CSA : bientôt un retour vers l’ORTF ?
par Idriss
samedi 31 janvier 2015
François Hollande est-il tellement anti-sarkozyste qu’il est même prêt à balayer (discrètement) les quelques réformes positives du quinquennat de son prédécesseur ? A lire le Canard enchaîné il semble que les principes d’indépendance et de liberté ne soient plus prioritaires dès qu’il s’agit de trouver un nouveau président à France Télévisions. Olivier Schramek, président du CSA serait en train de sélectionner un patron pour France Télévisions à sa main et à celle de François Hollande. Des pratiques anciennes qui font du CSA un nouvel ORTF… Vive la démocratie !
C’est le Canard enchaîné qui a levé le lièvre avant d’être repris par plusieurs médias (pas tous… Seraient-ils déjà aux ordres ?). Le boss du CSA se verrait bien nommer dans son coin le meilleur candidat ou plutôt celui qu’il contrôlera le plus notamment à l’heure où l’élection de 2017 est déjà dans tous les esprits. Schramek pense-t-il vraiment qu’il protègera Hollande en plaçant un homme accommodant à la tête de France Télévisions ? Malheureusement pour eux, l’élection de 2017 donne voix au chapitre à 50 millions d’électeurs et non pas à un seul homme enfermé dans son bureau.
Plusieurs noms ont déjà fuité pour remplacer Rémy Pflimlin. Denis Olivennes, Rodolphe Belmer ou encore Christopher Baldelli. Autant dire que l’opération main basse sur France Télévisions est en train de tourner au vinaigre. On ne recrée pas un ersatz d’ORTF sans se faire pincer. Alors bien entendu, tout ce beau monde va démentir, crier à l’acharnement (médiatique) et finalement se résoudre à appliquer les nouvelles règles plus démocratiques mises en place il y a peu. Il est tout de même surprenant de constater que les paroles et les actes des hommes de pouvoir connaissent un tel contraste. Vouloir passer des hommes à soi ou au moins redevables de leur avancement et de leur statut est une pratique appartenant à un univers dépassé. Les offices et arrangements entre amis ne peuvent plus être garantis par le secret dans un monde où la transparence n’est pas qu’un simple mot.
Quel camouflet également pour les autres membres du CSA qui pensaient remplir une mission utile et qui se voit amputés de leurs prérogatives. Pas certain par exemple que des personnalités comme Nicolas About ou Patrice Gélinet apprécient une telle démarche. Alors un conseil messieurs les intrigants, arrêtez de penser comme au XXe siècle. A vouloir désigner les rois et les reines de manière arbitraire on finit soi-même par tomber du trône.