500 signatures pour Z ?
par gruni
vendredi 12 novembre 2021
Depuis 2017, les parrainages sont visibles par tous, une raison suffisante pour des maires ruraux surtout sans étiquette et à portée de baffe, de refuser de parrainer un postulant à l'Elysée. Voilà qui pourrait compliquer la chasse aux parrains de certains habitués du premier tour ainsi que d'autres prétendants qui voulaient se présenter uniquement pour défendre une cause, voire seulement faire parler d'eux. C'est justement pour éviter un trop grand nombre de quémandeurs, parfois des farfelus, qu'une réforme adoptée en 1976 (loi organique du 18 juin 1976) impose aux candidats la présentation de 500 signatures d'élus pour participer à l'élection présidentielle.
Mais, sur quels critères reconnaît-on une personne farfelue ou loufoque ? D'abord, la première impression n'est pas toujours la bonne, quelqu'un qui au premier coup d'oeil semble normal pour les uns, peut pour les autres paraître "un peu fou, bizarre ou extravagant", selon la définition du dictionnaire de farfelu.
Dans ces conditions, dans la liste non exhaustive suivante qui sera sélectionné par des élus observateurs qui auront la lourde tâche d'opérer la sélection la plus impartiale possible des participants au grand concours quinquennal organisé par la République Française :
" L’avocate et dirigeante du Parti animaliste Hélène Thouy, de l’ancien candidat écologiste à la présidentielle de 1988 Antoine Waechter, des figures du mouvement des « gilets jaunes » Jacline Mouraud et Éric Drouet, du cheminot « marxiste » (ex-NPA) Anasse Kazib, du député (ex-LREM) des Français établis hors de France Joachim Son-Forget,de la maire de Tilloy-lez-Marchiennes – première femme transgenre élue à ce poste – Marie Cau, du policier et syndicaliste Alexandre Langlois, de la militante pour le « référendum d’initiative citoyenne » Clara Egger, du souverainiste Georges Kuzmanovic ou de l’ancien général Antoine Martinez".
42 000 élus habilités peuvent parrainer un prétendant à la présidence de la République.
Les candidats qui se retrouvent habituellement tous les 5 ans sur les plateaux de télé pour débattre ensemble, sans oublier le vainqueur de la primaire de droite, ne devraient pas avoir trop de difficultés pour obtenir leurs 500 parrainages. Mais, sait-on jamais. Vous remarquerez sans trop de surprise à la lecture de cet extrait du livre de Patrick Buisson, "La cause du peuple", que...
« Pour les initiés de la démocratie d'apparence, il ne s’agissait là, après tout, que de l'une des saynètes qui se donnent régulièrement à huis clos et à l'insu du bon peuple : François Hollande n'avait-il pas fourni en 2002 le contingent de signatures nécessaires au trotskiste Olivier Besancenot et François Baroin, qui tient boutique de père en fils à l'enseigne de l'antifascisme militant, ne s'était-il pas entremis, sur ordre de Chirac, pour apporter, la même année, à Bruno Mégret les paraphes qui lui faisaient défaut ? »
Pour des raisons politiques plutôt que démocratiques, il peut arriver qu'un prétendant qui n'arrive pas à rassembler ses signatures reçoivent un coup de main d'un bienfaiteur intéressé. Or, dans le cas ou Z, voire Marine le Pen ou Mélenchon en guerre froide avec le PC, n'arrivaient pas obtenir le fameux pass électoral, il paraît compliqué que sur ordre de Macron les élus de la macronie signent pour ces candidats alors que les noms des parrains peuvent être consultés sur le site du Conseil Constitutionnel. Mais, que ne ferait-on pas au nom de la démocratie, du pluralisme politique et pour que le peuple ait le plus de choix possible au premier tour.
Selon les informations du JDD, au 1 novembre le RN aurait déjà récolté 350 promesses.
Quant à Z, il assure que "de plus en plus de maires se disent que ce serait un déni de démocratie" s’il n’obtenait pas ces parrainages. Même que "de plus en plus" d’élus qui sont "sensibles" à ses ambitions déplorent une "pression absolument scandaleuse" pour décourager ceux qui voudraient signer pour le parrainer.
Où est le vrai du faux dans tout ça ? Au mois d'octobre les soutiens de celui qu'ils appellent Z, disaient avoir déjà 200 promesses d'élus. Comme il serait étonnant que Zemmour n'obtienne pas ses 500 signatures si Zutiles. Si Zemmour était au deuxième tour, qui se souvient du déchaînement médiatique contre Le Pen et du refus de Chirac de participer au débat traditionnel entre les deux tours ?
Dessin : Nono