Comprendre pourquoi la fin de guerre en Ukraine est déjà actée par des accords non-dits entre Trump et Poutine. Psychologie de l’inconscient
par Hamed
mardi 26 août 2025
Comment comprendre la guerre en Ukraine ? Comment va-t-elle se terminer ? Rien n’indique que l’armée ukrainienne pourrait changer le rapport des forces, un vœu pieux compte tenu des rapports de forces entre une grande puissance nucléaire et une puissance moyenne non nucléaire. Une guerre presque sans mouvement, certes quelques prises d’agglomérations ukrainiennes par la Russie, mais la résistance de l’armée ukrainienne reste solide grâce à l’apport en armements que lui livre l’Occident.
Pour comprendre la guerre en Ukraine, il faut partir d’une approche qui prend en compte le sens de l’humain dans tout ce qui fait son existence. Pour cela, nous prendrons deux situations vécues et, par ces situations, nous essaierons de cibler les parties responsables de cette guerre et chercherons à comprendre pourquoi la situation bloque en Ukraine, et pourquoi il y a impasse. Et si cette impasse n’est qu’apparente, et qu’en fait le conflit russo-ukrainien est sur la voie de la solution.
La première situation vécue m’a été racontée par un camarade de travail qui m’a confié qu’il lui arrivait de temps en temps des choses bizarres qu’il ne comprenait pas. Ces choses bizarres, c’était lorsqu’il lui arrivait de prendre sa voiture et de parcourir des distances de 100, 200 kms sans qu’il prenne conscience de ce qu’il faisait, et ce n’est qu’arrivé à une ville ou à un endroit qu’il reprenait conscience, se demandant ce qu’il faisait dans ces lieux. Il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, et pourquoi il se trouve à sortir de chez lui, ou d’ailleurs, et qu’il se met à parcourir en voiture plus de 100 km, dans un état inconscient.
Cela lui était arrivé plusieurs fois, et à n’importe quelle heure. Je comprenais ce que mon camarade me disait mais je n’avais aucune réponse à lui fournir. Ce n’est que plus tard que je suis arrivé à avoir une réponse sur ce phénomène qui est une perte de conscience par somnambulisme.
En fait, dans le somnambulisme, l’être humain n’est pas éveillé ; il est dans un état inconscient où le corps agit comme s’il était éveillé ; son conscient de ses mouvements étant absent, il est remplacé par son inconscient ; son cerveau qui commande sa marche est activé directement par l’inconscient ; et c’est une réalité. En effet, l'inconscient, en tant que processus psychique et neurologique, agit sur le cerveau dans la production de nombreuses actions, qui influence notre corps sans que nous en ayons conscience ; par exemple, les fonctions autonomes comme le battement de cœur, la respiration… Et tout s’opère inconsciemment dans notre corps.
Et même dans l’état de conscience, on croit être conscient, mais en fait c’est l’inconscient, en tant qu’instance centrale dans le processus et réalité psychique, qui influence et façonne la conscience ; on peut même dire qu’il est l’ordonnateur suprême de notre conscience. On comprend alors qu’à l’état inconscient, comme dans le somnambulisme, l’inconscient prend totalement le relais de la conscience qui est absente. C’est une réalité sinon quelle force psychique pourrait être à l’origine de ce qui se passait dans le cerveau de mon camarade lorsqu’il parcourait des centaines de kilomètres dans un état absolument non éveillé, endormi, inconscient. Pourtant, il avait les yeux ouverts ; en conduisant sa voiture, il faisait attention aux virages, aux voitures qui venaient en sens inverse, etc., donc il raisonnait comme s’il était conscient alors qu’il ne l’était pas. Force de dire que la raison n’a pas tout à fait disparu ; seule la conscience était absente.
Un être humain peut être de raison mais sans conscience ; bien sûr le somnambulisme est un cas extrême.
La deuxième situation vécue est rapportée par le journal Le Parisien, le 03 septembre 2018.
« La gare de Combs-la-Ville a été le théâtre d'un drame du désespoir ce lundi en milieu de matinée. Vers 10 h 30, en pleine gare de la ligne RER D, une mère de famille âgée de 30 ans s'est jetée sur la voie ferrée à l'arrivée d'un train. Elle tenait dans ses bras un bébé, un petit garçon qui serait âgé d'un mois. Percutés par une rame, ils sont décédés tous les deux sur le coup.
