Comment le capitalisme rentier rend caduque la vision libérale et capitaliste en France ?

par Dos santos
samedi 4 mars 2017

La question majeure qui oriente les politiques économiques de notre monde, et en particulier de la France, est comment faire pour améliorer la croissance ?

La croissance pour un meilleur niveau de vie pour tous, une richesse globale plus grande, plus d'emploi, plus de satisfaction, plus de possibilités, plus de moyens pour lutter contre les défis de notre époque (climat, modernité, ...) bref plus de bonheur. Je souhaite préciser cela car les amateurs de la décroissance assimilent croissance à malheur alors que croissance devrait justement représenter l'inverse.

 

Deux stratégies s'opposent alors : 

Ces deux politiques ont leur atouts et leurs faiblesses. Certains croient en un savant mélange des deux. Dans tous les cas, elles n'ont pas cessé d'animer le débat durant de nombreuses années car elles sont toutes les deux légitimement défendables sur leurs aspects théoriques. En pratique ce n'est pas le cas. 

Il y a notamment une chose qui fait pencher la balance en France plus encore qu'ailleurs de telle manière que la comparaison n'est pas possible avec nos voisins : Le capitalisme français est rentier. 

Ce qui veut dire que la stratégie des grands investisseurs français, qui domine la production française, est celle de soutirer un maximum d'argent des sociétés françaises et non pas de réinvestir cet argent dans le développement de ces sociétés. Ce réinvestissement pouvant prendre diverses formes : à travers de la recherche, une augmentation des salaires des employés, la création d'emplois, l'amélioration des services, etc. Or, le fait de réinvestir les dividendes est la clé de voute de la théorie "on insuffle par le haut" ! Sans cela, elle ne tient pas !

Ces grands investisseurs, en plus des étrangers, ce sont notamment 500 grandes familles de France directement affiliées à l'ancienne bourgeoisie (voire même pour certaines à la noblesse) et les banques privées (appartenant aussi finalement à ces 500...).

On pourrait arguer par exemple que ces grandes entreprises ne sont pas nécessairement celles qui pèsent le plus sur l'emploi et c'est vrai ! C'est sur les PME que repose la majeure partie de l'emploi et de la production. Mais une chose qu'il ne faut pas oublier c'est que ces PME sont en majorité les sous-traitantes de ces grandes sociétés. Si ces grandes sociétés n'ont pas une politique de développement et de réinvestissement des dividendes, il est logique que les carnets de commande des PME se retrouvent amoindris, qu'elles soient obligées de licencier, etc. (NB : Ces PME demandent alors plus de flexibilité pour licencier pensant que c'est là LA solution alors qu'il s'agit d'un remède sur les conséquences et non sur les causes du mal).

​Alors une solution que certain proposent serait de créer un système équivalent aux fonds de pension ou au fonds souverain. C'est à dire, créer un ou plusieurs fonds qui seraient constitués des épargnes des francais. Soit de l'épargne choisie, celle que l'on va cotiser auprès d'un organisme privé en vu d'une redistribution (système fonds de pension) ou une épargne "obligatoire" prélevée directement par les impôts (système fonds souverain). L'idée serait que ces fonds entreraient en concurrence avec ces grands investisseurs, rachèteraient une partie des parts des grandes sociétés et permettraient de rendre au peuple une partie des dividendes substitués à l'économie francaise ou pourraient influencer les stratégies de développement court-termiste des-dites sociétés.

Il y a cependant un grand problème à ce système, en cas de crise, les citoyens perdraient leur épargnes. Finalement cela voudrait dire jouer en bourse notre épargne, certains y sont prêts d'autres pas. Mais difficile de nous y obliger. Autant les grands investisseurs ont des parachutes grâce à leur patrimoine, des parts dans sociétés à l'étranger ou encore dans des sociétés françaises "too big to fail", autant le citoyen lambda n'a que son modeste revenu mensuel. Le niveau de risque n'est donc aucunement le même. Et on ne peut pas faire l'erreur de légitimer l'argent gagner par ces investisseurs par le niveau de risque auquel ils s'engagent, il est très faible pour eux. Ils s'échinent à n'être que plus ou moins riches mais en aucun cas pauvre !

 

Finalement, quelle solution reste-t-il  ? Comme on vient de le voir, nous ne pouvons pas nous battre à armes égales. Il ne nous reste que le pouvoir politique, car il peut potentiellement forcer un changement dans ce système. 

Il faut cependant que les citoyens le comprennent, que les gens votent pour ceux qui luttent contre ce système et arrêtent de ne s'intéresser qu'au côté people, buzz des débats politiques. 

 

Par souci de transparence, je m'avoue être pour le candidat Mélenchon. Je le considère comme le seul candidat réellement élligible qui propose un renversement de l'ordre établi à la faveur de la majorité. 

Je me suis inspiré d'ailleurs de la rencontre de deux économistes autour du programme économique de JL Mélenchon que vous pourrez trouver en tapant : "La relance économique proposée par Jean-Luc Mélenchon a-t-elle une chance de réussir ?​" sur Youtube.


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