75% : les clochards en imposent
par LM
vendredi 25 octobre 2013
Pour oublier Leonarda, l’exécutif a choisi la voie Mélenchon : les footeux n’échapperont pas à la fameuse taxe à 75%. Réaction immédiate des amis de Patrice Evra : grève générale pour fin novembre. Enfin une grève de riches !
Je crois que bon…autant tactiquement que techniquement, non…c’est que ce qu’on avait dit…on n’est pas des clochards…les idées de slogans, si elles viennent à manquer aux futurs organisateurs de la manif pour tous les footballeurs du dernier week-end de novembre, je peux leur en fournir. On assistera sans doute à la victoire du Bescherelle et du Bled dans les prochaines revendications de nos amis du ballon rond et or. L’important c’est les trois points, enfin un surtout, celui qui concerne la taxe à 75% pour les revenus au dessus d’un million d’euros, million qui représente une demi paille dans les salaires des grandes stars du coup de pied de coin. Oh, certes (certes ce n’est pas un gros mot, Patrice) tous les joueurs de notre magnifique ligue 1 ne sont pas multi milliardaires, mais aucun n’a un salaire qui tient en moins de cinq chiffres. Il ne faut donc pas pousser mamie dans les orties et Michel Fernandel dans le Vieux Port. Même taxé à 75% (plafonnée à 5% du chiffre d’affaires quand même) la planète française de football professionnel survivra. Sauf les Girondins de Bordeaux, peut-être, lâchés par M6 qui sait, mais ce n’est ni sûr ni bien grave. Et j’espère que sur ce point Roland Tournevis ne me contredira pas. Pas plus que monsieur Ménès sans Z…les clubs de football des entreprises comme les autres ? Pourquoi pas, rien de choquant dans ce présupposé. Et que nos amis qataris s’en offusquent ne devrait pas non plus nous empêcher grandement de dormir. Qu’il respectent d’abord chez eux le droit du travail, enfin qu’ils en créent un déjà, et après on discutera. L’important c’est de prendre les millions les uns après les autres, sans se précipiter, d’être patient, une bonne défense c’est la base de tout, soigner la relance, ne pas sauter le milieu du terrain. Ne pas s’enflammer. Pour l’instant, on n’a rien gagné. Enfin pas perdu grand-chose.
Non, mais…(cette manie qu’ont les footeux de toujours répondre en commençant leur phrase par non, c’est étrange) non mais je pense (cette faculté à penser tout le temps) que si on veut un championnat attractif une telle mesure pourrait ne pas aller dans ce sens (? ??)…traduisons : 75% c’est au revoir Zlatan. Peut-être. Sûrement, même, à terme, car peu de clubs pourront proposer des salaires déraisonnables aux joueurs sans se retrouver dans le rouge. Et comme en France la DNCG (qui contrôle la gestion des clubs) est assez pointilleuse, ça peut poser problème. Peut-être. Mais ce n’est pas bien grave. Les meilleurs joueurs français iront à l’étranger (c’est déjà le cas) et les tocards resteront en ligue 1 (c’est déjà le cas). Tocard, c’est une petite insulte, voire un jugement de valeur un peu sévère, Patrice. Mais le poids salarial d’un joueur n’attend pas le nombre de ses titres. Le salaire à 6 chiffres d’un Gignac est là pour le prouver. Et on pourrait en citer beaucoup d’autres. C’est cela le vrai problème du football, provoqué par des investisseurs type qataris, saoudiens, russes ou ex URSS, qui en balançant par la fenêtre des tonnes de billets ont scié tous les barreaux de l’échelle des valeurs (c’est une métaphore, Frank). Ce que vaut techniquement tel ou tel joueur n’est pas écrit sur sa feuille de salaire. Ou sur le prix de son transfert. Gareth Bale, la gallois discal du Real de Madrid ne vaut pas 100 millions. Ni 91. Thauvin, le jeune éphèbe de l’OM ne vaut pas 15 millions. Ni 8. Lionel Messi ne vaut pas 200 millions. Quoique…Non, si vous mettez Bale à 100, Messi peut valoir un milliard. Il est au moins 10 fois plus fort, plus décisif, plus efficace, plus doué que Bale. Tout cela ne veut plus rien dire depuis que le football s’est ouvert à des investisseurs sans limites, qui offrent tout, et n’importe quoi. Les salaires eux-mêmes sont devenus fous, et pas qu’en France, évidemment, mais dans les vrais pays de football aussi, comme l’Angleterre ou l’Espagne. Le football c’est Wall Street. Une bourse d’échange. Avec ses traders, que l’on nomme agents, qui se permettent tout, et n’importe quoi. Qui inventent les stars. Le football est une bulle spéculative. Toujours pas crevée, toujours pas éclatée, mais ça ne saurait tarder. La plupart des grands clubs sont lourdement endettés, et l’argent qui entre et sort n’est pas toujours d’une blancheur immaculée. Tout le monde sait cela. Enfin, tout le monde…sauf peut-être quelques joueurs de PlayStation…
La taxe à 75% changera-t-elle la donne ? Bien sûr que non. Mais en faisant grève, s’ils le font, las footeux vont encore augmenter le sentiment de détestation qui court sur eux. Justifié par leur arrogance, leur mépris, leur attitude globale, et l’impression qu’ils donnent à longueur d’interviews ou de matchs de s’estimer au dessus de tout, de tous, en dehors du monde. Loin des clochards mais pas que, loin surtout de ce qu’ils sont vraiment : juste d’éphémères vedettes qui tapent dans un ballon et qui, passés 35 ans (40 dans le meilleur des cas) viendront quémander une place de consultant pour critiquer leurs successeurs, leurs ex partenaires et nous expliquer que de leur temps ce n’était pas pareil, c’était mieux. Attention, messieurs, rappelez vous l’adage munichois : la roue tourne finit toujours par tourner.