Ce que l’on appelle le « globalisme » est en réalité une vaste pyramide de Ponzi global et antidémocratique

par Pressenza
samedi 25 juillet 2026

par Mark Lesseraux - New York City

 

L’OBJECTIF FONDAMENTAL DU PROJET MONDIALISTE

Au cours des quatre à cinq dernières décennies, les nations du monde entier ont connu une désindustrialisation. Elles sont passées d’un système de fonctionnement fondé sur la production à un système fondé sur la finance, pris au piège de la dette. À la suite de cette évolution, la consommation et le consumérisme ont remplacé la production (la fabrication et la création d’objets) comme élément central de l’économie d’un nombre sans cesse croissant de pays. Ce passage d’économies fondées sur la production à des économies fondées sur la finance et la consommation a affaibli des nations autrefois autosuffisantes et les a rendues dépendantes du système bancaire pour obtenir des prêts, ce qui a entraîné une augmentation constante de la dette publique.(1)

On observe ce phénomène partout en Europe, aux États-Unis et dans des pays situés en dehors de la sphère occidentale. En abandonnant leurs bases industrielles, en renonçant à produire leurs propres biens, ces pays se sont mis à la merci d’un système bancaire international fourbe et générateur de dette ; un système qui tire profit de la création d’une dette mondiale toujours plus importante. C’est ainsi que la City de Londres, plaque tournante financière mondiale, a pu s’arroger de plus en plus de pouvoir et de contrôle sur l’économie mondiale au fil des décennies depuis le milieu du XXe siècle.

Nous en sommes arrivés, en 2026, au point où le système bancaire et les oligarques qui lui sont alliés ont réussi à s’acheter les médias occidentaux « grand public » ainsi que les processus électoraux en Occident. Ce constat s’impose aisément, dans la mesure où les candidats politiques dépendent désormais quasi exclusivement de milliardaires (la classe des donateurs) pour se faire élire. Parallèlement, les médias dominants se gardent bien d’évoquer cette réalité, ayant eux-mêmes été absorbés par ce même système antidémocratique. Cette transformation de nations souveraines en États vassaux, dont la survie dépend des prêts bancaires, constitue le véritable objectif sous-jacent de l’ensemble du projet mondialiste.(2),(3)

UNE INVITATION À RÉFLÉCHIR À VOTRE PROPRE EXPÉRIENCE

Vous conviendrez sans doute que ce qui est évoqué ici ne constitue pas une information inédite. Après tout, cela fait des décennies que nous vivons au cœur d’un transfert de richesse et de pouvoir, la classe moyenne voyant ces ressources passer aux mains d’une poignée d’individus aux fortunes colossales. Prenez un instant pour réfléchir aux changements dont vous avez été témoin au cours des 10, 25 ou 40 dernières années. Si vous vivez aux États-Unis, songez au fait que les salaires réels n’y ont pas augmenté depuis le milieu des années 1970, alors qu’auparavant, ils avaient progressé sans interruption pendant quatorze décennies ! Pensez à la manière dont, en Europe comme aux États-Unis, la majeure partie de la production manufacturière a été délocalisée vers des pays où la main-d’œuvre coûte une fraction de ce qu’elle coûterait ici. Réfléchissez un instant à l’ampleur de l’endettement — tant personnel que collectif — qui s’est accumulé au cours de ces dernières décennies. Songez au pouvoir d’achat bien plus élevé qu’offrait le salaire moyen d’un membre de la classe moyenne il y a 20, 35 ou 50 ans, si vos souvenirs remontent aussi loin. Considérez la façon dont la « richesse » se mesure aujourd’hui non plus à la production réelle, mais presque exclusivement à travers des abstractions telles que des portefeuilles d’actions diversifiés. Beaucoup ignorent que cette manière d’évaluer la richesse et la prospérité est, en réalité, un phénomène récent. En fait, très peu de gens possédaient une carte de crédit avant le milieu ou la fin des années 1970.(4)

LE GLOBALISME ET LA MAIN INVISIBLE DU SECTEUR BANCAIRE BRITANNIQUE

Il convient de noter que ce qui a été évoqué jusqu’ici n’a que peu, voire rien à voir avec l’opposition entre « gauche » et « droite » ou avec un affrontement entre capitalisme et socialisme. Ces arguments n’ont servi qu’à détourner l’attention de l’essentiel : le système monétaire actuel, fondé sur le crédit et la dette, est la cause première de la destruction de la véritable démocratie au cours du dernier demi-siècle. Le soi-disant « libre-échange », la déréglementation des marchés financiers et la sacralisation quasi religieuse des « lois du marché » ont fini par transférer le pouvoir et la richesse entre les mains d’une alliance de banquiers obscènement riches et des oligarques qui leur sont associés(5). Ce transfert de richesse et de pouvoir est l’objectif que la City de Londres et ses serviteurs mondialistes poursuivent depuis les années 1970, voire depuis la fin des années 1940(6).

