Clearstream : la bombe atomique !

par Imhotep
mercredi 7 octobre 2009

Tout s’accélère dans cette affaire à tiroirs et explosive qu’est Clearstream. Au-delà de l’affaire de corne-culs de la bataille unipolaire Sarkozy contre Villepin, il y a l’affaire des frégates de Taïwan, des sous-marins de Karachi et le financement occulte de la campagne de Balladur. Tout d’un coup tout semble s’accélérer. Et même les témoins (impliqués par ailleurs dans cette affaire du reste ce que veut ignorer la justice) avec leurs témoignages n’accablent plus Villepin. Au contraire on se rend à l’évidence que la justice a fait une enquête à charge complètement déséquilibrée, frisant l’hystérie.

 Mais au lourd de mon précédent article voici du plus lourd encore.
 
D’abord rappels de quelques faits :
- Lahoud est « traité » par le général Rondot. 1ère aberration celui-ci est cru sur parole et n’est pas inquiété alors qu’il mène une enquête depuis septembre 2003 sur ces listings soit 4 mois avant que Villepin ne soit au courant de cette affaire et que lui aussi ne dénonce personne bien que des dizaines et des dizaines de personnes soient concernées. Pourquoi Rondot a-t-il cru Lahoud ? Pourquoi a-t-il continué à travailler avec lui ? C’est quand même extraordinaire que celui qui dirige celui qui est au cœur de l’affaire ne soit pas inquiété plus que cela !
- son témoignage prouve qu’il n’avertit Villepin qu’en juillet 2004 de la fausseté des listings quand ceux-ci ont été envoyés à la justice en avril 2004, ce qui au contraire prouverait que Villepin ignorait tout. Extraordinaire, non ?
- Michèle Alliot Marie selon ce même témoin était au courant depuis le début de tout, mais la justice s’est refusée à l’interroger et se refuse toujours à l’interroger. Elle non plus n’a pas dénoncé de fameux listing.
- une contradiction majeure entre les déclarations de Lahoud qui affirme avoir modifié les listing dans les bureaux de Bertrand en mars 2004 (témoignage fait après la clôture du dossier qui plus est) et celle de Rondot qui dit qu’en, janvier 2004 (ses carnets) lors de sa réunion avec Villepin ils ont parlé de Boksa. Or Dupont et Dupond croient et l’un et l’autre. Il faut choisir. Si Lahoud a raison Rondot ment et a trafiqué ses carnets. Si Rondot dit la vérité et l’accusation de Lahoud s’effondre. Dupont et Dupond veulent le beurre, l’argent du beurre et la crémière et la crème et la vache et le pré et la ferme.
- Imhad Lahoud a déclaré avoir rencontré Villepin par l’intermédiaire de son beau-frère qui non seulement nie mais accuse Lahoud et la fille d’un proche collaborateur de Squarcini (grand manitou de la police secrète actuelle, nommé par Sarkozy car très proche de lui) d’avoir voulu pirater son ordinateur dans sa société alors que Lahoud en est parfaitement étranger.
- Lahoud a rencontré 17 fois (rien que cela) Pérol, proche collaborateur de Sarkozy notamment de fin février 2004 à mi mars 2004 (listing donné en avril !!), Woerth autre proche de Sarkozy et enfin Emmanuelle Mignon très proche collaboratrice de Sarkozy. Lahoud affirme avoir rencontré deux fois Sarkozy qui dément.
- La femme de Lahoud a été collaboratrice rémunérée de Nicolas Sarkozy fin 2004 !
- Pasqua affirme que Sarkozy était au courant en mars 2004
- Sarkozy prolonge Pons contre toute légalité
- le procureur de la République change d’avis, demande une enquête complémentaire qui n’apporte strictement rien et renvoie Villepin en correctionnel juste après avoir rencontré Sarkozy une ou deux fois à l’Elysée
- Sarkozy publiquement parle de coupable dans ce procès
- Sarkozy bénéficie d’un statut d’immunité qui déséquilibre le droit tout en étant le supérieur hiérarchique du parquet, nomme ses magistrats et est président du conseil supérieur de la magistrature.
- aucun préjudice visible subi par Nicolas Sarkozy : élu dans un fauteuil à la tête de l’UMP en novembre 2004, ministre de l’intérieur en 2005, 2006 et 2007, puis Président de la République. Bien au contraire une couverture médiatique à son profit digne d’une 3è guerre mondiale.
- ne pas oublier ça : Un ancien dirigeant de Clearstream, Ernest Backes, a demandé à être entendu par la juge d’instruction de Charleroi, France Baeckeland, qui enquête sur une plainte visant le milliardaire Albert Frère, estimant que ce dernier pourrait être lié à l’affaire de falsification de listings jugée à Paris, a-t-on appris mardi de sources concordantes. 
 
