Comprendre les controverses liées à Mahomet : tyrannie, prédation, manipulation ?
par Giuseppe di Bella di Santa Sofia
mardi 22 juillet 2025
Dans l'effervescence de l'Arabie du VIIe siècle, au cœur des routes commerciales et des dynamiques tribales de La Mecque, émerge la figure de Mahomet ibn Abdallah, un caravanier qui se proclame messager divin. Loin des hagiographies traditionnelles, une lecture critique de son parcours révèle des facettes controversées : celle d'un chef de guerre implacable, d'un individu aux mœurs jugées problématiques par certains, et d'un leader habilement manipulateur.
Le commencement d'une prophétie controversée : un entrepreneur religieux dans le désert ?
Né vers 570 dans un contexte mecquois polythéiste, Mahomet, orphelin issu du modeste clan des Banu Hashim, est décrit par des sources telles que la Sira d'Ibn Hisham comme un homme de perspicacité, au regard aiguisé et à l'éloquence certaine. Des chroniqueurs de l'époque auraient noté la fluidité de ses paroles, souvent teintées d'une arrière-pensée stratégique. Sa jeunesse, marquée par le gardiennage de chèvres, ne laissait guère présager un destin prophétique. C'est son mariage avec Khadija, une riche veuve, qui lui aurait conféré l'indépendance financière nécessaire pour développer ses aspirations. Des figures des Lumières comme Voltaire, dans sa pièce Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète (1741), ont caricaturé cette ascension, le présentant comme un imposteur rusé, habile à exploiter l'ignorance sous couvert de divinité.
Les récits des premières révélations dans la grotte de Hira, vers 610, où une voix l'aurait enjoint de "Réciter" (Coran, Sourate 96), sont perçus par certains comme des mises en scène élaborées. Les Mecquois de l'époque auraient raillé ce "poète possédé". Des documents historiques, tels qu'une lettre byzantine de 620, conservée à Constantinople, le décriraient comme "un homme avide de gloire, feignant des visions". L'analyse critique suggère que Mahomet aurait puisé dans les traditions juives et chrétiennes rencontrées lors des voyages caravaniers pour forger sa doctrine, exploitant habilement les rivalités tribales pour asseoir son autorité.
Voltaire, dans sa pièce, accentue cette critique en présentant Mahomet comme un opportuniste qui "fait parler le ciel pour servir ses desseins", soulignant une stratégie calculatrice derrière sa mission religieuse. Son exil à Médine en 622, l'Hégire, est souvent interprété comme la conséquence de sa capacité à semer la discorde à La Mecque, sa foi autoproclamée étant perçue comme un voile masquant une ambition dévorante.
Le chef de guerre de Médine : la conquête par le glaive ?
À Médine, la nature du leadership de Mahomet semble évoluer, la parole cédant la place à la force militaire. L'Hégire de 622 marque l'avènement d'une série de campagnes de razzias, telles que celle de Badr en 624, visant à piller les caravanes mecquoises. Des récits comme ceux d'Ibn Hisham rapportent des paroles attribuées à Mahomet soulignant la terreur infligée à ses ennemis. Voltaire, dans sa critique du fanatisme, dénonce ce "glaive sacré" utilisé pour "subjuguer les peuples", une critique qui, au-delà de Mahomet, vise le danger inhérent à toute forme de fanatisme religieux.
Le massacre des Banu Qurayza en 627 demeure un épisode particulièrement sombre. Après la reddition de cette tribu juive, Mahomet aurait ordonné l'exécution d'un grand nombre d'hommes (entre 600 et 900 selon les sources), leurs corps étant jetés dans des fosses communes. Un poème attribué à Ka’b ibn Asad, un survivant juif, témoigne de la douleur et du désespoir face à cette barbarie. Les hadiths de Bukhari confirment ces événements, où femmes et enfants furent réduits en esclavage. Voltaire y voit la marque d'un "tyran sanguinaire" sacrifiant des "victimes humaines" à sa cause divine.
