Baie de Saint-Brieuc : défigurée par les éoliennes !

par Fergus
jeudi 20 août 2015

Un nombre croissant de Français est conscient qu’il est urgent de revoir nos modes de production énergétique. Encore faut-il ne pas faire n’importe quoi, au risque de ruiner l’attrait de certains sites parmi les plus prisés de notre pays. À cet égard, le projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc constitue une grave menace pour les Côtes d’Armor, tant en termes d’esthétique pour le patrimoine côtier, qu’économiques pour le département et la région Bretagne...

Les éoliennes vues du Cap Fréhel

 

C’est une évidence : la catastrophe de Fukushima, survenue dans un pays industrialisé réputé pour sa sûreté industrielle, a fortement marqué les esprits et induit dans l’opinion publique une grande méfiance à l’égard du nucléaire. Quant au recours aux énergies fossiles, il est appelé à se réduire de manière drastique dans l’avenir, non seulement pour faire face aux contraintes environnementales, mais également à la pénurie prévisible des réserves de pétrole et de gaz planétaires, respectivement annoncée pour 2050 et 2070 par l’Agence Internationale de l’Énergie.

Dans un tel contexte, l’augmentation de la production d’énergie issue des techniques renouvelables est devenue une nécessité. Et cela pour répondre à deux objectifs majeurs : D’une part, assurer le maintien de l'indépendance énergétique de la France malgré la diminution progressive du parc des réacteurs nucléaires qui fournissent actuellement plus des trois-quarts de nos besoins en électricité. D’autre part, accélérer l’indispensable réduction des gaz à effet de serre émis par notre pays, condition sine qua non de notre contribution à la limitation du réchauffement climatique dans les décennies à venir.

D’ores et déjà, de nombreux équipements, constitués notamment d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques, ont été mis en place sur le territoire à des échelles très diverses. Mais avec environ 12,5 % de production d’énergie renouvelable, la France a encore de gros progrès à réaliser pour réduire significativement la part du nucléaire (48%) et éradiquer à terme celle des très polluantes énergies fossiles (20 %).

C’est dans ce contexte qu’est né le projet d’implantation – pour une mise en service prévue en 2020 –, d’un parc d’éoliennes offshore en baie de Saint-Brieuc. Un parc initialement constitué de 100 éoliennes d’une puissance unitaire de 5 MW avant d’être validé par Ségolène Royal en juin de cette année sur la base de 62 éoliennes géantes – des monstres du genre ! –, d’une puissance de 8 MW chacune.

« 62 éoliennes géantes de 215 m de haut sont programmées dans cette magnifique baie encore naturelle. Des paysages qui vont disparaitre à jamais. La nature défigurée. Les ressources halieutiques bétonnées. L'écolo-business se réjouit.

La baie de Saint-Brieuc est la 5ème baie au monde pour l’amplitude de ses marées. Elle abrite la plus grande Réserve Naturelle bretonne qui accueille 40 000 oiseaux migrateurs de 112 espèces, dont 47 protégées (...), 5 espèces de mammifères marins (marsouins, grands dauphins, dauphins communs, dauphins de Riso). Cette baie nourricière abrite également le plus grand gisement naturel français de coquilles Saint-Jacques »

Ainsi s’exprime l’association Gardez les Caps en préambule d’une édifiante vidéo qui démontre, en s’appuyant sur des calculs trigonométriques et des données ophtalmologiques à quel point l’impact visuel sera infiniment plus pénalisant que ne le prétendent les industriels d’Ailes marines, promoteurs de ce projet « pharaonique », tout à la fois coûteux et destructeur d’un environnement jusque-là préservé. 

 

La vue polluée de Fréhel à Bréhat

Dans le compte-rendu de sa réunion publique du 8 août à Val-André, Gardez les Caps va encore plus loin et détaille avec précision et pertinence les problèmes posés par le projet de parc éolien géant envisagé en baie de Saint-Brieuc. À cet égard, les photomontages visibles dans la vidéo mise en lien ci-dessus et jointes à cet article montrent avec éloquence l’impact visuel désastreux qu’auraient ces monstres de 215 m de hauteur vus depuis des sites hautement touristiques qui constituent l’une des richesses de l’économie bretonne et quelques-uns de ses fleurons en matière de patrimoine naturel.

C’est notamment le cas du cap Fréhel (à seulement 16,3 km du parc) et du cap d’Erquy (à 17 km du parc), tous deux classés à juste titre « grand site de France  ». 1 million de visiteurs, venus de tous les continents, s’y rendent chaque année, attirés là par une nature grandiose mondialement renommée pour la beauté de ses falaises et de ses landes, ainsi que la splendeur sauvage de ses plages. La superbe île de Bréhat elle-même – 1er site classé de France en 1907 ! – sera impactée par ce projet, malgré une distance de 27,7 km, de même que toute la partie nord de la côte du Goëlo. Est-il concevable de voir le panorama de tels lieux défiguré par un tel projet industriel ? Non, évidemment.

Et que dire de la potentielle destruction d’emplois qu’entraînerait une baisse significative du nombre des visiteurs ? Les promoteurs d’Ailes marines parlent de 130 emplois d’entretien des éoliennes créés à terme par la création de ce parc offshore. Mais ce nombre d’emplois créés risque malheureusement d’être dérisoire comparé au nombre d’emplois définitivement perdus dans l’hôtellerie, la restauration et les activités fortement dépendantes de la fréquentation touristique. Que dire également des milliers de tonnes de boues et de gravats qui seront extraites des fonds marins pour construire les socles bétonnés de ces éoliennes géantes avant d’être abandonnées sur place, au prix d’une stérilisation durable de ces fonds marins pourtant riches en faune et en flore marines remarquables ?

L’opposition à un tel projet doit être d’autant plus vive que des experts, et notamment ceux de la Fédération Environnement Durable, ont démontré (cf. lien) que la rentabilité d’exploitation annoncée à 43 % par les promoteurs de ce parc d’éoliennes offshore a été très surestimée.

Dans de telles conditions, et compte tenu des enjeux pour le département et la région, il est impératif que le plus grand nombre de personnes, qu’il s’agisse de Bretons ou d’amoureux de la Bretagne – français ou étrangers –, manifestent leur soutien aux associations en lutte contre ce projet d’éoliennes géantes infiniment plus porteur de graves et irréversibles nuisances en termes de chute de l’activité liée au tourisme que de retombées positives sur le plan énergétique.

 

NON AUX EOLIENNES EN BAIE DE SAINT-BRIEUC !

 

Les éoliennes vues de Planguenoual (près de Val-André)

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