C’est quoi ce bordel ?
par alinea
lundi 27 janvier 2020
On nous parle de retraite à points, certains commentent et voient les points comme des suspensions dans le hasard d’un avenir précaire ; c’est pas Boutin qui soudain émue d’être inspirée disait : la vie, c’est la précarité ?
On trouve des points noirs sur son nez, des miettes sur sa nappe, ça pue l’arnaque et on répète en chœur ou en décalé tous toujours la même chose, et personne ne voit la panthère dans les rochers.
La retraite à points, c’est simple à expliquer :
Vous devenez tous - quelle promotion - des spéculateurs, vous investissez une partie de vos gains et, si ça se trouve, dans quarante ans, vous toucherez le jack pot.
Déjà on n’est pas forcé d’avoir tous cette envie, mais contraints, ça coince. D’autant qu’on n’investit pas où et quand on veut, les tenanciers des caisses obligent : tous dans le même bain, et ce bain tenez-vous bien, c’est tout ce qui nous reste de commun.
J’ai suivi ça de très loin, je ne sais pas si on est obligés de le faire, parce que, quand on joue solo, on ne peut nous que nous proposer, pas nous imposer.
Alors, laissons-les avec leur merde au bâton, et recommençons l’histoire du CNR ; on reprend au début, on évite d’inviter au repas de construction des requins, on fait mutuelles, on fait coopées et l’on décide que ce sera : à chacun selon ses moyens pour à chacun selon ses besoins.
Et le tour est joué.
On n’a pas encore d’interdit, à ma connaissance mais cela ne ferait que retarder la date de l’émancipation, en ce qui concerne l’organisation de nos vies. On va bien en trouver des Croizat, des Buisson, des Laroque, non ? On se fait une banque au poil de démocratie participative et à moins que quelqu’un ait inventé une meilleure aubaine, on garde les pourcentages en cours ; on ne compte pas les points mais les années et les bouches à nourrir.
Il faut toujours partir du point de vue que l’homme moderne vient des prétendues lumières du dix huitième siècle ( excusez-moi de ne pas dire « la femme » en aparté, parce que, ras-le-bol de ces conneries) et, qu’a-t-il fait de ces lumières ?
Science, à tous les étages ( la science n’est qu’une autre manière de nommer les choses qui existent autour de nous, les humains ont toujours fait ça), technologie : passage à l’acte : on dégotte la radioactivité et on s’enorgueillit de la mettre en pratique ; on vous la vend pour sa riche efficacité à vous défendre contre l’ennemi ( l’URSS) ou bien pour les services qu’elle vous rend pour pas cher en vous éclairant, vous chauffant...tralalère. Et du coup, l’homme, enfin les meilleurs d’entre eux, accumulent tant de progrès qu’on a pu, en pas cinquante ans accumuler assez de puissance pour détruire la planète toute entière. Rendez-vous compte : si tout ce qui est nucléaire au monde pétait au même moment, on serait détruit aussi sûrement que si on recevait un astéroïde maousse sur un coin de notre sphère.
Ça n’arrivera pas dites-vous à juste titre, mais tout de même, ça donne à réfléchir.
L’homme ( excusez-moi de ne pas dire « la femme » parce qu’il y en a marre de ces conneries) qui par hasard se trouve à profiter des mannes exceptionnelles que rapportent en argent virtuel toutes ces salades létales, prend et garde à tout prix le pouvoir pour pouvoir profiter encore un peu de ses ors si précieux à son confort d’image.
Et nous ? On nous a tellement rabâché qu’on était con qu’on l’a cru et, de temps à autre on regimbe comme un vieux bourricot hors d’âge qui, parfois, d’un coup de pied bien placé envoie ad patrem en enfer un tortionnaire mais n’a jamais, au cours des siècles, pu éliminer l’engeance qui l’accable.
Pour éliminer l’engeance qui nous accable, il nous suffit de lui tourner le dos, de n’accepter rien d’elle, et de tout reconstruire, à notre sauce. Tous les tracas, toutes les difficultés qu’on rencontrera là seront du réel sur lequel on a prise ; rien à voir avec les dépressions, burn out et autres joyeusetés maladives que l’on subit actuellement.
Ne soyons plus ce bourricot domestique - la domesticité est trop cher payée - redevenons le cheval sauvage, le zèbre… et je vous garantis que pour nous ce ne sera pas le paradis, s’il existait sur terre ça se saurait, mais l’action, la responsabilité et toutes les joies, les rencontres spontanées que cela crée, comme on commence de le vivre, Gilets Jaunes, aujourd’hui.
Le joug, ça fait mal au cou, au bout de quelques siècles, le foin trouvé dans le râtelier, du coup, n’a plus beaucoup de goût. Marre des objets poubelles, des petits plaisirs éphémères addictifs dont on a jamais assez, marre des artifices qui nous font payer les yeux de la tête des plaisirs simples et gratuits, marre de croire qu’on le vaut bien, alors qu’on ne vaurien, marre de se protéger de toi, de hausser des murs dont la pierre n’est pas gratuite mais dont le ciment enrichit tes créanciers….
Travailler encore, oui, avec tes mains d’or, oui, mais pas pour les mêmes, pour tous.