L'alerte a été immédiatement donnée. La gare a été évacuée puis fermée pour les besoins de l'enquête ouverte dans la foulée. Des policiers et des agents SNCF sont intervenus sur les lieux du drame. Selon les derniers éléments du dossier, la thèse du suicide est privilégiée. L'enquête a été confiée au commissariat de police de de Moissy-Cramayel.
« La famille est nouvellement arrivée dans la commune. La victime a d'ailleurs accompagné son fils aîné à l'école pour qu'il fasse sa rentrée », témoigne Guy Geoffroy. Le maire de Combs-la-Ville s'est rendu sur les lieux de l'accident.
« Le train a été immédiatement arrêté après le choc, raconte Roseline Sarkissian, conseillère régionale (PS) d'Ile-de-France qui était présente dans la rame de la ligne R, entre Melun et Paris. Nous avons attendu une heure avant de repartir et de descendre en gare de Boussy-Saint-Antoine (Essonne). » (1)
Que peut-on dire de cet acte de suicide ? Le geste désespéré d’une femme touchée gravement sur le plan affectif. Son libre arbitre était-il conscient ? Elle a certainement vécu une situation affective douloureuse qui l’a beaucoup éprouvée, et très probablement avec une personne chère qui était toute pour elle. Et probablement, ça ne marchait pas entre eux. Une situation qui a créé un vide affectif, un état dépressif et, à la fin, a dégénéré en elle, provoquant une perte de goût pour son existence, ce qui l’a poussé à mettre fin à son existence.
Cette situation de désespoir qui a fini par la mort de la jeune femme ressemble beaucoup au cas de somnambulisme de la première situation qu’a vécu mon camarade de travail. Pour ruminer ses pensées, dans ce processus dépressif en elle, et son désir de se tuer, c’est que la jeune femme perdait de plus en plus la réalité, ne voyait plus que sa mort pour mettre fin à ses souffrances.
En fait, tout s’opérait en elle à travers son inconscient qui lui inspirait son conscient. Et, à la fin, sa décision était prise pour mettre fin à son calvaire, « se donner la mort ». On peut se poser la question : « Comment, dans sa conscience, elle n’a pas eu peur de mourir, de se jeter sur la voie ferrée, et donc aller vers une mort affreuse, se trouvant « déchiquetée par une rame de train ? » La seule réponse qui vient et logiquement pensée est que la jeune femme n’était pas tout à fait consciente ; l’inconscient prenait force en elle, la rendant de plus en plus inconsciente. Et le sentiment de peur qui l’aurait certainement empêchée d’aller vers une mort aussi affreuse était absent.
Un processus inconscient s’est donc enclenché en elle et c’est lui qui a ordonné sa mort, c’est lui qui l’a poussé vers la mort. Ce qui nous fait dire que, le matin du suicide, elle n’était pas consciente de ses actes ; la peur totalement absente, elle a avancé, comme une automate, comme une somnambule, après avoir accompagné son fils aîné à l'école, et donc tout était raisonné mais, sans qu’elle en ait conscience, s’est dirigée vers la gare de la ligne RER D, et vers 10 h 30, avec son bébé dans ses bras, elle s'est jetée sur la voie ferrée à l'arrivée d'un train. Et c’est ainsi, en se tuant, qu’elle a mis fin à ses souffrances. Sa mort, un destin inévitable, même si l'acte de mourir venait d’elle.
Nous avons vu ce qui se passe dans l’inconscient d’un somnambule, dans l’inconscient d’une suicidée, on peut dire qu’il s’opère, dans leur inconscient, un « programme déjà préétabli qui ne demande qu’à être exécuté, et effectivement il est exécuté par une raison qui existe en eux mais qui est inconsciente ». Et cet inconscient et ce programme préétabli va au-delà de l’humain. En effet, l’inconscient et ce qui suit pour la conscience suggère une « dynamique fondamentale, faisant partie d’un programme universel qui dépasse l’existé de l’humain ».
Cette idée est déjà affirmée par la psychanalyse freudienne qui postule que l'inconscient, composé de désirs refoulés et de pulsions, est une force puissante qui influence nos actions sans que nous en soyons conscients, et qui peut aussi bien être vue comme une part de notre psychisme que comme une force universelle. Donc une dynamique universelle existe qui n’est pas uniquement propre à un humain mais répond à des dynamiques universelles propres à chaque humain.
