Bibracte, capitale gauloise, son histoire, preuves à l’appui
par Emile Mourey
mardi 26 mars 2013
Comme l'ont écrit nos anciens historiens, l'origine de notre histoire se perd dans la nuit des temps. Et pourtant, rivalisant en ancienneté et en gloire, émergent de cette obscurité deux capitales à nulle autre pareilles, Bibracte et Gergovie.
Toujours fidèle à ma méthode, je raisonne d'abord sur les textes, je poursuis dans la logique, notamment militaire, et je conclus par l'archéologie. Car c'est bien par une étude sérieuse des textes qu'il aurait fallu commencer avant d'officialiser le site de Bibracte au mont Beuvray. Le mont Beuvray est le site de Gorgobina. Bibracte, c'est le Mont-Saint-Vincent. Les textes sont là et on ne peut aller contre. Dès lors, on comprend un peu mieux les auteurs qui ont parlé de nos capitales. Jules César, lui même, dans ses Commentaires, rappelle que dans les temps antiques, l'autorité suprême en Gaule était aux Eduens (DBG VI, 12) et j'ajoute : de même qu'à ceux qui les ont précédés (les Bituriges etc...). http://bibracte.com/mon_histoire_de_la_gaule/de_la_veritable_origine_des_celtes.html
I. Bibracte au temps des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs de la préhistoire.
La différence d'avec les singes bonobos est que ces hommes ont divinisé, et la terre, et le ciel. Très étonnante, cette roche de Solutré qui évoque l'encolure d'un gigantesque cheval sortant de terre. Très étonnants, ces squelettes de chevaux retrouvés à son pied comme s'il s'agissait d'offrandes.
II. 4 000 ans avant J.C., nous sommes à l'âge de la pierre taillée. Bibracte est un important site néolithique. Voici pourquoi.
Un élevage et une agriculture sur les pentes et les plateaux caillouteux d'autour de Chassey-le-Camp ? Non, vraiment, je ne vois vraiment pas que cela soit possible à cette époque ! En revanche, un peu plus toin en suivant la ligne de crête jusqu'à la région vallonnée et verdoyante de Mont-Saint-Vincent, oui, trois fois oui ! J'en déduis que le plateau de Chassey-le-Camp avait un rôle militaire et rien d'autre. Il n'hébergeait qu'un groupe d'homo sapiens soldatus chargé de faire le guet. Simple poste de garde, sa mission consistait à surveiller et, éventuellement, à interdire l'entrée du couloir de la Dheune. Au profit de qui ? Le terrain parle de lui-même : au profit d'une tribu préhistorique en voie de sédentarisation autour du horst de Mont-Saint-Vincent, position naturellement forte http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/naissance-d-une-civilisation-de-la-34394
III. Environ 1 000 ans avant J.C., un oppidum ovale y est construit qui rappelle le contour de la muraille de Troie. http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/les-origines-troyennes-de-notre-131906, puis un temple cananéen à l'image du temple de Salomon. Nous sommes à la fin de l'âge du bronze.
Le temple de Bibracte/Mt-St-Vincent est, à peu de choses près, la soeur du temple de Salomon. La Bible en donne une description précise. Il avait 27 m de long sur 9 de large et 13 mètres 50 de haut(1Rs chap.6). Tout cela se retrouve, avec certes des différences, dans l'actuelle église dite romane de Mont-Saint-Vincent : les fenêtres dont l'ouverture va en se rétrécissant en allant vers l'extérieur, la disposition des pièces, les guirlandes en arabesques, les rosaces, les feuilles de palmier, les têtes de chérubin. Contrairement à l'imagerie actuelle, ces têtes de chérubin ne sont pas des têtes d'ange mais des têtes de lion et d'autres animaux... comme dans la vision d'Ezéchiel (Ez 1, 1-38), comme dans nos chapiteaux dits romans, comme dans nos anciennes églises dont les modillons ornent le haut des murs extérieurs, comme dans les fresques qui décorent les intérieurs. (Je ne propose cette reconstitution du temple de Salomon que comme une hypothèse. Elle date des années 80, lorsque j'ai rédigé mes ouvrages, avant que l'internet ne diffuse les interprétations actuelles).