Coauteur en 2001 avec Denis Robert du livre "Révélations$" mettant en cause la chambre de compensation luxembourgeoise, M. Backes, qui est Luxembourgeois, a indiqué qu’il souhaitait être reçu par la juge Baeckeland, confirmant une information de Challenges.
 
Un représentant d’Albert Frère s’est refusé à tout commentaire. Ernest Backes, qui a affirmé ne rien vouloir dire "avant d’avoir vu un juge", avait écrit début septembre à un homme d’affaires français, Jean-Marie Kuhn. Celui-ci s’est lancé dans une bataille judiciaire contre Albert Frère, dont il dénonce le rôle dans la fusion GDF-Suez. Après avoir vainement tenté de faire ouvrir une enquête en France, il a été à l’origine d’une plainte instruite à Charleroi par la juge Baeckeland. Dans un courrier, que l’AFP a pu consulter, Ernest Backes, qui se dit "prêt à témoigner", prête un rôle au "réseau Frère" dans "la mise en orbite de l’affaire" de dénonciation calomnieuse.
(la libre Belgique)
- La déposition du juge Van Ruymbeke est claire quant à la bonne foi de Gergorin. Mais l’essentiel n’est pas là. C’est extravagant : Le 14 juin, un deuxième courrier arrive. Il concerne des "centaines de noms qui n’ont rien à voir avec les frégates".
"Je le verse au dossier (des frégates, ndlr), tout le monde y a accès", notamment "Thales et ses avocats", dit-il plusieurs fois, évoquant sans le nommer Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy au procès Clearstream.
Ce document mentionne les noms de Jean-Pierre Chevènement, Alain Madelin et Dominique Strauss-Kahn, trois hommes politiques qui ont pris contact avec lui.
"Il y avait un quatrième homme politique que je n’avais pas vu", car il s’agissait des noms "Nagy et Bocsa". "Un enquêteur m’a dit que cela correspondait à l’identité" de Nicolas Sarkozy "ou de son père. Il ne s’est jamais manifesté". (Le NouvelObs) Il faut noter, car c’est d’une importance extrême, c’est que l’un des avocats de Thalès est Thierry Herzog le baveux permanent de Sarkozy - donc une source de plus (et ce dès juin) qui prouve sans doute que Sarkozy était au courant de toute l’histoire très tôt -, et surtout que depuis juin 2003 toutes les parties qui avaient accès au dossier des frégates avaient accès à ce fameux listing ! Extraordinaire ! Toute la place de Paris devait savoir ! A chaque jour on découvre la grande, l’énorme mascarade de la victimisation de Sarkozy, le parcours honteux de la justice aidée en cela par une presse qui ne fait pas son travail.
- Les Dupont et Dupond préfèrent croire Gergorin et deux agents de sécurité travaillant pour une entreprise au service d’EADS et sous les ordres indirects de Gergorin, que 26 témoins du ministère où travaillait Villepin qui les contredisent quant à une visite de celui-là à celui-ci. Du moins n’apparaissent que les témoignages à charge et aucun à décharge. 26 contre 3 !
- Jean-Pierre Raffarin, Michèle Alliot Marie, Dominique Perben et Nicolas Sarkozy ont été au courant de cette affaire au plus tard en juillet 2004 et bien avant pour MAM, Raffarin, Perben (et sans doute Sarkozy aussi). Selon l’article 40 du code pénal tous ceux-ci se devaient de dénoncer à la justice ces faux listings d’autant, comme dit plus haut, que des dizaines de personnes étaient concernées. Ils sont tous passibles de jugement. Un processus de plainte est engagé contre eux. Du lourd !
- Pour les mêmes raisons et le même article du code pénal le général Rondot et le directeur de cabinet de la ministre de la défense, Philippe Marland, devraient être poursuivis, comme tous les hauts fonctionnaires au courant y compris Squarcini.
 
