Ce nez pas grave !
par Papybom
mardi 8 novembre 2011
Sauf, pour les propriétaires d’un appendice nasal proéminent. Excluant le brave Cyrano de ma pensée, je songe nez en moins, aux ravages des trompes d’éléphants politiques.
Le locataire actuel de l’Elysée se permettant de malmener la langue française, j’ai moins de complexes.
Incorrigible petit brodeur littéraire, et non blogueur, je raffole des doubles sens des mots et des « à-peu-près », qui m’éloignent des puristes de l’orthographe. Les adeptes de ces règles (sauf les aveugles, ça va de soi ! chantait Georges), vont me maudire ou passer sans mot dire. Le carcan est pesant car quand on recherche les raisons d’écrire certains mots, il n’y a pas photo (foto, serait trop simple).
Emettre son opinion ou soumettre une idée, c’est un choix de reconnaissance d’une pensée que l’on désire partager. Ensuite vient la question essentielle, qui doit s’accorder : le sujet de l’article ou le verbe de l’auteur ?
Même en respectant les règles orthographiques, l’ambigüité de certains mots peut faire sourire. Petit exemple : Devons nous remercier le locataire de l’Elysée pour son action ?
En introduisant certains jeux de mots dans un texte, je m’aperçois (avec qu’un seul P, moyen mnémonique : on peut voir avec un œil), que le procédé est soit urticant ou plaisant, pour les lecteurs.
En braquant adroitement leurs projecteurs sur des dérives (politiques), des auteurs mériteront le qualificatif de « bonne plume ». S’agit-il de la plume Sergent Major ou de celle qui servait à nous vacciner contre la variole ou la tuberculose. D’un coté le style, de l’autre le stylet.
L’orthographe est elle la science que des ânes ? Certes pas. Les règles en sont complexes et les exceptions nombreuses. Pour avoir été capable de les apprendre et de les retenir, je me dois de saluer les inconditionnels de son profond respect.
J’ai gardé en mémoire la règle du S dans le pluriel des mots en « Ou ». Dans ma tête résonne encore les exceptions : poux, hiboux, choux, joujoux, genoux, cailloux et bijoux. Pour autant, dois-je considérer les enseignants comme des Ripous ou des Ripoux ?
Egalement, on est censé écrire « sensé » lorsqu’il s’agit de quelque chose de raisonnable, tandis qu’il est sensé d’écrire « censé » lorsqu’on fait référence à une obligation. Suis-je sensé ou censé défendre l’écriture sous toute ses formes ?
A l’école primaire, ma spécialité été la conception de belles choses. Donc c’est surtout à la ré-création que je donnais le meilleur de moi-même. Architecte de phrases, assembleur de mots, quoi de plus agréable comme création.
L’Académie Française est le temple de la sclérose intellectuelle en France, suivant les termes d’un certain Morice ici même. Comme cette sentence : L’orthographe est bien un enjeu politique. Les réformes peuvent bien simplifier les règles d’usage (et il y aurait à mon avis matière à le faire), mais pas venir au secours de ceux qui ne savent pas distinguer un adjectif possessif (sa) d’un pronom démonstratif (ça). Ou pire, qui confondent sais et c’est.
De même, si l’écriture n’est pas toujours facile, elle demande au lecteur une participation. Savoir écouter les mots et le texte. N’étant pas un maestro de l’orthographe, j’évite de faire des erreurs dans la rédaction de mes pensées et de mes commentaires. Une faute sur un accord élémentaire est préjudiciable pour l’harmonie !
Malheureusement sur un écran, on ne déguste plus un texte. On l’avale comme dans une restauration rapide. On absorbe, on ingurgite l’ensemble sans prêter attention au contenu. On ne nourrit pas l’esprit, on se contente de lui donner sa ration d’informations.
Si vous pouvez fermer les yeux (sur les fautes) en lisant un livre ou un texte, vous entendrez certainement un message. Une erreur.
Autres moyens moyen mnémonique :
Mourir, un R, on ne meurt qu’une fois. Nourrir, deux R, on se nourrit plusieurs fois.
Courir ne prend qu’un R, car on ne manque pas d’air en courant alors quand on arrive, on prend tout l’R qu’on peut….
Article qui sera moinssé ou plussé (St Bescherelle, priez pour moi !). Mais contrairement aux produits frais, il n’y a pas de D.L.C.( Date Limite Consommation), et pour les modérateurs, pas de D.L.P.( Date Limite Publication).
Illustration : http://www.decitre.fr/livres/Dictionnaire-des-synonymes-et-analogies.aspx/9782035837172