Boulots de merde...
par gruni
vendredi 27 janvier 2023
Vous avez certainement déjà entendu dire qu'il vaut mieux faire un boulot de merde que rien du tout. C'est aussi l'avis de patrons exploiteurs qui touchent des aides de l'État pour abuser des travailleurs en toute sérénité. En face de l'esclave moderne qui tente de survivre, se trouve parfois un travailleur bien payé qui prétendra que pour un SMIC il ne se lèverait même pas le matin. Jusqu'au jour où il perdra son emploi et sera moins suffisant, alors il se lévera tôt pour livrer des prospectus ou des journaux. Plusieurs définitions du boulot de merde existent. Comme vous le savez certainement, dans notre beau pays où paraît-il l'herbe est plus verte qu'ailleurs, des gens travaillent pour moins que le salaire minimum. D'autres sont mieux payés mais font un boulot de merde quand même.
Cerise aigre sur le gâteau, voilà donc que notre président de la République ainsi que sa première Ministre, mais aussi le gouvernement et les députés échappés de divers bords politiques pour embrasser la macronie. Veulent encore durcir les conditions pour pouvoir partir à la retraite. Donc, fort logiquement les boulots de merde ne connaîtrons pas la crise dans les années à venir, puisque les travailleurs considérés trop "vieux" par certaines entreprises, devront se contenter d'un boulot de merde encore plus longtemps qu'avant pour enfin devenir retraités avec une retraite de merde.
Maintenant, quelques extraits trouvés sur le site "basta !" qui avait interrogé deux journalistes indépendants et précaires, Julien Brygo et Olivier Cyran, auteur du livre "Boulots de merde".
Connaissez-vous :
"le CDI à temps partiel, avec la pré-quantification du temps de travail. C’est ce qui a été négocié par les géants de la distribution de prospectus publicitaires, Adrexo et Médiapost. Les salariés que nous avons rencontrés travaillent 30% de plus en moyenne que ce qui est indiqué sur leur contrat, et que ce qui leur est payé".
Dans ce passage un nom vous dira certainement quelque chose :
"Suite à un appel à projets lancé en 2012 dans le département des Hauts-de-Seine, sous l’égide de Jean Sarkozy, le réseau « les Cireurs » a ainsi obtenu 50 000 euros de subvention au titre de « l’aide à l’économie sociale et solidaire ». Fondé par une diplômée d’école de commerce, ce réseau réunit des individus qui, en contrepartie du droit d’usage de l’enseigne (censée appâter le chaland), acceptent d’être auto-entrepreneurs. Pas d’indemnités en cas d’arrêt maladie, aucun droit aux allocations chômage."
Le rentable service civique :
"le service civique payé deux fois moins qu’un Smic – et même seulement 1/10e du Smic pour l’employeur – ; ou encore le contrat de professionnalisation auquel recourt beaucoup la grande distribution : pour 150 heures de formation théorique – qui consiste en fait à remplir des rayons ou à faire du nettoyage – l’entreprise touche 2 250 euros par contrat. Le dispositif coûte des millions d’euros aux contribuables chaque année."
Le "Iean management" :
"Il consiste à imposer aux salariés de faire plus avec moins, en s’attaquant notamment à tous les temps morts : les pauses jugées superflues, les respirations qualifiées d’improductives, toutes les minutes qui ne sont pas « rentables »."
Fin des extraits.
Quels sont les boulots de merde ?
Pour faire peut-être trop simple, tout le monde peut dire que son travail est un boulot de merde. Du moment que vous n'aimez pas ce que vous faites, travailler devient une corvée insupportable. Mais, c'est d'abord les travaux avec des salaires de misère, sans protection sociale - épuisants physiquement - le travail de nuit - là où l'employé est considéré comme une merde corvéable à merci. Et bien d'autres encore.
Pendant les confinements pour cause de covid, une partie de ceux qui font un boulot de merde étaient nos héros du quotidien. Depuis le temps a passé et le virus fait moins peur, les héros sont redevenus pour celui qui gouverne ce pays des "gens qui ne sont rien". La réforme des retraites envisagée par Emmanuel Macron en est la preuve.