Ainsi, il n’y a rien de mal à ce que des pays cherchent à reconquérir leur souveraineté et leur force propre en tant que nations démocratiques. La volonté de devenir une nation souveraine, produisant ses propres technologies, sa propre énergie, sa propre nourriture et autres biens, n’est nullement incompatible avec le désir de faire du commerce avec d’autres pays ou avec la possibilité pour différentes cultures de se côtoyer et d’apprendre les unes des autres. En réalité, c’est la duplicité de ce que l’on appelle l’agenda globaliste qui a créé de toutes pièces de faux dilemmes entre autonomie nationale et diversité convergente. Cette confusion, entretenue à dessein par les bénéficiaires du système actuel, a engendré des divisions et conduit les citoyens à gaspiller leur temps et leur énergie dans des luttes stériles opposant « gauche » et « droite ».

Il est crucial que chacun prenne conscience de ce qui vient d’être exposé. L’idée selon laquelle le globalisme serait un projet propre à la gauche est une absurdité totale. George Bush fils et ses alliés néoconservateurs de droite — tels que Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz — étaient des globalistes, tout comme le sont Emmanuel Macron, Barack Obama, Joe Biden, Friedrich Merz, les Clinton, Tony Blair et Mark Carney. Leurs objectifs fondamentaux, dérivés de manière bipartisane, ont été les mêmes. Tous ont servi le système bancaire et le complexe militaro-industriel au détriment des électeurs qui les avaient portés au pouvoir. Il est absolument indispensable que les citoyens se délestent de leurs allégeances partisanes fétichisées afin de pouvoir enfin percer à jour ce projet globaliste — criminellement trompeur et d’une cruauté inhumaine — qui a causé tant de ravages pour la vie humaine sur cette planète. (6a)

RENDONS À CÉSAR CE QUI EST À CÉSAR

Il convient de reconnaître ici que c’est sur ce point précis de l’équation que Donald Trump et son administration ont vu juste. Contrairement à ses prédécesseurs à la présidence — sans doute depuis FDR [NdT : Franklin Delano Roosevelt, 32e président des États Unis] —, Trump s’est attaqué au problème fondamental de la désindustrialisation et à la nécessité de reconquérir la souveraineté américaine par le développement industriel, plutôt que de laisser les États-Unis à la merci du système bancaire mondialiste. Trump s’en est pris à la City de Londres, essentiellement en coulisses(7). Son administration a également pris des mesures concrètes et visibles en faveur de la réindustrialisation nationale(8).

Précisons d’emblée : je suis conscient que beaucoup de personnes se situant généralement « à gauche du centre » — comme moi-même — pourraient juger déplorable l’idée que Donald Trump puisse accomplir quoi que ce soit de positif. C’est d’ailleurs ce que je pensais moi aussi auparavant. Or, il est absolument crucial d’abandonner ce mode de pensée infantile et, en fin de compte, autodestructeur. En réalité, c’est précisément cette réticence myope à appréhender la situation dans sa globalité qui est en train de détruire la gauche. Si nous n’y prenons pas garde, notre aveuglement face au nihilisme absurde du projet globaliste nous laissera à la merci d’idéologies pour lesquelles lancer des bombes sur la Russie constitue une bonne idée. Nous nous retrouverions alors exactement au point où nous en étions fin 2024 : au bord de déclencher une guerre mondiale aux côtés de ces fous impérialistes et globalistes qui mènent actuellement l’Europe tout droit vers l’abîme.

À PROPOS DE DONALD TRUMP ET DES FAUCONS MONDIALISTES

Dans l’ensemble, je n’approuve pas la manière dont Donald Trump se comporte en tant que président des États-Unis. Je ne cautionne pas non plus le recours aux menaces ou à la violence par son administration, ni la façon d’une brutalité grotesque dont elle a géré la question de l’immigration aux États-Unis. Il faut toutefois reconnaître que l’approche diplomatique adoptée par Donald Trump vis-à-vis de la Chine, de la Russie et d’autres pays du Sud global — tout comme l’accent mis par son administration sur la réindustrialisation et la coopération mutuelle entre les nations — constitue, à mon sens, la bonne voie à suivre en ce XXIe siècle.

