Arrętez l’intox !
par GAUCHEZ
vendredi 11 avril 2008
D’une manière systématique, la Chine est dénigrée par les médias occidentaux. C’est actuellement le cas pour la province autonome du Tibet. Ceux qui s’expriment n’ont aucune connaissance de la Chine, de son histoire et du comportement des Occidentaux à la fin du XIXe siècle et début du XXe siècle.
Je suis écœuré par la campagne anti-chinoise qui secoue actuellement la France, écœuré par le rôle des médias (radio, télévision, presse) dans cette campagne, écœuré par tous ceux qui s’expriment sur le Tibet sans rien connaître de l’histoire de cette province autonome de la Chine, sans rien connaître de la Chine.
S’il y a, heureusement, des Français qui connaissent très bien la Chine, il me semble que les médias ne leur donnent pas la parole, à l’exception du journal Le Monde, qui dans son édition du 23-24 mars 2008 a ouvert ses pages (« Chine et Tibet, une si longue histoire ») à Mme Katia Buffetrille, tibétologue, ethnologue à l’Ecole pratique des hautes études ou de France 5, qui, lors d’une de ses émissions C dans l’air, avait fait appel à une personne très compétente dans ce domaine. Il me semble que ce sont les seuls médias à avoir adopté une telle attitude.
Il aurait été intéressant d’inviter José Freches, Jacques Pimpaneau et d’autres spécialistes à venir s’exprimer sur ce merveilleux pays qu’est la Chine plutôt que de donner la parole à une bande d’huluberlus.
Je ne comprends pas cette attitude anti-chinoise systématique des médias français, voire occidentaux. Je pense que, comme le racisme, elle traduit une peur de l’autre. Certes, pour comprendre et découvrir la Chine et les Chinois, il faut faire un effort. Il faut lever la barrière de la langue, s’investir dans cette culture millénaire, dans son histoire complexe, partir à la découverte de ses 27 provinces (dont 5 sont autonomes), de ses 5 municipalités à statut particulier, peuplées par 56 ethnies différentes, dont l’ethnie tibétaine.
Actuellement, en parcourant la presse ou en écoutant la radio, de nouveau, les médias évoquent le « massacre de la place Tian An Men ».
Le problème est qu’il n’y a jamais eu de massacre place Tian An Men ! Il suffit, pour s’en rendre compte, de prendre connaissance de l’excellent travail de M. Alain Peyrefitte (La Tragédie chinoise, Fayard, juin 1990). Mais, il y a eu une grande manipulation dans la manière de rapporter ces événements.
J’étais en Chine en 2003, lors de l’épidémie de pneumopathie atypique, j’ai constaté qu’à cette époque les médias français s’en étaient donné à cœur joie ! Alors que les Chinois ont pris d’avril à juin 2003 toutes les mesures nécessaires pour enrayer avec succès cette épidémie qui a été à l’origine de quatre cents décès environ, contre deux mille morts annuelles en France lors des épidémies de grippe ! Certes, ce n’était guère agréable d’être contrôlé plusieurs fois par jour au niveau de sa température corporelle, mais cela faisait partie des mesures qui se sont avérées efficaces. Grâce à la campagne des médias français, lorsque je suis revenu en France, j’ai été considéré pendant une quinzaine de jours comme un pestiféré !
Maintenant, on évoque les droits de l’homme bafoués en Chine. De quel droit la France se permet-elle de donner des leçons à ce pays qui est en pleine évolution, en pleine transformation ? D’autant plus qu’il me semble que, dans notre pays, ces « droits de l’homme » représentés par un ministère (sic) sont bafoués. Que se passe-t-il en France au niveau des sans-papier ? Que se passe-t-il en France dans le milieu carcéral ? Comment sont considérés par la France les soldats d’origine étrangère qui se sont battus pour elle ? Comment évolue l’école publique ? Comment évolue le milieu de la santé ? Etc.
Et, puis, je crois me rappeler que la France, à la fin du XIXe et début du XXe siècle, n’a pas eu un comportement exemplaire en Chine. Je me suis rendu sur le site des Grottes de Longmen (patrimoine mondial de l’Unesco) à Luoyang, où l’armée française a ruiné une partie du site.
Lorsque je séjourne à Beijing, j’aime me promener dans le parc de Yuanming Yuan, ce qui surprend mes amis chinois qui me rappellent que ce tas de ruines est le fait de l’armée française. En 1860, cette dernière a mis à sac le merveilleux palais d’Eté construit avec l’aide de missionnaires jésuites à l’époque de Louis XIV.
