Bac : retard à l’affichage
par Florent C.
mercredi 4 juin 2008
Les rectorats ordonnent aux jurys de délibération un retard à l’affichage des admis, sous le patronage du ministère de l’Education nationale qui aurait concédé une licence à des opérateurs privés pour l’exploitation internet des résultats.
Pendant que le gouvernement se gargarise de la loi de modernisation de l’économie (LME) qui va "mettre fin aux pratiques mafieuses instaurées par les lois Galland et Raffarin" et qui va "établir une saine et loyale concurrence entre les différents acteurs du marché", ce sont de bien curieuses pratiques qui se généralisent dans les lycées, à la veille du baccalauréat.
Les rectorats ordonnent aux jurys de délibération un retard à l’affichage des admis, sous le patronage du ministère de l’Education nationale qui aurait concédé une licence à des opérateurs privés pour l’exploitation internet des résultats.
Les élèves profiteront ainsi d’un démarchage agressif par SMS, comme l’ont constaté ceux des académies pilotes en 2007, pour acheter une bonne nouvelle contre 3 euros. Les proviseurs retords, trop attachés à l’esprit républicain de l’école et contre la marchandisation du bien public et l’exploitation de la fébrilité des élèves, apprécieront les amendes qui leur seront infligé. Les parents, dans l’allégresse de l’annonce d’un résultat positif de leur progéniture, passeront l’éponge, pour une fois, sur une facture téléphonique anormalement élevée après les multiples tentatives d’appel vers un serveur surchargé ! Les professeurs, payés une poignée de centimes par copie, auront enfin la joie d’engraisser des requins plutôt qu’un mammouth !
Le débat sur la propriété des résultats aux examens publics est infiniment complexe ! La légitimité du mécanisme pourrait même être discutable si celui-ci menait au bout du compte à profiter à la communauté éducative !
Mais quelle crédibilité accorder à un gouvernement, prétendument champion de "la compétition non faussée pesant sur les prix", qui réserve un marché monopolistique à une société privée ? Les citoyens les plus échaudés envers une politique qui, sous couvert de libéralisme, distribue les biens nationaux à quelques courtisans bien nés, s’interrogeront légitimement sur les contreparties accordées pour ce cadeau qui fleure bon la rente des autoroutes privatisées !