Après ce développement sur le conscient et l’inconscient, regardons ce qui se passe au niveau de la pensée des dirigeants européens, américains et russe et de la situation de guerre en Ukraine. Nous laisserons de côté la guerre à Gaza, et essayerons de l’aborder dans une autre analyse.
La guerre en Ukraine dure depuis exactement, trois ans et demi, aujourd’hui, nous sommes le 23 août 2025. La question qui se pose : « Comment cette guerre se terminera-t-elle ? » La fin de la guerre paraît « insoluble » tant l'opposition est radicale entre les parties : l'Ukraine exige l'intégrité de son territoire, tandis que la Russie souhaite imposer un contrôle sur des régions de l'Ukraine, acceptant toutefois à rendre certains petits territoires occupés à l’Ukraine.
Il y a, cependant, un espoir avec l’élection du nouveau président américain, Donald Trump. Depuis son investiture le 20 janvier 2025, il a déclaré qu’il mettra fin à la guerre en Ukraine ; et lors de sa campagne, il avait affirmé « qu’il la règlera en vingt-quatre heures. »
Le président Donald Trump tranche avec les présidents américains passés ; il est d’une autre stature ; il se présente comme un homme d'action, qui prend des risques, qui est moins préoccupé par la défense de l’homme, de la liberté, de la démocratie. Il cherche aussi rendre la grandeur des États-Unis. Comme il le dit : « And we will make America great again. En français : « Nous allons rendre sa force à l'Amérique. Nous allons rendre sa fierté à l'Amérique. Nous allons rendre sa sécurité à l'Amérique. Et nous allons rendre sa grandeur à l'Amérique ».
Dès son investiture, il avait promis les « 100 premiers jours les plus extraordinaires de toute présidence dans l'histoire américaine » et ils n'ont en effet laissé personne indifférent. Jugé imprévisible ou machiavélique, Donald Trump n'a cessé de bousculer l'ordre mondial, entre guerre commerciale, dossier ukrainien et dossier palestinien (Gaza).
Rappelons que Donald Trump, entre autres déclarations complètement bizarres mais néanmoins très risquées et explosives, a affirmé sa volonté « d’acheter le Groënland », un vaste territoire très riche en minéraux et en matières premières combustibles et appartenant au Royaume souverain du Danemark, qui fait partie des Nations-Unies et qui est, rappelons-le également, un des membres fondateurs de l’OTAN.
De même, Trump a affirmé vouloir « prendre le contrôle » de la bande de Gaza pour la transformer en « Riviera », mais après avoir déplacé les Palestiniens ailleurs. Dans le Nouvel Observateur, un article du 26 février 2025 qui pour titre « Trump partage une vidéo générée par l’IA de son projet clinquant et mégalomane pour Gaza », donne le plan pensé par Trump :
« Ce clip montrant le territoire palestinien en station balnéaire est rapidement devenu viral ce mercredi.
Une statue géante en or massif à son effigie au centre d’un rond-point, son acolyte Elon Musk dansant sous une pluie de dollars, des gratte-ciel, des yachts et même des danseuses du ventre barbues : telles sont les images visiblement générées par l’intelligence artificielle partagées par Donald Trump sur son réseau social, mardi 25 février, pour illustrer son projet pour Gaza. Voyez-en des extraits dans notre vidéo en tête d’article.
« Donald vient vous libérer pour apporter la lumière », disent les paroles de la chanson accompagnant ce clip en total décalage avec la situation humanitaire et sanitaire désastreuse dans le territoire palestinien.
Postée d’abord sur la plateforme de Donald Trump, Truth Social, la vidéo a ensuite été partagée sur son compte Instagram où elle comptait plus de 16 millions de vues ce mercredi après-midi. Si des internautes s’interrogeaient sur un possible piratage des comptes du président américain, elle n’a fait l’objet jusqu’ici d’aucun démenti.
Dans ce clip de 33 secondes intitulé « Gaza 2025 - What’s next ? », des enfants émergent d’un paysage en ruines pour ressortir sur une plage bordée de gratte-ciel où Elon Musk déguste une spécialité locale en toute décontraction.
« Riviera du Moyen-Orient »
Le leader de la première puissance économique mondiale est omniprésent dans cette station balnéaire, avec notamment la mention d’un palace nommé « Trump Gaza ». Au bord de la piscine de cet hôtel, son avatar en maillot de bain sirote un cocktail en compagnie d’un Benyamin Netanyahou tout aussi virtuel.
