Benjamin Griveaux - Le terrain de la morale
par jidejeandominique
samedi 15 février 2020
Depuis vingt-quatre heures, suite à la révélation de vidéos pornographiques de Benjamin Griveaux diffusées sur internet, pour les mondes politique et journalistique il s'agit d'un règlement de compte ignominieux puisqu'on viole le droit d'un individu au respect de sa vie privée. Je pense le contraire.
Sur tous les médias, nos élites patentées développent à l'unisson une seule idée : une élection municipale ne doit pas être une "campagne de bassesse où tous les coups sont permis", ou encore "il n'est pas acceptable d'évoquer la vie privée des gens", et d'autres sentences de la même espèce. Les mêmes poursuivent qu'il faut dénoncer le voyeurisme, ceux qui manipulent les consciences d'un peuple toujours prompt à savourer des histoires salaces, bref tous ceux qui se placent sur le terrain de la morale. Tous sont coupables... sauf Benjamin Griveaux.
Car, à entendre nos caciques politiques et médiatiques, seule la loi compte. Le candidat à la mairie de Paris ne l'ayant pas transgressé, il serait un "honnête homme". En revanche ceux qui le dénoncèrent parce qu'ils ne supportaient pas son hypocrisie et son inconduite morale entraînent la France vers un régime totalitaire ! J'ai l'outrecuidance de proclamer le contraire et de penser que tromper sa femme et mettre ses frasques sexuelles publiquement en scène choquent - même au 21ème siècle - la majorité de la population française.
Nos mêmes têtes pensantes présentent Benjamin Griveaux comme une victime, comme la seule victime d'ailleurs, alors qu'il est le bourreau. Car c'est bien lui et lui seul qui a porté préjudice à ses amis, à ses amis politiques, à ceux qui l'ont suivi de près ou de loin dans son aventure municipale... Autant de victimes d'un homme supposé responsable qui fut non seulement imprudent mais qui leur dissimula la nature profonde et peut-être déséquilibrée de sa personnalité.
Mais surtout, comment ne pas penser à la victime principale de cet homme : sa famille. Tous ceux qui ont des enfants ou des adolescents, tous ceux qui ont été enfants et adolescents, imaginent à quel point il est brutalement devenu douloureux et traumatisant pour ceux de Benjamin Griveaux de savoir que leur père se prit en photo en train de se masturber, envoya de tels clichés à sa maîtresse, et pire encore d'imaginer que leurs amis et leurs camarades de classe en ont depuis peu connaissance. En ces temps où la protection de l'enfance est omniprésente dans l'esprit de nos élites, a-t-on entendu l'une d'entre elles manifester la moindre compassion pour eux ? Elle leur est au moins acquise de ma part.