Tout cela est déjà extravagant et n’est pas loin d’un scandale judiciaro-politique d’Etat.
 
Mais voilà qu’au lourd, risque de s’ajouter du plus lourd encore. Dans l’affaire des frégates de Taïwan, l’enquête a dérapé et est allée voir du côté des sous-marins de Karachi. Et là une accusation est ressortie : la campagne de Balladur aurait été financée par des rétrocommissions d’un contrat signé à perte (!) entre la France et le Pakistan avec comme ministre du budget impliqué forcément si cela s’avère, Nicolas Sarkozy, puis François Léotard, le premier Ministre Balladur.
 
Et maintenant l’explosif. Je vous laisse lire avec une très grande attention ce qui suit et vous en tirerez vous-mêmes les conclusions qui s’y adaptent le mieux (Le NouvelObs) :
 
De nouveaux carnets secrets pourraient faire l’objet d’un scandale politico-financier. Le journal Bakchich Hebdo daté du 7 octobre révèle le contenu des cahiers de Gérard-Philippe Menayas, ancien directeur financier de la direction des Constructions navales internationales (DCNI). La DCNI est bien connue pour avoir fabriqué les frégates de Taïwan. Les carnets sont placés sous scellés au pôle financier.
Et que disent ces fameux cahiers ? Ils évoquent des noms de personnalités politiques, de gauche comme de droite. D’Edouard Balladur à Elisabeth Guigou en passant par… Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Ceux-ci auraient perçu des commissions pour l’exécution des grands contrats de la DCN internationale et notamment au moment de la vente de frégates à Taïwan et de sous-marins au Pakistan.
Et par qui passaient, selon l’hebdomadaire, ces commissions ? Les deux "officines luxembourgeoises" – Eurolux et Heine – chargées de distribuer les fonds, auraient transité, pour plus de confidentialité, via… Clearstream. Ces allégations ne sont pour autant "pas vérifiées", temporise Bakchich citant la direction centrale de la police judiciaire.
 
L’Elysée au centre
 
Restent que ces carnets que l’hebdomadaire a pu consulter embarrassent en haut, voire en très haut lieu. Ainsi, Jean-Yves Le Drian, député PS et maire de Lorient à l’époque, est mentionné par Gérard-Philippe Menayas. Mais, surtout, les initiales "NS", pour Nicolas Sarkozy, apparaissent un certain nombre de fois. Et il semblerait que le dossier rende l’Elysée chafouin. Selon les cahiers cités par Bakchich, "Nicolas Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur) aurait envoyé deux émissaires rencontrer (…) l’homme clé des commissions des constructions navales". Ce sont ces confessions, à savoir celles de Jean-Marie Boivin, alias Bacchus, rapportées par Gérard-Philippe Menayas, qui troubleraient le plus la présidence.
 
Quelles suites pour l’enquête ?
 
D’un point de vue judiciaire, l’instruction est aujourd’hui menée par les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin du pôle financier. L’enquête a déjà abouti à plusieurs perquisitions chez des patrons des constructions navales. En revanche, celles menées chez Eurolux et Heine ont fait chou blanc face au niet des autorités luxembourgeoises, affirme Bakchich.
Mais, quelques lignes du cahier de Gérard-Philippe Menayas à propos du patron du parquet de Paris Jean-Claude Marin, sèment le trouble quant à l’avenir de l’information judiciaire : "JC Marin, petit frère, pilote l’instruction, dont il a sérieusement réduit le périmètre". Bref, les éléments embarrassants vont-ils finir aux oubliettes ?
 
En gras ce que je souligne.
 
Vignette : Wikipédia bombe atomique

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