Cette mise à sac est toujours présente dans la mémoire des Chinois. C’est dans ce parc, au milieu des ruines que, tous les ans, les élèves chinois des lycées viennent prêter serment à la nation chinoise.
Jusque dans les années 30 à Shanghai, le Bund, célèbre promenoir, était réservé aux seuls étrangers (Anglais, Français, Allemands, Américains, Russes) qui avaient des concessions dans cette ville. Aux extrémités du Bund, il y avait des panneaux sur lesquels il était écrit « Interdit aux chiens et aux Chinois » !
Et, c’est à cette même période, alors que la Chine est à genoux, humiliée, que les Anglais en compétition avec les Russes font tout (militairement et diplomatiquement) pour que le XIIIe, puis XIVe Dalaï-Lama quitte le girond chinois pour rejoindre le Commonwealth.
On écrit également que les Tibétains sont victime d’un génocide culturel. Qu’est-ce qu’on entend par génocide culturel ? Le fait que le Tibet, depuis les années 60, n’est plus une province féodale avec des seigneurs et des serfs, le fait que les Kampas ne soient plus des brigands de grand chemin tuant les voyageurs isolés, effectuant des razzias dans les villages ?
Ne lit-on pas dans Lonely Planet (7e édition), « Les Chinois ne comprennent vraiment pas l’ingratitude des Tibétains à leur encontre et ils n’ont pas totalement tort. Sous son image paradisiaque, le Tibet d’avant 1950 était un pays d’une effroyable pauvreté dirigé par une élite apparemment peu soucieuse d’améliorer les conditions de vie du peuple (qui constitue actuellement la diaspora tibétaine, que l’on a vu, entre autres, manifester à Paris sur le parcours de la flamme olympique), selon des principes féodaux guère différents de l’esclavage. La Chine a développé des routes, des écoles, des hôpitaux, un aéroport, des usines et un début d’industrie touristique prometteur) ».
Je suis allé de nombreuses fois au Tibet et au Tibet extérieur, je n’ai jamais constaté de génocide culturel ! Les us et coutumes des Tibétains sont respectés. Leur liberté de religion est également respectée.
On écrit que les Chinois ont détruit la forêt tropicale tibétaine pour produire les baguettes en bois utilisées pour manger (lu dans Télérama).
Je voudrais que l’on m’explique comment la forêt tropicale peut pousser sur un plateau qui culmine entre 4 500 et 5000 m d’altitude.
On écrit que les Chinois colonisent le Tibet et que le train Lhassa-Beijing a été construit avec cet objectif.
S’il est vrai qu’à Lhassa la population actuelle comprend 50 % de Tibétains et 50 % de Chinois d’ethnies différentes, qu’il doit en être sensiblement de même à Shigate, j’ai constaté que, dans les autres villes tibétaines (notamment Sakya, Gyantse), la population était purement tibétaine. Il me paraît normal, le Tibet étant une province chinoise, d’y rencontrer d’autres ethnies que l’ethnie tibétaine. A Lhassa, il y a de nombreux Hui, et ce, depuis des centaines d’années. Cette ethnie musulmane a ouvert de nombreux commerces dans toute la Chine.
Ce qui n’empêche pas l’ouverture de nombreux commerces tenus par des Tibétains.
Le train Beijing-Lhassa favorise le développement touristique de Lhassa et de sa région à un point tel que le gouvernement tibétain a limité le nombre de visites journalières du Potala (palais d’été du Dalaï-Lama), ce qui, malheureusement, a engendré un trafic de billets, la demande étant supérieure à l’offre.
On écrit que Lhassa, sur le plan de l’urbanisme, a été défiguré et ressemble à toutes les grandes villes chinoises. Pour ma part, je n’ai pas observé la construction de grandes tours comme dans les autres villes chinoises. Le site du Potala est particulièrement bien respecté.
L’accès au temple du Jokhang est bien dégagé, par contre la vieille ville est entourée de constructions plus récentes, mais n’est-ce pas le propre des vieilles villes ?
Qui a intérêt à discréditer la Chine aux yeux du monde, alors que ce pays, sans aucune aide extérieure est en passe de devenir la première puissance mondiale ? Ce pays, qui était très proche de la France du temps de Louis XIV, qui a été reconnu par le général de Gaulle alors qu’il avait été mis aux bans des nations, mérite notre admiration et notre considération.