D’eau douce et d’eau très salée
par C’est Nabum
vendredi 9 octobre 2026
De la Loire au marais salant.
Tout commença dans le charmant petit musée de Saillé qui évoque le beau métier des paludiers. Un petit groupe de chanteurs issus d'une chorale locale agrémentait exceptionnellement la visite des touristes. Parmi ceux-là votre serviteur, en goguette dans la région de Guérande. Immédiatement conquis par le plaisir communicatif des chanteurs, j'eus envie de lier connaissance avec eux.
Les hasards de l'existence ne faisaient pas que nous mettre en relation dans ce musée du sel. Je faisais jusqu'alors duo avec un beauceron dont le cœur penchait vers la Bretagne. Mon camarade m'avait depuis longtemps seriné pour que je lui écrive une chanson sur les paludiers et étrangement mon texte était resté en plan, sans déclencher en lui son habituel processus créatif.
Celui qui racontait les faux-sauniers de Loire et aléatoirement écrivait parfois des paroles interpela les enfants des marais salants. Comme vous l'avez deviné, j'avais un texte à offrir aux seconds qui me confièrent une adresse mail pour cela puis nous nous séparèrent, chacun vacant soit à ses occupations locales soit à son tourisme itinérant.
Une année était passée et le ligérien posait à nouveau son bagage sur les rives de la Grande Baie de La Baule un soir où, curieuse coïncidence, le groupe de chants marins : « Les Fous de Bassan du Pouliguen » enchantaient la grande scène du Port éponyme. Il y avait foule devant le podium et je parvins cependant à me glisser pour saluer les chanteurs.
Quelle ne fut pas ma fierté et même ma surprise lorsque j'entendis qu'ils mettaient une nouvelle chanson à leur programme qui leur avait été confié lors d'une représentation dans un musée. C'était, vous l'avez compris « Les paludiers ! » qui après deux ou trois retouches pour correspondre au langage des gens de ce pays, fut repris en chœur par le groupe.
À la fin du concert, je leur exprimai ma gratitude et fit plus ample connaissance avec les acteurs de ce beau cadeau. Le Président de l'association qui avait trouvé excellente mon initiative passée avait donné le feu vert pour que le texte soit confié à Nathalie, la chef de cœur de la chorale pour créer un arrangement à plusieurs voix sur la mélodie sortie des cordes de Jean-Jacques, le guitariste de ce bel ensemble.
D'autres envois eurent lieu et c'est ainsi que de nouvelles chansons virent le jour : « Le mousse », « Je t'emmène », « Le cimetière de nos vieux bateaux ». Ces trois titres ainsi que le premier se trouvent immortalisés sur le cinquième Album de la chorale sans que cet argument ne provoque leur venue au dernier Festival de Loire. Depuis, « Les Nœuds marins » sont entrés au répertoire du groupe pour apporter une touche d'humour et de dérision à un répertoire qui n'en manque pas du reste tandis qu'une relation plus singulière s'est nouée entre le mélodiste et parolier qui a mis en musique quelques-uns de ses textes de Loire : « Mon Pays d'En-France, Ses habits de Lumière, La venelle à quatre sous »
À ces chansons écrites par C''Nabum, Jean Jacques ajoute les siennes pour un programme chanté qui devra vous enchanter tandis que contes et fariboles viendront pimenter ce dialogue entre le marais salant et les rives de Loire. Un dépaysement garanti et une soirée qui sentira bon les embruns et les éclats de rire pour un spectacle qui sera proposé au débotté ça va de soi en Sologne, en forêt d'Orléans et dans mon village d'En-France par l'entreprise de Christian Beaudin, toujours disposé à animer avec Vitalité ce qu'il aime à nommer son territoire rural. Deux soirées sans autre ambition que de vous distraire - je vous en donne mon billet - afin que vous vous contentiez de faire offrande à leur chapeau.