Critique masculine de la prostitution
par hommelibre
lundi 4 mars 2013
Quelle fierté d'homme peut-on trouver à faire l'amour en payant ?
J'ai déjà écrit sur le droit de pratiquer librement la prostitution si elle n'est pas contrainte. Toutefois je pense que la prostitution devrait être librement abandonnée. J’invite en effet les hommes à ne plus fréquenter de prostituées. Je les invite à ne plus payer pour du sexe. La prostitution est une exploitation économique et sexuelle des hommes et il n’est pas bon que leur sexualité soit ainsi utilisée sans être valorisée. Il n’est pas bon non plus que l’argent péniblement gagné par les hommes parte par milliards pour des prestations de basse qualité et insatisfaisantes.
Sans désir masculin insatisfait, la prostitution n’existerait donc pas. Cela vaut pour la prostitution masculine comme féminine, les clients étant dans la très grande majorité des hommes. Le prostitué ou la prostituée a très bien compris l’insatisfaction profonde des hommes en matière de sexualité. La prostitution et la pornographie servent à donner un semblant de contentement. Mais ce contentement, sans réel partage, est artificiel. Une passe de quinze minute douche comprise, avec une femme qui n’attend que le fait que l’homme ait terminé, est à la fois un mépris du client et une piètre prestation professionnelle. Que des hommes acceptent cela montre à quel point de souffrance du manque et de mésestime d’eux-mêmes ils peuvent en arriver.
Beaucoup d’hommes ont des envies qui ne sont ni remplies ni satisfaites. Certains n’ont pas les atouts de séduction pour trouver une femme. D’autres sont trop pauvres pour être
Donc :
- les hommes n’ont, semble-t-il, pas les mêmes besoins que les femmes en matière de sexualité (et d’affectivité, cela allant souvent de pair) ;
- leurs besoins tant sexuels qu’affectifs ne sont pas suffisamment reconnus, valorisés, remplis et satisfaits - au contraire il sont souvent dénigrés, salis, criminalisés ;
- à cause de cela ils cherchent dans les relations tarifées ou dans la pornographie une satisfaction illusoire ;
- elle est illusoire car la sexualité tarifée n’est pas un échange ni un partage, mais uniquement un objet de consommation, et la frustration alliée au mépris du désir masculin en est la conséquence ;
- ils participent et alimentent un transfert d’argent considérable vers une catégorie professionnelle dont la prestation est de mauvaise qualité parce qu’uniquement consumériste, et participent ainsi à leur propre appauvrissement et à l’enrichissement de la catégorie qui les exploite ;
- ils contribuent à montrer que la sexualité masculine est exploitable à souhait tout en étant méprisable et ne font rien pour changer cela. Quelle fierté d'homme peut-on trouver à faire l'amour en payant ?
Je pense toujours que la prostitution exercée librement n’a pas à être interdite ni méjugée. Une prostituée est une femme aussi digne que toute autre. Mais, pour les raisons citées ci-dessus, je considère comme dévalorisant et appauvrissant le fait que l’homme fréquente des prostituées. J’invite donc les hommes à ne plus s’y prêter, à ne plus s’appauvrir en enrichissant une catégorie qui les exploite, à ne plus payer pour une relation de mauvaise qualité alors qu’ils peuvent en avoir de meilleures gratuitement.