Cette vidéo surgit trois semaines après la première évocation par le président des Etats-Unis de sa volonté de prendre le contrôle du territoire palestinien dévasté par plus de quinze mois de guerre entre Israël et le Hamas palestinien, et par le déplacement de ses 2,4 millions d’habitants en Jordanie et en Egypte.
Donald Trump dit vouloir faire de ce territoire, dont la reconstruction est estimée à plus de 53 milliards de dollars par l’ONU, la « Riviera du Moyen-Orient ».
Soutenu par Israël, le projet du locataire de la Maison-Blanche a suscité une volée de critiques internationales, notamment des pays arabes qui ont rejeté unanimement toute perspective de déplacement des Palestiniens hors de Gaza.
Alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 19 janvier dans le territoire palestinien, l’Egypte, la Jordanie et des pays du Golfe ont tenu vendredi un sommet « informel » à Ryad, pour discuter d’un plan alternatif à ce projet. » (2)
Que peut-on dire du caractère de Donald Trump ? Force de dire que son caractère étonne, mais Trump est ainsi. Sur la psychologie de l’être, le caractère conscient se rapporte à la capacité de l’être à se connaître, ce qu’il est et donc son identité, sa situation, ses actions, et sur ce plan, Trump est tout à fait normal ; et surtout il se sait qu’il est à la tête de la première économie du monde, dotée du plus imposant appareil militaire au monde, incluant le plus important arsenal nucléaire. Dans un certain sens, par cette fonction présidentielle, il se sent l’homme le plus puissant du monde. Et ça joue dans ses prises de décision.
Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que le caractère conscient de Trump dépend de son inconscient que non seulement il ne connaît pas mais échappe à sa conscience ; et cet inconscient contient tout ce qui a trait à son existence, et donc tous les souvenirs enfouis, ses désirs refoulés, ses pulsions qui le caractérisent spécialement lui et qui influencent ses comportements et ses pensées.
Comme l’a défini Freud, l'inconscient est une vaste partie du psychisme, inconnue de la conscience, qui influence fortement nos pensées, désirs et comportements. Il est le réservoir des pulsions et des désirs refoulés, agissant comme une force dynamique qui détermine une grande partie de notre vie psychique, contrairement au conscient qui est l’émanation de l’inconscient ; précisément, c’est par lui que le conscient en grande partie a prise sur soi et sur son existant.
Aussi, si Trump est extravagant, ou considéré mégalomane, il le doit à son inconscient ; Trump, en réalité, ne prend pas conscience pourquoi il affirme cette promesse que les « 100 premiers jours seraient les plus extraordinaires de toute présidence dans l'histoire américaine » ; il le dit simplement et il en est convaincu. Cela relève de sa conscience qui est directement dépendante de son inconscient.
De quand il déclare « d’acheter le Groënland », ou de faire de la bande de Gaza la « Riviera du Moyen-Orient », en fait, par sa volonté, il affirme une volonté de puissance qui est innée en lui. La volonté de puissance ne vient pas de la conscience ; elle se situe au-delà du vouloir conscient. Et c’est son inconscient qui souffle à Trump ses idées de volonté puissance selon ce qu’elle est en lui, selon la force de volonté de puissance en lui. Chaque être humain possède un niveau de volonté de puissance, qui est une pulsion fondamentale et naturelle d'accroissement et de dépassement dans la vie de chaque être, et ce niveau varie en fonction de la constitution de chaque être et de ses rapports aux forces qui le traversent dans le cours de son existence.
Enfin, sur un autre contexte de pensée, Trump affirme que s’il met fin à la guerre en Ukraine, il espère aller au Paradis. Que peut-on dire de cette déclaration ? Lisons ce qu’écrit Le Figaro à ce propos :
« Le président américain avait déjà laissé entendre qu’il voulait mettre fin au conflit qui oppose la Russie et l’Ukraine pour se voir décerner le prix Nobel de la paix, qu’il pense mériter.
Donald Trump a estimé ce mardi 19 août qu'obtenir un accord de paix en Ukraine pourrait « l'aider à aller au Paradis », plaisantant sur le fait que ses chances d'y accéder sont actuellement faibles. Le président américain, âgé de 79 ans, avait déjà laissé entendre qu'il voulait mettre fin à la guerre en Ukraine pour se voir décerner le prix Nobel de la paix, qu'il pense mériter.
