Bien en Place !

par Benoît RIVILLON
mardi 20 mars 2012

Plus personne ne pourra ignorer ce qui vient de se passer à Paris ce dimanche 18 mars où 120 000 citoyens, curieux et militants, sont venus entendre une parole.

La nation prend acte de la braise qui couve depuis 7 ans que sa voix à été étouffée. Premier candidat à l’élection présidentielle du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon porte haut cette voix.

Du 29 mai 2005 au 18 mars 2012, il y a bien un vent continu, le vent de la révolte qui souffle et face auquel aucun mur ne pourra se dresser.

Que ce soit le mur de la résignation, des lamentations vaines, de l'hypocrisie ou de la haine, plus rien ne devrait s'opposer à ce qui est : une prise de conscience. Celle de millions de gens qui ont désormais tous les moyens de faire France ensemble, de relever la tête après avoir été si longtemps et si lourdement trompés, maltraités puis menottés et qui délient maintenant leurs fers. 

Cet événement, le peuple est fier de l’avoir réalisé lui-même, sans l’aide de personne, sans les appels relayés d’aucun media. Et quand bien même les journaux pourraient-ils minimiser la portée de ce moment qui fera date dans l'histoire de la reconstruction du socialisme ; quand bien même certain autre candidat pourrait-il n’y voir -de son mépris habituel, qu’un cri de colère mal fondé, qu'il se casserait les dents à l'épreuve de la réalité, du terrain même. La colonne vertébrale de la Gauche est là, comme la fière colonne de la Bastille. Bien en place.

 

Quant à ceux qui croient faire l’opinion ne font que manipuler dans leur intérêt. Car on ne peut pas taire si longtemps l'inquiétude et les souffrances de toute une population, ni moins encore ses élans d'optimisme. La preuve, à Bastille, place au Peuple !

Il y a un grand besoin d'une parole d'espoir mais aussi d'une volonté de confier à la tête de l'Etat, une compétence, une volonté personnelle au service d’une intelligence collective, comme celle du maçon à qui l'on confie les fondations de sa maison. On le savait, et on n’est donc pas surpris de voir un mouvement se lever.

L'homme qui nous a dit un jour "...l'élite humaine, c'est nous tous !" reçoit aujourd'hui la monnaie de sa pièce d'or. Présidons !

 

Au-delà d’un hommage encore brûlant de la chaleur des pavés, il faut rendre compte par le détail, de l’intérieur, de ce que cette journée dédiée à Louise Michel a constitué un moment. Précédé d’autres moments, et qui en sucitera d’autres, c’est inévitable.

Le moment où nous vîmes arriver à l’Usine, au QG de campagne du Front de Gauche installé aux Lilas, des dizaines de militants et de personnes jamais encartées, des citoyens anonymes, volontaires, bénévoles aguerris ou novices, venus se mettre en mouvement pour préparer plier, ranger, coller, dessiner, peindre, imaginer, découper, tracts, affiches, pancartes, banderolles, en longueur, en hauteur, en couleur... Deux cents personnes se sont succédées la semaine qui a précédé le grand rassemblement de la Bastille.

 

Le moment où les journalistes de la presse écrite, venus faire une pige, fumaient avec nous devant l’Usine au soleil de mars, tout sourire, emportés par notre enthousiasme, une énergie communicative qu’ils n’avaient, disaient-ils, jamais rencontrée, ni dans les QG de l’Ump ni au P.s, ni dans aucune campagne.

Le moment où Jean a dû aller débrancher son ordi et l’asseoir sur une chaise en hauteur sur une table pour assurer la bonne projection des lettres sur une banderolle encore vierge. 

Le rire de Yvette qui scotchait, scotchait, et dont l’éclat nous annonçait le grand moment à venir, nous le voyions tous. 

Le moment où Emma est allée acheter quelques clous de tapissiers qui manquaient, le samedi soir à la fermeture, pour équiper la banderolle Culture, celle qui fut tant photographiée dans les cortèges.

Le moment où Jean-Luc est sorti de son bureau pour regarder où était donc ce maniaque de l’aspirateur qui résonnait dans l’espace enfumé. 

Il faut dire que de la poussière, il y en avait ; de l’activité, à revendre ; et de la bonne humeur, à donner.

Le moment où l’Usine a aplaudi la très belle banderolle des Jeunes du Front de Gauche, encore fraîche de peinture rouge et verte, que Maëlle, Sophie, et Philippe avaient patiemment lettrée, décorée, des heures entières allongés à fixer leur pinceau fin.

Le moment où nous nous sommes retrouvés à 04 h du matin le dimanche pour habiller la colonne de Bastille, où il a fallu parlementer avec quelques soudards venus crier leurs colère jamais éclairée. “Y a du boulot sur cette affiche, viens là toi !” Lui ai-je crié, ulcéré de voir qu’on oserait toucher au travail réalisé par des camarades. 

Le moment où Manu a téléphoné pour demander un supplément de drapeaux. Le moment où Gabriel s’étonnait de voir les affichages se superposer.

 

Le moment où chacun avait perdu sa chacune sur la Place de la Nation, rouge de monde ; où chacun se demandait ce que voulait dire cette foule si nombreuse, une hallucination en forme d’unité politique.


Le moment où La Boétie est monté nous livrer son nouveau texte “De la servitude volontaire”, sur le plateau du commando culturel de Christophe, alors que le cortège peinait à se frayer un chemin parmi la cohorte insensée qui s’engouffrait à toute force sur le Boulevard Diderot. 

Le cafetier du faubourg qui fermait boutique et venait se fondre dans le courant plein de poussettes et de sacs-à-dos vers Bastille.

Des moments comme ça, sans aucun anicroche ni bris d’aucune sorte, qui convergeaient vers ce moment de sidération. Grâce à un camion sonorisé relié à la Place de la Bastille, nous pûmes entendre au loin l’orateur Mélenchon, le plus grand de toute la cinquième et bientôt la sixième. 

Et ce moment. Un frisson, un silence, une écoute partagée, une communauté de raison et d’émotion simultanée, comme un courant a traversé toute la foule : les habitants de la rue du Fbg St Antoine passaient leur têtes aux fenêtres... 

Le vent de la révolte s’était levé, et quelqu’un en avait pris la tête dans un moment de pleine conscience. 

 

Le discours en vidéo


04h 15 le dimanche 18 mars. Installation des kakémonos fabriqués à l'Usine

 

 

 14 h 30 des bénévoles veulent bien tenir la banderolle Culture du Front de Gauche

 


 

 16 h 00 Le cortège N°13 quitte Nation

 

16h 30 je passe devant une boutique

17 h 30 le discours de Mélenchon est rediffusé pour tous ceux qui n'avaient pu l'entendre depuis les rues adjacentes.

 

 


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