L’autre option consiste à poursuivre la désindustrialisation et à s’engager dans l’absurdité d’une marche vers une guerre mondiale contre la Russie et la Chine, afin de stabiliser des économies occidentales lourdement endettées. Fait stupéfiant, c’est précisément ce que préconisent des responsables politiques, des dirigeants et des experts globalistes tels qu’Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen, Tony Blair, Friedrich Merz, Barack Obama, Keir Starmer et Mark Carney(9).

LA CLASSE POLITIQUE GLOBALISTE

Par ailleurs, si la « gauche » politique actuelle continue d’ignorer la domination antidémocratique croissante du système bancaire ainsi que l’accélération concomitante de la désindustrialisation et de la dépendance nationales, elle cessera bientôt de constituer une option politique crédible, tant en Europe qu’aux États-Unis. À l’heure actuelle, la quasi-totalité de la « gauche » et de la « droite » politiques occidentales agissent comme des instruments de la structure de pouvoir globaliste sous la coupe de leurs donateurs ; elles se comportent en serviteurs du système bancaire. En réalité, ces politiciens globalistes — qu’ils en aient conscience ou non — jouent un rôle qui dépasse le simple statut d’instruments du pouvoir. Le projet globaliste, largement propulsé par les banque de la City de Londres, repose dans une large mesure sur des milliers de milliards de dollars d’« argent occulte » (ou *dark money*) issu du blanchiment, qui transitent en permanence par la City.(10),(10a)

Le côté positif de la situation est que, partout dans le monde, les gens prennent de plus en plus conscience de la duplicité et du caractère criminel du système impérialiste et globaliste actuel. Nous sommes de plus en plus aptes à déceler les postures politiques, les platitudes creuses et la mauvaise foi. Le projet globaliste — violent, alimenté par la dette et antihumaniste — ainsi que ses promoteurs ultra-riches ont largement tiré profit de chaque tragédie et de chaque crise survenues au XXIe siècle jusqu’à présent (le 11 septembre, le krach boursier de 2008, la pandémie de COVID-19, etc.). Cela dit, le globalisme commence enfin à être perçu pour ce qu’il est réellement et ce qu’il a toujours été : une vaste pyramide de Ponzi globale et antidémocratique.(11)

ÉPILOGUE

Comme je l’ai indiqué dans de précédents articles, je suis avant tout un humaniste et un opposant à la guerre, qui fonde son raisonnement et ses écrits sur des principes fondamentaux. Au-delà de l’exposé de la vérité telle que je la perçois — dans une optique visant à surmonter la souffrance humaine et la violence sous toutes ses formes —, mes écrits ne sont dictés par aucune allégeance à un quelconque récit médiatique ni à un parti politique, qu’il soit bleu, rouge, violet ou autre.

Traduction : Evelyn Tischer

RÉFÉRENCES  :

1-https://business.expertjournals.com/23446781-1121/

2-https://www.theguardian.com/news/2018/oct/05/the-finance-curse-how-the-outsized-power-of-the-city-of-london-makes-britain-poorer

3-https://theowp.org/reports/is-globalization-merely-a-facade-of-western-imperialism/

4-https://www.forbes.com/advisor/credit-cards/history-of-credit-cards/

5-https://newsroom.bankofamerica.com/content/newsroom/press-releases/2026/06/bofa-study-finds-longevity-and-accelerating-wealth-transfer-are-.html

6-https://www.pressenza.com/2026/05/the-city-of-londons-ebbing-global-dominati

6a-https://www.newsweek.com/globalization-americas-biggest-bipartisan-mistake-opinion-1693377

7-https://www.youtube.com/watch?v=-6HIPI2g8DA&t=10s

8-https://www.youtube.com/watch?v=IqNHdC9USis

9-https://www.pressenza.com/2026/05/murderers-row-the-banking-city-of-londons-straw-bosses-call-for-war/

10-https://www.sanctions.io/blog/how-london-launders-40-of-the-worlds-dirty-money

10a-https://worldfinancialreview.com/how-london-became-the-capital-of-dirty-money-and-what-we-can-do-to-fix-it/

11-https://www.oxfam.org/en/press-releases/ten-richest-men-double-their-fortunes-pandemic-while-incomes-99-percent-humanity

 

Mark Lesseraux
Mark Lesseraux est un auteur-interprète et chroniqueur de Brooklyn, New York, Etats-Unis. C’est un humaniste, proposant et pratiquant la nonviolence active et un étudiant de la non-dualité.

 

Cet article est initialement paru sur le site de notre partenaire Pressenza le 17 juillet 2026.


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