Burqa, République, télévision : le roi est nu
par Allain Jules
jeudi 22 avril 2010
Traumatisé par la remontée tous azimuts du Front national, ironie du sort, puisqu’il l’a régénéré, craignant sans doute qu’il s’accapare du débat initié hypocritement par lui sur la burqa, épiphénomène sociétal, ce Gouvernement, par l’entremise d’expédients, tente de reprendre la main. Par la voix du fantôme de Matignon et accessoirement Premier ministre François Fillon, le chef de l’État et/ou roitelet élyséen, est « prêt à prendre des risques juridiques » en défendant l’interdiction générale du voile intégral. Voilà des pseudo démocrates en action, prêts à toutes les compromissions pour sauver les banques, favoriser la gabegie et légiférer contre une poignée de femmes, sous des prétextes fallacieux.
La République bafouée.
Pour 1900 voilées, il faut légiférer. Fichtre. Pour les usines qui licencient, délocalisent, rien. Où est la République égalitaire prônée ici et là, alors que justement, il y a un refus manifeste d’intégrer les immigrés ? Et puis, justement, concernant ces voilées, bon nombre sont des Françaises converties. On m’a toujours demandé mon avis sur la burqa. Puisque ça ne concerne qu’une minorité, et d’autant plus que dans ce groupe il y a un bon nombre de porteuses volontaires, je crois qu’on viole quelque chose. Donc, personnellement, je suis contre l’interdiction. Mais, je ne fais pas partir de ce Gouvernement mais, je ne sais vraiment pas comment les policiers feront avec toutes les femmes de princes qui déboulent l’été dans la capitale. Cette loi est inapplicable mais relève plutôt d’une surenchère politicienne qui montre que le Gouvernement est aux abois.
Le président de France Télévisions
Avant même que le mandat de l’actuel président, Patrick de Carolis, ne s’achève, des supputations vont bon train sur son successeur. Tout le monde parle d’Alexandre Bompard , un proche du président de la République. En réaction, sur proposition de l’actuel président de la télévision publique, le conseil d’administration a suspendu la vente de la régie publicitaire de France Télévisions mais, ce n’est que partie remise pour l’Élysée qui veut favoriser ses amis, juges et parties. Une honte. Entre le népotisme et le conflit d’intérêt excessivement important, toute honte bue, personne ne dit rien. Hier soir, j’ai assisté à la plus grande filouterie lors de l’émission de Guillaume Durand, en direct sur France2, l’Objet du Scandale, pris d’assaut hier par des chômeurs (vidéo). D’entendre Frédéric Mitterrand et Michel Drucker nous dire que le président ne peut pas nommer une personne qui lui est favorable, et ceci en direct, fut d’une hypocrisie abyssale mais, contredisait en même temps, un président désormais nu, qui expliquait dans la vidéo en dessous, en février 2009, qu’il ne nommait pas le président de France Télévisions...
(crédits photo / AFP)