Aux armes, citoyens !

par Elliot
jeudi 7 novembre 2019

Il faut croire que le sujet de l’Islam est commercialement porteur puisque chacun ou presque apporte sa pierre au flot de commentaires qui a succédé à l’attaque par un déséquilibré de collègues à la préfecture de police.

J’aurais pu ajouter que l’on n’a pas attendu cet acte criminel pour sortir avec une régularité de métronome et dans tous les hebdomadaires des flopées d’articles plus ou moins documentés ( et en général plutôt moins que plus ) sur le péril islamique.

Ce péril a au moins une vertu : il fait vendre de la copie et fait apparemment oublier à d'aucuns les soucis pratiques de la vie en leur flanquant une frousse dont ils se délectent.

Et le Président Macron trouve des accents vichyssois pour appeler le citoyen à la plus grande vigilance contre les ennemis de l’intérieur.

C’est tout le paradoxe de cette entreprise de décérébration à laquelle participent de « grands noms » mobilisés à cet effet et qui usent leur notoriété à combattre des moulins à vent.

On passera sur ces sondages qui découvrent le fil à couper le beurre, à savoir que, pour un croyant de quelque obédience qu’il soit, la loi de Dieu s’impose à celle des hommes.

La vérité sortie de la bouche de Dieu est absolue et prévaut sur l’opinion des hommes, c’’est l’essence même du fait religieux.

Donc un quart des Musulmans privilégieraient la charia ( dont la plupart ne savent pas très bien en quoi elle consiste réellement, ses contours variant selon l’origine des prédicateurs ) tout comme ceux d’ailleurs qui s’indignent, n’en voyant que les aspects les plus excessifs ; renouant avec le temps de l’inquisition, ils la caricaturent grossièrement pour des raisons de politique politicienne.

Un quart des Musulmans, c’est à la fois beaucoup et peu car cela signifie que trois quarts n’en ont rien à cirer des enseignements de l’Islam, ce qui est une manière sinon plus positive du moins plus réaliste de voir les choses.

Avec évidemment le danger qu’une partie de ces trois quarts ne soit tentée devant les invectives et les mauvais traitements de se réfugier dans le cocon protecteur de la tradition.

 

Il est évidemment difficile de contrarier ceux qui tirent prétexte de ce sondage pour appeler à la mobilisation générale en espérant dans leur for intérieur qu’un embryon de guerre civile pût faire oublier le marasme dans lequel ils ont plongé le pays et qu’il ne parviennent pas à résoudre.

 

Ceux qui s’insurgent avec plus ou moins de réussite contre les vents mauvais sont encore les syndicats – pourtant en perte de vitesse et de notoriété, ce qui explique d’ailleurs l’état général du pays - alors il faut les décrédibiliser en les accusant de faire le lit de l’islamisme radical ou, comme le font certains en sollicitant des faits anecdotiques dont ils tirent une loi générale, de les voir noyautés par l’hydre.

 

Loin de moi l’idée que le noyautage ne serait pas une tentation de certains groupuscules de toute nature et de toute obédience mais de là à engager l’action collective, il y a un pas que, pour ma part, je me garderai bien de franchir.

 

Quand une telle unanimité se fait entre éditorialistes, penseurs ou se croyant tels et politiciens alors que le flou le plus opaque enrobe leurs solutions, il y a un loup comme aurait dit Martine Aubry dans un autre contexte.

Il faut donc en priorité se demander ce qui se cache derrière toutes ces manœuvres ?

On n’oubliera cependant pas que l’ensemble des médias les plus importants appartiennent à très peu de personnes – qui ont des intérêts dans un grand nombre de secteurs - et que l’objectivité dans les rapports de sujétion est toujours toute relative.

Les tiraillements du ventre ont parfois des besoins que ne parvient pas à réfréner la conscience.

Le système est à bout de souffle, il n’y a plus grand monde pour se voiler la face, la république ne parvient plus à répondre aux défis de notre temps ( bâtie pour De Gaule, elle n’a fait que dépérir aux mains de ses successeurs si l’on excepte Pompidou qui l’a portée à son apogée au niveau économique en bénéficiant de l’élan des golden sixties )

Mais cette situation n’est pas non plus une singularité française, c’est une généralité un peu partout dans le monde.

Les réponses et les expérimentations proposées tardent à faire leur chemin, elles se heurtent à ce travers le mieux partagé : le scepticisme.

Si le vieux monde agonise, personne n’est d’accord sur les formes d’une renaissance qui pourtant adviendra nécessairement suus des formes inédites.

Alors dans la perplexité générale et pour faire patienter le peuple ou bien détourner son attention, donnons-lui une cause à défendre : les vestiges de notre civilisation judéo-chrétienne condamnée ( judéo est un apport que l’on doit à la Shoah car la formulation correcte serait helléno-chrétienne )

 


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