COP 21 et climat : 97% de consensus, une légende urbaine
par hommelibre
vendredi 4 décembre 2015
Peut-on encore soutenir une parole différente et un doute, quand 97% des scientifiques sont supposés convaincus par l’aspect anthropique de la variation climatique ? On me fait parfois cette remarque. La non-adhésion à la pensée dominante serait déraisonnable. Je rappelais il y a deux jours que l’ancienne ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet traite même les dissidents de connards. Drôle de manière de mettre fin à la controverse.
Contre-courant
Je réponds néanmoins à cette remarque. Mon « ADN psychologique » est naturellement prudent quand je vois qu’un groupe adhère à une parole ou une croyance sans plus aucune contradiction. Je me trouve régulièrement à contre-courant. J’ai soutenu le féminisme avant d’ouvrir les yeux et de devenir opposé à ce courant d’idées. J’étais naturellement partant pour certaines thèses écologistes, et les médecines douces dont j’avais fait ma profession m’apparaissaient comme une écologie appliquée, avant de réaliser que la politique partisane avait gangrené le mouvement écologiste.
Je me méfie des paroles uniques. Je garde un fort besoin d’indépendance et de liberté émotionnelles et intellectuelles. Que cela m’appartienne en propre n’en dévalue pas l’intérêt sociétal. Un ami me disait récemment que je suis un « réfléchisseur ». J’aime cette définition. Réfléchir, par principe, ce n’est pas adhérer. Dans le domaine scientifique par exemple la réfutation est de mise. Wikipedia résume clairement ce qu’est la réfutation :
« Le principe de réfutation requiert du scientifique qu'à partir du moment où une exception est constatée expérimentalement, et qu'elle peut être répétée pour infirmer la théorie, il doit construire une nouvelle explication, la plus simple possible, rendant compte de ce nouveau phénomène, et que cette nouvelle explication doit être préférée à l’ancienne. »
Même les théories d’Einstein ou le Big Bang sont encore l’objet de discussion et de recherche de preuves.
N’y aurait-il plus aucune controverse sur la variation climatique ? Toutes les questions sont-elles épuisées, toutes les incertitudes résolues ? Certainement pas. Le fait par exemple que les températures globales soient stables depuis 15 ans contredit les modèles et prédictions du Giec. La réalité est en contradiction avec les modèles. C’est un exemple de la nécessité de la contradiction et de la réfutation.
Sur C dans l’air lundi dernier, une climatologue française affirmait que selon les modèles seul la part du CO2 anthropique pouvait expliquer la montée des températures de la fin du XXe siècle. Mais dès le moment où les prédictions ne se réalisent pas le modèle doit être questionné. Ne pas le questionner, c’est quitter la science pour la politique. C’est décider de ce que doit être la réalité plutôt que de la constater.
Il se trouve par exemple que le mécanisme puissant de la circulation air-océan, particulièrement dans le Pacifique, n’est ni expliquée ni vraiment prise en compte. Que les oscillations de températures tous les 60 ans, relevées depuis neuf siècles, non plus. Que l’augmentation des températures depuis 1850, augmentation sans couplage avec une forte charge de CO2 (dont les émissions se sont emballées à partie de 1960), pas plus. Qu’il n’y a pas de consensus à 97% et que cette affirmation est une légende urbaine. The Guardian propose un article sous le titre : « L’affirmation d’un consensus à 97% sur le réchauffement global ne tient pas debout ».
Un site d’analyse des tendances en technologie a également analysé ce chiffre de 97% de scientifiques supposés en accord avec l’aspect anthropique du réchauffement. Le chiffre est issus d’une compilation d’articles parus sur le net, de différents scientifiques. Nombre de ces scientifiques, questionnés directement, invalident leur adhésion à un supposé consensus. Il n’y a pas de certitude uniformisée et consensuelle, il y a une lutte de pouvoir. Les partisans de « l’anti-capitalisme et de l’anti-libéralisme pollueurs et destructeurs » et de la « lutte des classes nord-sud » ont pour le moment gagné cette lutte, en apparence. Comme le féminisme, l’écologie est devenue un champ d’application du marxisme culturel. La possibilité que le réchauffement soit un rattrapage naturel suite au Petit Âge Glaciaire n’est même pas évoquée.
