Ah, ce satané cochon !...
par Patrick Lefèvre
jeudi 14 octobre 2010
Vendredi 8 octobre 2010, Ramzy Bédia (Ramzy tout court sur scène) était invité sur France Info à l’occasion de la sortie de son nouveau film.
Le personnage est sympathique et expliquait ce qui avait été le déclencheur : une dispute avec son épouse au sujet de la présence dans le réfrigérateur d’une tranche de jambon qui était censée polluer les autres aliments.
Il a reconnu que c’était « con » et précisé qu’il n’avait pas eu cette réaction pour des raisons religieuses mais uniquement pour une question de tradition et, a pris volontiers ensuite une posture « victimaire » (même si ça a été fait avec humour) en indiquant que c’était tout ce qui restait aux personnes d’origine maghrébine qui sont installées en France.
Pour rester sur le champ culinaire, il me semble que la place qu’ont pris dans notre pays les plats maghrébins (méchoui, couscous, tagines, etc.) et que nous dégustons avec grand plaisir indique clairement que les traditions maghrébines sont loin d’être absentes en France : et celle-ci est formidable car fruit d’un échange positif…
Par ailleurs et sans vouloir être provocateur, on peut aussi espérer que ses parents lui ont aussi transmis d’autres valeurs bien plus importantes que l’interdiction de manger du cochon…
Ce qui prête sans doute le plus à réflexion est la manière dont il a relaté un petit incident par rapport à une « saucisse de Toulouse » que sa belle-mère avait donné à manger à sa petite-fille : à travers son propos, il semblerait que ses enfants n’aient pas le droit de consommer du cochon alors que son épouse est d’origine européenne et apparemment mange volontiers les produits issus de ce noble animal symbole du terroir français.
Si on peut comprendre et si on doit respecter sa position pour lui-même, le fait d’imposer un arbitraire « con » (comme il le définit lui-même) à sa descendance issue de la mixité est lui beaucoup plus interpellant.
Tout cela est évidemment bien anecdotique mais quand même, on ne peut toutefois s’empêcher de penser que si une personne de sa qualité a du mal avec ce genre de question puérile, qu’est ce que cela doit être pour d’autres qui n’ont pas son niveau de réflexion…