Censure et liberté d’expression…
par Guy BELLOY
samedi 21 juillet 2012
Ce jeudi en début d’après-midi un braqueur vient d’être tué dans une bijouterie du 7è arrondissement.
Selon les premières investigations, le bijoutier aurait tiré plusieurs coups de feu en direction du malfaiteur qui venait de pénétrer armé dans sa boutique. Celui-ci est décédé sur place.
Le bijoutier âgé de 60 ans a été placé en garde à vue, l’enquête s’attachant à déterminer si le commerçant était ou non en état de légitime défense lorsqu’il a tiré à plusieurs reprises sur le braqueur.
Un membre d’un syndicat de policiers aurait indiqué à la presse qu’à sa connaissance, il n’y avait pas eu échanges de coups de feu.
Rappelons qu’en France, nous ne sommes pas au « Far West » et que la légitime défense est, comme il est normal dans tout état se disant de droit, encadrée par la loi,en l'occurence,
dans notre pays, l’article 122-5 du Code Pénal qui stipule que, pour agir dans le cadre de la légitime défense des personnes, l'agression contre soi-même ou autrui doit être :
- actuelle : le danger est imminent ;
- Injustifiée :
- réelle
- nécessaire : il n'y a aucun autre moyen de se soustraire au danger
- concomitante : la réaction doit être immédiate, par exemple : on ne doit pas agir par vengeance ou dans le but de stopper l'agresseur en fuite
- proportionnée à l'agression : il ne doit pas y avoir d'excès dans la riposte.
Comme d’habitude, les réactions les plus diverses ont commencé à affluer dans les rédactions, la plupart donnant l’absolution à ce bijoutier « courageux ».
Jusqu’où ces internautes peuvent-ils aller ? A la lecture des commentateurs, bien peu ont la moindre notion de Droit et réagissent, comme d’hab’ au « feeling ».
Un seul a attiré mon attention :
· gug
On ne tue pas pour des bijoux qui seront remboursés par des assurances. Ce n'est pas le Far West le 7ème arrondissement. Un bijoutier n'a pas le droit de posséder une arme derrière son comptoir et de tirer. La police est là pour ça. Un homme de 52 ans mort pour des montres et des chaînes de baptême, c'est triste. C'est comme tirer sur un jeune qui vole un poste radio. Il existe une justice, et elle n'appartient pas aux commerçants. de plus, l'effet est inverse, car loin de décourager les voleurs, ce genre de fait divers les rendra plus dangereux. La haine engendre la haine.
Il est effectivement probable que si le bijoutier avait laissé le malfaiteur « se servir », celui-ci se serait enfui avec son butin et aucune mort d’homme n’aurait été à déplorer.
Un commentaire humain et de bon sens donc, qui, de plus, est conforme avec le Code Pénal, (sauf que ce commerçant a le droit de posséder une arme s’il possède un permis, ce qui semble être, sauf erreur le cas).
Avec évidemment le bémol que l'autorisation de détention d'arme n’autorise pas à tirer à vue.
Conclusion : la presse sur Internet est un progrès que personne ne pourrait contester.
Ce qui est dangereux est la « qualité négative » des commentaires affichés.
Question délicate qui va peut-être soulever nombre d’indignations :
Jusqu’où un journal peut-il être permissif ?
A partir de quand doit-il avoir recours à la censure sous peine de laisser s’exprimer des beaufs’ haineux, sans culture et sans âme qui vont peut-être influencer des personnalités « fragiles » ?
En ce qui me concerne, lorsque le sujet traité dépasse le champ de mes compétences, je me borne à émettre un simple avis qui se veut de bon sens avec, comme il se doit, toute la prudence nécessaire.
Force est de constater que nombre de commentateurs n’ont pas cette prudence...
Alors, la liberté d’expression ? Jusqu’où ?