Les politiques n’ont à disposition qu’un résumé du rapport du Giec commenté par leurs conseillers, alors que le rapport complet est plus prudent que le résumé. Des décisions à long terme, engageant l’humanité, ne peuvent être prises sur des information contestables et sur des certitudes qui n’en sont pas. Or le CO2 comme cause unique du coup de chaleur est une idée simpliste qui ne rend pas la complexité du climat et de son histoire.
J’invente dès lors un mot pour décrire le phénomène que je constate : l’emportation. Il se rapproche de déportation mais dans celui-ci le sens est que des autorité déplacent contre leur gré des populations. L’emportation est l’adhésion des populations à une idéologie collective et globalisante. On est comme emporté par la vague, on ne résiste pas au flot puissant, qu’il s’agisse du courant d’un fleuve d’idée ou d’un tsunami d’idéologie.
Les périodes de l’Histoire où une idée unique et simpliste s’est imposée à un grand nombre de populations ne sont guère positives. La contradiction est un acquis culturel important, en politique comme en sciences. Ne doit être admis que ce qui a résisté à toutes les réfutations.
Et pour dire le fond de ma pensée, alors que je suis un grand optimiste, je commence à craindre l’aspiration que peut produire l’adhésion à une idée unique avec une période de plus en plus instable et troublée politiquement.
Dans l’emportation les résistances se diluent, se brisent, s’abandonnent peu à peu. Le discours imposé finit par passer pour être La Vérité Unique. Peu, très peu de gens ont une idée de ce qu’est l’effet de serre, de l’histoire du climat, des sujets de controverses autour du Giec. Mais ils croient en majorité à la catastrophe annoncée.
Ce serait amusant si ce phénomème d’emportation n’était pas grave par nature et par ses conséquences potentielles.
Le soir des attentats à Paris, l’émission Ce soir ou jamais sur France2 était consacrée au réchauffement. Elle a malheureusement été interrompue, bien évidemment. Le débat était animé par, entre autre, Jean Staune, Christine Bénard et Jean-Marc Fédida pour les joyeux, et Paul Ariès et Catherine Larrere pour les grincheux. Je le dis ainsi non pour provoquer mais parce que les postures de ces derniers étaient caricaturales.
On a bien compris, en les regardant autant qu’en les écoutant, que le catastrophisme est une posture émotionnelle rationalisée intellectuellement. Les joyeux ont montré les aspects positifs du réchauffement, l’adaptation de grandes entreprises déjà en cours. Par exemple Renault développe un concept de client-locataire de sa voiture : bientôt on n’achètera plus son véhicule, Renault en restera propriétaire jusqu’à sa fin et sera responsable de son recyclage. Arrêtons donc de penser que les industriels attendent d’être dans le mur et sont irresponsables. Les gauchistes de l’écologie, représentés par Paul Arès, font surtout figure de pères fouettards punitif-coupables.
Mais bon sang, pourquoi ont-ils voulu dès le début agir par la peur et la culpabilité ? Pourquoi avoir inventé le syndrome de la poêle à frire ?
Il manque cruellement une âme dans l’écologie, quelque chose à quoi se référer en étant en profond accord entre soi et le monde. C’est aussi sans doute une des raisons de ma distance. Que n’ont-ils remercié nos ancêtres d’avoir créé une société certes polluante et améliorable mais plus libre qu’avant et plus confortable ? Que n’ont-ils, dès les années 1960, donné envie d’écologie et donné une image joyeuse d’un avenir modifié ?
A lire également : Non, monsieur Hollande, il n’y a pas de point de rupture.
A suivre.
Image 1 : découplage entre la température relevés par satellites et ballons sondes, et les prédictions du Ciec (en rouge).
Image 2 : données mensuelles du taux de CO2 atmosphérique (NOAA, en vert), données mensuelles sur la température de surface des océans du globe (HadSST2, en bleu pointillé) et données mensuelles sur la température globale de l'air à la surface du globe (HadVRUT3, en rouge). Le dernier mois indiqué est le mois de Décembre 2011. Le pic de chaleur de 1998 est celui de El Niño.
Image 3 : Cycle de 60 ans dans les températures, et rattrapage (?) du Petit Âge Glaciaire.