À la pompe, Nous achetons la peur, pas du pétrole
par ddacoudre
mercredi 29 avril 2026
Il suffit d’un conflit, d’une tension diplomatique, d’une rumeur de blocage… et le prix à la pompe s’envole. Réflexe immédiat : “le pétrole manque”, et le baril de brut si lourd s'envole.
Mais cette explication est souvent fausse, ou, au minimum, très incomplète.
Ce que nous payons aujourd’hui à la pompe n’est pas seulement du carburant.
Nous payons une anticipation, un risque, parfois même une peur organisée par le marché.
Organisé, car ce processus et archi connu de tous les acteurs du marché et ils profitent de l'aubaine tant que la société au nom du marché l'accepte et que les citoyens se tournent vers leur gouvernement plutôt que vers les spéculateurs du marché.
Le pétrole n’augmente pas parce qu’il manque
Dans la plupart des situations récentes, les hausses de prix ne correspondent pas à une pénurie physique immédiate, c'est particulièrement vrai pour la France qui ne dépend pas du pétrole du moyen orient. La question est donc en quoi des productions qui ne sont pas impactées par la guerre augmentent leur prix du brut.
Malgré des tensions impliquant la Russie ou l’Iran, le pétrole continue de circuler.
Les bateaux naviguent, les stocks existent, les raffineries tournent. Et pourtant, les prix montent.
Pourquoi ?
Parce que le marché ne réagit pas au présent, il réagit à ce qu’il imagine du futur.
Le marché comme nous l'entendons anticipe le pire, mais l'on se garde bien de donner les noms de ceux qui font augmenter les prix, alors qu'ils ne courent aucun risque. nous sommes en permanence maintenus dans cette justification qui n'est pas sans me faire rappeler les licenciements pour perte de confiance aussi nébuleux que le marché
Le pétrole est échangé sur des marchés financiers internationaux. Le prix du baril est fixé sur des marchés comme : NYMEX, ICE Futures Europe, ces marchés fonctionnent par anticipation, les traders achètent “au cas où”, et cette demande financière fait monter le prix.
Son prix ne dépend pas uniquement de ce qui est produit aujourd’hui, mais de ce que les acteurs pensent qu’il pourrait se passer demain.
Un exemple suffit : Les tensions autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique d’une partie majeure du pétrole mondial, a suffi pour que les prix montent.
Le mécanisme est simple :
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“Il pourrait y avoir moins de pétrole demain”
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donc on achète aujourd’hui
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donc la demande augmente immédiatement
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donc le prix monte
Sans qu’aucune goutte de pétrole ne manque réellement, dans les pays qui ne s'y approvisionnent pas.
La peur devient un facteur de prix
Dans ce système, la peur n’est pas un effet secondaire, elle devient un moteur économique.
Les États sécurisent leurs approvisionnements, les entreprises stockent, les traders anticipent.
Et chaque acteur, en voulant se protéger, contribue à faire monter les prix.
Ce que vous voyez à la pompe est donc le résultat d’une chaîne invisible : anticipation, précaution, spéculation, amplification, le tout intégré dans un seul chiffre : le prix au litre.
Un prix qui ne reflète plus le réel
Le problème n’est pas que le prix monte, le problème est ce qu’il représente, car ce prix ne correspond plus uniquement : au coût d’extraction, au raffinage, au transport.
Il intègre, le risque géopolitique, les stratégies financières, les comportements de précaution, et une part importante d’incertitude.
Autrement dit, nous ne payons pas seulement du pétrole, nous payons un système d’anticipation du pire.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une réalité plus profonde, le prix d’un bien essentiel peut être largement déconnecté de sa production réelle. Ce décalage n’est pas spécifique au pétrole.
Mais il y apparaît de manière particulièrement visible, car le pétrole est au cœur de tout, transport , production, alimentation, organisation des territoires.
Quand son prix bouge, c’est toute l’économie qui tremble.
Revenir à une lecture plus simple
Il faut poser une question claire : ce que devrait représenter un prix ?
Le coût réel de production, ou l’ensemble des peurs, des stratégies et des anticipations qui entourent ce produit ?
Aujourd’hui, la réponse est évidente : le prix a quitté le réel pour intégrer le système spéculatif que protège la loi dite du marché. Et dans ce marché la peur est devenue un produit qui s’achète au nez et à la vue de tout le monde sans aucune réaction politique des consommateurs.
Conclusion dans le modèle capitaliste.
À la pompe, nous ne payons pas seulement du carburant.
Nous payons une inquiétude mondiale, des tensions géopolitiques, des stratégies financières, et une organisation économique fondée sur l’anticipation, nous achetons de la peur… bien plus que du pétrole.
Et tant que le prix restera construit ainsi, il continuera de fluctuer non pas selon ce qu'est sa production, mais selon ce que l’on redoute. “Peut-on accepter que l’anticipation fasse la loi sur un bien vital ?”
Avec le Modèle Joule.
Dans le modèle Joule que je présente dans mon essai "La république de l'énergie Humaine" il en va autrement.
On peut faire un ordre de grandeur cohérent dans la logique du Modèle Joule.
1. Point de départ : prix actuel, en France, autour de 2,20 €/L, on a typiquement : 60 % de taxes (TICPE + TVA), environ 40 % pour le reste (production, raffinage, distribution + marges)
Donc les taxes ≈ 1,30 €, et le prix du produit “réel économique actuel” ≈ 0,90 €
Mais ce “réel” inclut encore : les marges financières, la spéculation (marchés pétroliers), les coûts du capital
2. Ce que fait le Modèle Joule
Dans mon modèle : la vie (santé, retraites, sécurité…) sort du prix , les intérêts et la financiarisation disparaissent, comme toutes les formes d'impôts, ils sont financés par la réserve humaine, ne reste que le coût énergétique réel de production qui représente environ 14% du prix hors taxe 0,90€.
Dance-cadre, les prix réels chutent fortement.
Ordre de grandeur cohérent : 0,90 € x 14% de coût de production = 0,126 € les variations en fonction des sources d’approvisionnement font concilier le prix du litre entre 0,20 et 0,50 / litre
Lecture finale, les 2,20 € du prix du litre sont aujourd’hui sont chargé du système capitaliste de la loi du marché plus (taxes + finance + organisation). Or le coût de production pur au litre est autour de 0,30 en moyenne.
Tout ce que nous payons en plus correspond essentiellement au financement de la vie, l'organisation du système, les captations financières.
Conclusion importante
Mon modèle ne “baisse pas les prix” au sens classique, il fait autre chose : il retire du prix tout ce qui n’est pas produire.
Ce qui rend visible que le prix actuel n’est pas un prix de production, mais un prix de système.