Ces patrons de gauche... ultra-libéraux
par Titustotus
lundi 1er septembre 2014
La nomination du banquier d'affaires Emmanuel Macron à Bercy a permis de lever le voile sur une réalité que l'on se gardait bien de dire au "peuple de gauche". Derrière l'étiquette socialiste se cache parfois des hommes d'argent qui n'ont rien à envier à la bande à Sarko... Jean-Pierre Clamadieu, Denis Kessler, Paul Hermelin : des noms méconnus du grand public mais qui tirent les ficelles de la gauche d'argent.
Un ancien de Rothschild devenu millionaire à trente ans dans une opération de fusion-acquisition où des centaines de postes ont été sabrés pour améliorer les profits des super-riches, nommé ministre de l'Economie ? Seule la frange ultra-libérale la plus dure de la droite française aurait osé ?
Sauf qu'ils osent tout et que c'est à ça qu'on les reconnait... les socialistes. L'hypocrisie est inscrite dans leurs gènes et ils peuvent assurer avec aplomb que la finance est leur ennemi avant de confier les cordons de la bourse de la France à un financier spéculateur sans scrupules.
Et Emmanuel Macron n'est que l'arbre qui cache la forêt de ces belles âmes de gauche qui se vantent de leur sensibilité socialiste dans les journaux tout en gérant d'une main de fer leurs entreprises, cassant les revendications salariales et coupant des postes pour plaire à leurs actionnaires.
Denis Kessler, le patron du groupe de réassurance Scor vient de se faire voter par ses actionnaires une jolie revalorisation salariale avec des émoluments annuels de 5,13 millions d'euros... Un joli pactole qu'il ne doit pas tant à son soutien affiché à François Hollande qu'à son sens du profit.
Des méthodes de cost-killer qui sont même parvenues à choquer l'ancienne patronne du Medef Laurence Parisot qui assure à son sujet qu'il "n'est pas libéral mais ultra-libéral"... Il faut dire que son âme de gauche ne l'empêche pas de demander la fin des 35 heures ou de mater dans l'oeuf toute tentative de dialogue sociale.
Autre patron de gauche ultra-libéral, Jean-Pierre Clamadieu, le PDG du groupe Solvay. Ancien collaborateur de Martine Aubry, Jean-Pierre Clamadieu s'est désormais spécialisé dans la casse sociale et les méthodes de management à l'anglo-saxonne.
Adoré des marchés pour la fusion des groupes Solvay et Rhodia, sa cote de popularité auprès des employés du groupe est moins bonne... Un millier d'emplois sacrifiés, des divisions entières remaniées sans consultation... Et une course à la rentabilité qui le pousse à délaisser les activités les moins rentables.
"On peut lui reconnaître d'avoir recentré Rhodia sur ses points forts, mais Clamadieu, c'est "marche ou crève", selon le syndicaliste Bernard Ughetto. Il dessine un même costume qu'il distribue à tous les étages. Chacun doit rentrer dedans, qu'il ait 20 kilos en trop ou 30 centimètres en moins. Pareil à Solvay : il ne faut pas oublier qu'il a été choisi pour faire le job."
Paul Hermelin a également le profil du patron officiellement de gauche mais dont les méthodes interpellent. Selon lui, "les plans sociaux ne sont pas l'abomination des abominations" ! Heureusement qu'on sait qu'il est de gauche !!!
Ce proche de François Hollande a quelques similudes avec le président de la république et notamment sa capacité rhétorique à faire passer des vessies pour des lanternes. Il assure qu'on peut tout à fait être un patron de gauche à condition d'accepter l'économie de marché.
Et Paul Hermelin n'hésite jamais à trancher dans le gras comme quand il a supprimé 22.000 emplois entre 2002 et 2004.
Et les exemples de ces "patrons de gauche" sont pléthores... Une appellation qui cache en fait une réalité similaire à celle des patrons de droite... voire qui sert à faire passer des couleuvres ultra-libérales.