Mais au lendemain de la visite à la Maison-Blanche du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et de plusieurs dirigeants européens pour trouver une issue au conflit avec la Russie, il a confié avoir aussi des motivations moins prosaïques. « Je veux essayer d'aller au Paradis si possible », a-t-il déclaré à « Fox & Friends », une émission de Fox News, chaîne qui a les faveurs des conservateurs américains. « J'entends dire que je ne suis pas bien placé, que je suis vraiment au bas de l'échelle ! Mais si j'arrive à aller au Paradis, ce sera l'une des raisons », a-t-il jugé.
Un ton mystique après avoir survécu à une tentative d’assassinat
Marié trois fois et mis deux fois en accusation par le Congrès américain (« impeachment »), Donald Trump n'a rien d'un saint. Le milliardaire républicain a été impliqué dans un certain nombre de scandales au fil des ans et est le premier président américain à avoir été condamné au pénal, pour des paiements dissimulés à une star de films X.
Mais il a adopté un ton de plus en plus mystique après avoir survécu l'an passé à une tentative d'assassinat. Lors de son investiture en janvier, il avait ainsi affirmé avoir été « sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l'Amérique ». Bénéficiant du plein soutien de la droite religieuse américaine, Donald Trump cherche à apparaître plus pieux que lors de son premier mandat.
Il a nommé une conseillère spirituelle officielle, Paula White, qui a dirigé plusieurs prières collectives au cours desquelles les participants posaient leurs mains sur lui lors d'événements à la Maison-Blanche. La porte-parole de la Maison-Blanche a estimé ce mardi que « le président était sérieux » quand il a fait cette déclaration sur l'Ukraine. « Je pense que le président veut aller au Paradis comme, j'espère, nous le voulons tous dans cette salle », a déclaré aux journalistes Karoline Leavitt, qui elle-même organise des prières avant ses conférences de presse. » (3)
Donc « sauvé par Dieu pour rendre sa grandeur à l'Amérique, acheter le Groënland, faire de Gaza une Riviera du Moyen-Orient, mettre fin à la guerre en Ukraine lui vaudrait peut-être d’aller au Paradis », relèvent tous de son inconscient qu’il ne commande pas. Et c’est précisément là l’intérêt de Trump dans sa réélection dans la marche de l’histoire. Un espoir pour qu’il mette fin à la guerre en Ukraine qui a trop duré et qui est dans l’impasse.
Enfin, un point essentiel à souligner, l’inconscient peut être parfaitement rationnel comme il peut ne pas l’être, selon le contexte, selon les désirs refoulés et les pulsions irrationnelles. Mais il reste que des mécanismes inconscients qui, bien qu'automatiques, peuvent être « rationnels » dans le sens où ils sont adaptatifs et contribuent au bon fonctionnement de l'individu ; ces mécanismes inconscients sont impératifs dans la vie communautaire et sociale.
Justement, dans l’élection de Donald Trump, en novembre 2020, le président russe Vladimir Poutine y a vu un bon présage pour la fin de la guerre en Ukraine. Poutine est convaincu que « Trump, comme il l’a annoncé, « veut mettre fin à la guerre en Ukraine ». Point besoin de parler de l’inconscient de Poutine, par sa conscience confortée par son inconscient, il est convaincu que Trump, depuis son élection, travaille pour mettre fin à la guerre en Ukraine, et ne cesse de planifier des rencontres, d’imposer ses vues bien qu’il se heurte à ses alliés européens, qui eux veulent que la Russie quitte les régions de l’Est de l’Ukraine qu’elle occupe.
Les dirigeants européens sont aussi mus par leurs inconscients respectifs mais leur inconscient, au sens jungien, est « collectif ». Les pays d’Europe ont une longue histoire, depuis les empires coloniaux qui ont duré plusieurs siècles aux deux guerres mondiales. Et ce qu’elle est devenue après la décolonisation et l’émergence de nouvelles grandes puissances, l’Europe parfois qualifiée de « Vieux continent », malgré son Union européenne à 28 puis 27, pèse peu dans le balancier des grandes puissances ; ce sont les États-Unis à travers l’Organisation Atlantique Nord (OTAN) qui la soutiennent militairement.
