puis, qui sait ? Malgré toutes les limites inhérentes au système, ne pourrions-nous pas être tentés de rêver ? Un président et une assemblée élus pourraient peut-être faire office de détonateur dans l'implosion du système, en prenant rapidement des mesures radicales permettant d'affaiblir sa soumission à la classe dominante et de le « débrider ». Nous n'avons finalement pas grand chose à y perdre... à condition de ne pas sombrer dans l'électoralisme et la politique politicienne, comme la plupart des partis dits « communistes » l'ont déjà fait.

Mais ça, ça reste encore du domaine du rêve.

En tout cas, présenter un programme pour les élections présidentielles, ça reste relativement classieux. Même si l'on n'a pas l'âge requis pour assumer ladite fonction.

Voici donc le programme que je tenterais d'appliquer si vous m'élisiez Président de la République Française en l'An de grâce 2012 : *musique officielle*

 

Économie

L'économie, c'est quand même un peu la base de tout. Objectifs : abolir le profit, l'exploitation, le productivisme, le consumérisme, les classes sociales, la misère et la propriété privée des moyens de production.

 

Écologisme

Celle-ci étant particulièrement liée à la production et à la consommation, voir également les propositions concernant l'économie.

 

Institutions

Pour une vraie démocratie directe et décentralisée, aussi appliquée au secteur économique !

 

Éducation

Pour une éducation humaniste, libertaire et formant des êtres humains complets et intellectuellement indépendants !

Ce qui pourrait se rapprocher le plus de mon « système éducatif idéal » dans ce qui a existé en France pourrait être quelque chose comme le Centre Universitaire Expérimental de Vincennes ou les différentes « Universités Populaires ».

 

Justice

Parce-que la répression coercitive ne résout rien, que la morale religieuse n'a pas à s'ingérer dans nos vies privées et que chacun devrait pouvoir disposer de son propre corps. Nous ne sommes plus au moyen-âge !

 

Politique étrangère

Stop à la politique impérialiste et à l'exploitation des pays pauvres !

 

Toutes les propositions de ce court programme, variant en importance et en urgence, ne constituent évidement qu'un vague aperçu de ce qui pourrait être revendiqué par un parti révolutionnaire réellement désireux d'abolir cette société capitaliste esclavagiste, meurtrière et destructrice de notre planète. Cela dit, le jour où un candidat, fût-il « d'extrême-gauche », présentera un programme semblable, un grand bond en avant aura été accompli.

À noter que ces propositions sont largement inspirées du projet Codename Utopia, visant à regrouper un certain nombre d'idées cohérentes entre elles pour une alternative concrète au capitalisme. N'hésitez pas à aller y jeter un œil si des questions vous trottent dans la tête, notamment sur le système monétaire, la planification décentralisée ou la démocratie directe.

Révolutionnairement.


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