Agression antisémite ou tensions entre communautés ?
par Marsiho
mardi 24 juin 2008
Encore une fois, tout notre gouvernement au grand complet a jeté des cris d’orfraies, déballant son indignation et en profitant pour montrer un franc soutien à Israël au moment ou notre président visite Jérusalem.
Etrange hasard tout de même... Mais, comme d’habitude, tout ce petit monde s’est encore précipité trop tôt, car le jeune Rudy qui a été agressé ne semble pas posséder le parfait profil de la victime... Il a déjà été arrêté pour agression et se promenait avec des armes de poing sur lui (alors qu’il n’avait que 15 ans). Nous sommes donc peut-être loin de l’agression antisémite et certainement plus proche de rixes entre bandes rivales. De l’agression gratuite nous passons aux conflits territoriaux sur lesquels la société dans son ensemble, y compris les parents, ferme les yeux.
Il est heureux que des journalistes fassent leur boulot d’enquête et découvrent cette vérité beaucoup moins manichéenne que la version proposée par Nicolas Sarkozy. Comme la version des incidents de Villiers-le-Bel qui n’était le fait que de voyous... Zappant ainsi l’aspect social des choses et dédouanant l’absence de prévention des pouvoirs publics.
Ce ne sont pas des juifs et des antisémites qui s’affrontent aux Buttes-Chaumont, mais une communauté fermée et une communauté de laissés pour compte. Quand les juifs de France cesseront de vivre en se considérant comme les éternelles victimes, ils s’occuperont peut-être de leur façon d’être en société, celle où il n’y a que des goys, c’est-à-dire des non-juifs. Est-ce un bon point de vue que de considérer l’autre comme une chose forcément exogène ? Comment s’étonner dès lors des tensions communautaires ? D’autant que question violence, et malgré un tabou autour de ce sujet, les jeunes de confession juive n’ont rien à envier aux lascars des quartiers.
Et justement, c’est cette violence qu’il faudrait explorer, disséquer, analyser. Je ne sais pas s’il y a plus d’agressions ou pas aujourd’hui qu’hier, mais ce qui est sûr, c’est qu’elles sont beaucoup plus violentes, très souvent proches du lynchage, et ça, ça devrait nous interpeller. Elle touche tous les jeunes, peu importe leur confession ou leur origine. Elle est l’émanation d’une société d’exclusion et de frustration. Ce n’est pas l’antisémitisme qu’il faut agiter, mais notre société et ses déviances qui poussent toujours un peu plus loin les limites de l’intolérance, et de fait, de la tolérance à cette violence. Pernicieux, non ?
Il est heureux que des journalistes fassent leur boulot d’enquête et découvrent cette vérité beaucoup moins manichéenne que la version proposée par Nicolas Sarkozy. Comme la version des incidents de Villiers-le-Bel qui n’était le fait que de voyous... Zappant ainsi l’aspect social des choses et dédouanant l’absence de prévention des pouvoirs publics.
Ce ne sont pas des juifs et des antisémites qui s’affrontent aux Buttes-Chaumont, mais une communauté fermée et une communauté de laissés pour compte. Quand les juifs de France cesseront de vivre en se considérant comme les éternelles victimes, ils s’occuperont peut-être de leur façon d’être en société, celle où il n’y a que des goys, c’est-à-dire des non-juifs. Est-ce un bon point de vue que de considérer l’autre comme une chose forcément exogène ? Comment s’étonner dès lors des tensions communautaires ? D’autant que question violence, et malgré un tabou autour de ce sujet, les jeunes de confession juive n’ont rien à envier aux lascars des quartiers.
Et justement, c’est cette violence qu’il faudrait explorer, disséquer, analyser. Je ne sais pas s’il y a plus d’agressions ou pas aujourd’hui qu’hier, mais ce qui est sûr, c’est qu’elles sont beaucoup plus violentes, très souvent proches du lynchage, et ça, ça devrait nous interpeller. Elle touche tous les jeunes, peu importe leur confession ou leur origine. Elle est l’émanation d’une société d’exclusion et de frustration. Ce n’est pas l’antisémitisme qu’il faut agiter, mais notre société et ses déviances qui poussent toujours un peu plus loin les limites de l’intolérance, et de fait, de la tolérance à cette violence. Pernicieux, non ?