Certes, l'Europe des 27 représente une puissance économique et commerciale de premier plan, rivalisant avec les États-Unis et la Chine comme superpuissances dominantes, la Russie cherchant à conserver sa position d'ancienne superpuissance, et l'Inde émergeant comme une puissance potentielle. L’Europe n’en continue pas moins de tenter de peser par des alliances, des sanctions et des stratégies économiques sur le comportement des autres ; ce qui est normal au regard de l’héritage de l’histoire. Mais, en faisant front par leur inconscient collectif, les dirigeants européens, s’ils n’ont pas le soutien des États-Unis, ne peuvent peser sur le cours de la guerre en Ukraine.
Et là nous entrons directement dans le processus de fin de guerre en Ukraine comme nous le pensons « déjà acté par des accords non-dits » entre Trump et Poutine. Ce sont les événements passés et à venir qui arrêteront la guerre. Qu’en est-il ?
Pour comprendre, prenons le mois de juillet 2025. Trump avait lancé un ultimatum à Poutine, le 14 juillet 2025, sous peine, dans un délai de 50 jours, d'imposer des droits de douane secondaires de 100 % à la Russie si aucun accord ne vient mettre fin à la guerre en Ukraine. Et ni le président russe ni le Kremlin ne réagissent.
« Deux semaines passent, Donald Trump annonce, le 28 juillet 2025, qu’il va réduire à « 10 ou 12 jours » le délai accordé à Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit en Ukraine. Faute de réponse, il appliquera des droits de douane secondaires de 100 % à la Russie. Comment expliquer ce « changement de pensée en Trump » ? De 50 jours, l’ultimatum passe à 12 jours. Et pourquoi Trump se permet de lancer un ultimatum à un président d’une autre nation, et de surcroît une superpuissance nucléaire à parité avec les États-Unis ?
Il est évident que Trump, se sentant dans l’impasse pour résoudre la guerre en Ukraine, utilise inconsciemment les grands moyens. Sa volonté de puissance fortement « ancrée » dans son inconscient lui souffle à la conscience de Trump qu’il est le président de la première puissance mondiale ; par conséquent, il peut lancer d’ultimatum sans qu’aucune nation ne trouve à redire ; et les sanctions de droits de douane secondaires de 100 % peuvent être appliquées à la Russie, qui forcément sera touchée économiquement.
Mais, non, l’inconscient de Trump ne s’arrête pas là, il travaille toujours, n’attend pas ; alors que l’ultimatum est en cours, Trump envoie son émissaire Steve Witkoff à Moscou, le 6 août 2025 ; le même jour, l’envoyé spécial américain rencontre Vladimir Poutine.
Le 7 août, dans une soudaine accélération diplomatique autour de la guerre en Ukraine, Trump évoque une rencontre « très bientôt » avec Vladimir Poutine, après la visite de son émissaire Steve Witkoff qu’il a jugée « productive ». De son côté, le Kremlin, lui aussi, salue ces discussions, qu’il qualifie d'« utiles et constructives ».
Le 15 août 2025, ce qu’annonce Trump se réalise. Effectivement, neuf jours plus tard, les deux présidents se rencontrent en Alaska, à Anchorage ; le tapis rouge est déroulé pour Vladimir Poutine ; les dirigeants européens suffoquent presque tant ils sont contre cette visite qu’ils qualifient de « reddition », de « trahison ». Cette soudaine accélération diplomatique que le monde a suivie avec intérêt la doit à l’inconscient de Trump.
En effet, pourquoi le président Trump a déroulé le tapis rouge pour Poutine ? Il n’était pas obligé ; il devait négocier avec le président russe la fin de la guerre en Ukraine ; or, il a fait l’inverse comme s’il fêtait des retrouvailles d’anciens amis ; et il a déroulé le tapis rouge. La réponse est simple ; c’est l’inconscient qui a commandé le comportement de Trump vis-à-vis de Poutine ; il y voyait « son sosie » en matière de volonté de puissance. Pour Trump, Poutine est un gagnant.
Le 18 août 2025, le président ukrainien et les 7 dirigeants européens rencontrent le président Trump à la Maison Blanche. Radio Canada écrit un article sur cette visite titré « Zelensky et les dirigeants européens à la Maison-Blanche : les faits saillants ». Il est dit :
« Trump a reçu lundi Zelensky et des dirigeants européens pour discuter de la guerre en Ukraine.
Une réunion trilatérale à venir ?
Donald Trump a mentionné qu'il organisera une rencontre à laquelle pourraient participer les dirigeants européens, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine. Le président a dit qu'il pourrait être là, mais qu'il n'a pas besoin d'y être.