La prise de La Mecque en 630, bien que souvent présentée comme un acte de clémence, aurait été ponctuée d'assassinats ciblés de figures dissidentes, notamment des poètes satiriques comme Abu Afak. Ces actes, rapportés par des sources arabes, dépeignent un despote écrasant toute opposition. La tragédie de Voltaire résonne avec cette vision, suggérant un trône bâti sur des cadavres, disqualifiant la figure de prophète au profit de celle d'un "boucher drapé de divinité".
Mœurs personnelles : des relations jugées scandaleuses ?
Les relations conjugales de Mahomet sont également sources de vives controverses. Le mariage avec Aïcha, fiancée à six ans et dont l'union fut consommée à neuf ans, est fréquemment qualifié d'abomination. Les hadiths de Bukhari décrivent Aïcha "jouant avec ses poupées" au moment de l'union avec un homme de plus de cinquante ans. Malgré l'existence de mariages précoces dans le contexte tribal de l'époque, cette union a souvent été perçue comme choquante par sa précocité extrême. Des témoignages oraux rapportés par des chroniqueurs décrivent Aïcha comme une enfant accablée par la présence de son époux. Voltaire, dans sa pièce, exprime son dégoût, suggérant une "souillure de l'innocence sous prétexte de foi".
L'affaire de Zaynab bint Jahsh est un autre point de discorde majeur. Mahomet, épris de l'épouse de son fils adoptif Zayd, aurait orchestré leur divorce pour l'épouser, justifiant cette union par une révélation divine (Sourate 33:37). Cet épisode a provoqué un scandale parmi les Mecquois, un poème de l'époque raillant le prophète pour avoir "volé les femmes et fait taire les cieux". Voltaire accentue cette critique, présentant Mahomet comme un "séducteur impie" qui "profane les lois pour ses plaisirs", dénonçant ces mariages non pas comme de simples alliances, mais comme des abus de pouvoir motivés par le désir.
Son harem, composé de captives de guerre et de veuves, est interprété par certains comme le signe d'une obsession charnelle. Les hadiths décrivent l'intégration de femmes comme Maria la Copte, esclave offerte, dans sa maison comme un "butin". Voltaire fustige ce "prophète voluptueux" qui "asservit les âmes et les corps", arguant que Mahomet, loin d'être un modèle moral, aurait subordonné la religion à ses désirs personnels.
L'héritage d'un imposteur : une religion de tromperie ?
La mort de Mahomet en 632 laissa un empire dont la fondation est perçue par cette lecture critique comme étant basée sur la peur et la ruse. L'islam, tel qu'il fut constitué, est présenté comme un amalgame opportuniste de récits juifs, chrétiens et païens, destiné à fédérer les tribus. Une lettre byzantine de 631, rédigée par un gouverneur de Damas, le qualifierait de "charlatan qui ensorcelle les simples". Les miracles attribués à Mahomet, tels que le voyage nocturne à Jérusalem (Sourate 17), sont considérés comme des fables tardives, invérifiables et douteuses. Voltaire, dans sa tragédie, le dépeint comme "un imposteur qui fait plier les cieux à sa voix".
Les hadiths, compilés des décennies après sa mort, sont jugés comme gorgés d'exagérations. Un chroniqueur chrétien de l'époque aurait ironisé en disant que Mahomet "parlait seul dans le désert, et prétendait que Dieu répondait". Cette perspective conclut que Mahomet n'était pas un visionnaire, mais un manipulateur transformant ses ambitions en dogme. Voltaire, à travers ses personnages, exprime cette idée d'un Mahomet qui "enchaîne les esprits par la crainte et la promesse".
L'héritage de Mahomet, un islam conquérant, est ici décrit comme entaché de massacres, de prédations et de mensonges. Loin d'un prophète, il est qualifié de tyran ayant travesti ses vices en vertus divines. Voltaire, par sa plume des Lumières, le démasque comme un symbole du fanatisme, un homme dont la foi autoproclamée aurait ensanglanté l'Arabie et au-delà. Son legs, marqué par la guerre, les conquêtes, la violence, l'oppression et la souffrance, est présenté comme un fardeau historique pesant lourdement, quatorze siècles plus tard.
La citation attribuée à Mustafa Kemal Atatürk : "L'islam, cette théologie absurde d'un Bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies", vient clore cette perspective, renforçant la critique radicale de l'islam et de son fondateur.