III. Vers l'an 500 avant J.C., il est possible que le temple de Minerve du rhéteur Eumène soit, en réalité, une synagogue à l'image du deuxième temple de Jérusalem.
Voici en haut, à droite, le quartier nord de Mont-Saint-Vincent. Dans son discours "pour la réparation des écoles", vers l'an 300, le rhéteur Eumène déclare : « ...Il ne conviendrait pas que les deux très beaux temples de cette ville soient défigurés par les constructions en ruines qui se trouvent au milieu. J'insiste sur cette pensée ; car il me semble que le premier constructeur des écoles moeniennes leur a réservé cet emplacement afin qu'elles fussent soutenues par les étreintes bienveillantes des deux divinités voisines ; et telle est en effet la position de cet auguste sanctuaire des lettres que d'un côté Minerve, fondatrice d'Athènes, le protège de son regard, et de l'autre Apollon, entouré des Muses. Cette reconstruction, placée au front même de la cité, touchera de chaque côté à ces deux temples ô combien remarquables. »
Le grand bâtiment de la photo donne sur la place Collasset. Je l'identifie au temple de Minerve du rhéteur Eumène. En bas, je soumets à votre interrogation une des curieuses pierres rondes placées devant la façade.
IV. Au Ier siècle avant J.C., Bibracte accueille à Gourdon une colonie de la diaspora juive http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-druides-attendaient-ils-un-58775
Mais elle n'acceptera, ni la circoncision, ni l'excision. En revanche, Divitiac et Dumnorix accepteront de s'incarner dans le double messie espéré de la diaspora. C'est la grande épopée de la guerre des Gaules qui s'est malheureusement terminée dans les fossés d'Alésia. Mais en l'an + 21, Sacrovir soulève le pays depuis Bibracte. En l'an + 68, toujours à Bibracte, c'est Vindex qui le soulève de nouveau mais en entraînant avec lui presque tout l'empire contre Néron.
V. Vers l'an 300 après J.C., après l'épopée des empereurs gaulois, Constance-Chlore César s'installe dans le palais de Bibracte.
Mon croquis ci-dessus est un extrait très fidèle d'un plan ancien de Mont-Saint-Vincent, à cette seule différence que j'ai indiqué le tracé de la forteresse en traits minces alors que sur le document, il est en pointillés. Ce plan est une reproduction soignée faite à l'aide d'un calque rigide d'un document original inconnu et apparemment perdu, c'est ma profonde conviction.
En se reportant au cadastre de 1830, on constate qu'à cette date, il ne restait plus de notre bel ovale que quelques misérables traces. Ceci pour dire que notre original ne peut être que bien antérieur. Sachant par ailleurs que le château a été rasé par Louis VII, en 1177, j'en déduis que le dit original le représentait avant qu'il ne soit détruit mais que le copieur l'a reproduit en pointillés parce qu'il le savait disparu. Il s'ensuit que les inscriptions qui sont portées sur le calque sont celles du copieur et non celles de l'original qui n'étaient plus d'actualité.
Cette forteresse oppidumique est probablement ce qu'Eumène désigne par le mot "capitole". Reste à savoir où se trouve le bâtiment auquel il donne le nom de palais. Je fais l'hypothèse qu'il s'agit de la maison cossu qui s'ouvre sur la place. L'épaisseur des murs intérieurs témoignent de son ancienneté et le bâtiment voisin me fait penser à une ancienne écurie pour les chevaux royaux.
Reste maintenant à mettre au jour les gradins de l'illustre théâtre, en contrebas, où s'est joué, jadis, l'avenir de la Gaule.
VI. Le relief de Mont-Saint-Vincent est en forme d'haricot. Cela n'a pas échappé au regard des sculpteurs.