Tous les dirigeants européens ont pris le temps de remercier le président américain au moment de prendre la parole. Ils se sont tous montrés reconnaissants de l'organisation de cette rencontre et d'avoir réussi à faire redémarrer le dialogue avec la Russie. La plupart d'entre eux se sont montrés enthousiastes à l'idée d'un prochain rendez-vous. » (4)
Il faut encore ajouter une autre information donnée par RTS. Suisse. « À l'issue de la réunion à la Maison Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et plusieurs leaders européens, le président américain Donald Trump a dit avoir « commencé des préparatifs » pour une rencontre Poutine-Zelensky. Il y aurait ensuite un sommet à trois auquel il participerait également, a-t-il précisé.
- Volodymyr Zelensky a confirmé qu'il était « prêt » à une rencontre bilatérale avec son homologue russe Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Le président russe est également disposé à rencontrer Volodymyr Zelensky, a indiqué le chancelier allemand Friedrich Merz.
- Le président américain a aussi évoqué des garanties de sécurité « fournies » par l'Europe en « coordination » avec les Etats-Unis.
- Un peu plus tôt, Donald Trump avait interrompu la réunion pour s'entretenir au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine. » (5)
Ici s’arrête le narratif des événements qui se sont succédés depuis juillet 2025 à août 2025. Que va-t-il se passer ? Et comment la guerre se terminera ?
Tout d’abord, la rencontre Poutine-Zelensky ne se tiendra pas ; et on peut même dire que c’est une « feinte » inspirée par l’inconscient de Trump pour provoquer, pour entretenir le flou dans ses décisions. Trump est conscient que Poutine n’acceptera pas de rencontre le président ukrainien. Il sait aussi qu’une rencontre des deux présidents n’apportera rien du fait que Zelensky a donné sa position sur les territoires de l’Est de l’Ukraine qu’il ne veut en aucun concéder à la Russie ; et il avance même que la Constitution de l’Ukraine l’interdit.
De plus, une telle rencontre ne donnera rien sinon à piéger la position russe en lui octroyant la légitimité puisque Zelensky n’a pas été réélu en 2024, pour cause de guerre ; la loi martiale empêche tout scrutin. L’insistance pour les dirigeants européens et ukrainien pour cette rencontre vise à montrer que la Russie ne veut pas négocier la paix ; ce qui donne une justification à l’Ukraine et à l’Europe de poursuivre la guerre. Et bien entendu, les États-Unis de Trump sont solidaires.
Mais l’impasse va demeurer totale et donc la guerre en Ukraine va se poursuivre ainsi que les frappes ukrainiennes en profondeur en Russie. Donc, puisqu’il n’y a pas de rapprochement de position entre les parties, tout va se jouer sur les fronts de guerre.
Trump sait que l’Ukraine n’est pas de taille avec la Russie, même avec les armements que lui livre l’Occident, en particulier les États-Unis ; d’autre part, en cas de pression russe qui se poursuit jusqu’à mettre les grandes villes comme Kharkiv, Soumy, à portée de l’armée russe, et même leur occupation par l’armée russe, surtout que les troupes russes, en juin 2025, ne sont plus qu'à une vingtaine de kilomètres de ces deux de Soumy, et pas très loin de l’autre, la situation va devenir extrêmement pour le pouvoir ukrainien. Une prise de ces villes ouvrirait la voie à la capitale ukrainienne, Kiev.
Et comme l’inconscient de Trump lui interdit d’entrer en guerre avec la Russie, une superpuissance nucléaire ; de même pour les forces de l’OTAN ; et c’est là où entre l’intérêt du rapprochement Trump-Poutine, et les échanges téléphoniques qu’ils maintiennent entre eux. Rien n’exclut que « des accords non-dits » ont été conclus, « ont été actés ».
Ces « accords non-dits » stipulent que si l’armée russe est sur le point de prendre une grande ville ou des villes, il est impératif pour le président Trump d’alerter son homologue russe, lui demandant d’arrêter l’offensive et s’entendre sur les modalités de la fin de la guerre. Les modalités sont certainement les conditions qui n’ont pas changé de la Russie et que le président Trump connaît déjà, dont les principaux sont le retrait de l’armée ukrainienne des territoires de l’Est de l’Ukraine annexés et la Crimée et l’interdiction de l’Ukraine d’intégrer l’OTAN.
L’objectif de Trump, en acceptant ces « accords non-dits très probablement déjà discutés » est d’éviter une défaite désastreuse pour l’Ukraine, pour l’Europe et pour les États-Unis ; tout en montrant qu’en fait, c’est le président américain Donald Trump qui a arrêté la guerre. Alors qu’en réalité il aura évité un désastre à l’Occident tout entier. Et bien entendu, si Kiev ne s’exécute pas, le président américain déclarera son retrait du conflit russo-ukrainien ce que les pays d’Europe ne voudront en aucun cas.
Et cette fin de guerre en Ukraine va certainement être « actée » par finalement le cours des combats, les forces armées ukrainiennes risquant d’être submergées par les forces russes. Et sur le plan du contexte de la prise de décision, tout aura été le fruit de la préparation de l’inconscient de Trump dans sa conscience qui lui a dicté tout jusqu’à la résolution finale du conflit.
Ne perdons pas de vue que la Russie mène une guerre contre l’armée ukrainienne pour protéger des populations d’origine russe qui vivent majoritairement dans les régions de l’Est de l’Ukraine, et ces populations ont choisi par référendum d’intégrer la mère-patrie, la Russie. Alors que l’Union européenne qui vise à intégrer tous les pays d’Europe avec le soutien des États-Unis font de l’Ukraine une « guerre par procuration » contre la Russie. Donc, sans s’engager dans les combats, se limitant à la fourniture d’armements et un appui politique et financier.
Cette fin de guerre aura forcément des retentissements mondiaux ; elle aura des conséquences sur le conflit israélo-palestinien ; l’Europe comme les États-Unis commenceront à comprendre par la défaite en Ukraine qu’Israël a tout intérêt de changer de cap et commencer à prendre conscience que la guerre à Gaza est en train de se transformer en un « Afghanistan israélien », et les États-Unis et l’OTAN ont mené une guerre pendant vingt ans (2001-2021) pour rien.
La fin de la guerre en Afghanistan s’est terminée par un « désastre » et une « humiliation » vécue mondialement ; toutes les télévisions mondiales ont rapporté le retrait humiliant de l’armée américaine, à l’été 2021, à Kaboul.
Pour conclure, dans ces détours, dans cet enchevêtrement de guerres dans l’histoire, il faut dire qu’il existe une « dynamique historique universelle » qui échappe à la perception de l’homme, et c’est elle qui fait avancer l’histoire. Cette conception de la psychologie de l’inconscient dans la marche de l’histoire est une réalité ; bien sûr elle n’est pas visible ; mais comment expliquer notre conscience par elle-même, et donc par nous-même ? Comme on l’a vu dans l’exemple du somnambule ou de la suicidée, dans un état second, force de dire que tout s’opère dans notre inconscient ; et que c’est par lui que la dynamique universelle se réalise à travers toutes les dynamiques universelles présentes en chaque humain.
Medjdoub Hamed
Note :
1. « Seine-et-Marne : une mère se jette sous un train avec son bébé dans les bras », par Le Parisien. Le 03 septembre 2018
https://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/combs-la-ville-trafic-interrompu-du-rer-d-apres-un-suicide-03-09-2018-7874523.php
2. « Trump partage une vidéo générée par l’IA de son projet clinquant et mégalomane pour Gaza », par le Nouvel Observateur. Le 26 février 2025
https://www.nouvelobs.com/monde/20250226.OBS100803/trump-partage-une-video-generee-par-l-ia-de-son-projet-clinquant-et-megalomane-pour-gaza.html
3. « Guerre en Ukraine : Donald Trump affirme qu'un accord de paix l'aiderait à « aller au Paradis » », par le Figaro. Le 20 août 2025
https://www.lefigaro.fr/international/guerre-en-ukraine-donald-trump-affirme-qu-un-accord-de-paix-l-aiderait-a-aller-au-paradis-20250820
4. « Zelensky et les dirigeants européens à la Maison-Blanche : les faits saillants », par Radio-Canada. Le 18 août 2025
https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1012890/ukraine-zelensky-europe-trump-maison-blanche?publication=2186405
5. « Donald Trump annonce des préparatifs pour une rencontre Poutine-Zelensky et évoque des garanties de sécurité pour l’Ukraine », par RTS, le 19 août 2025
https://www.rts.ch/info/monde/2025/minute-par-minute/28970615.html