De l’abolition du salariat

par Erik Gruchet
jeudi 7 avril 2011

Seule la lumière de la pleine conscience est établie dans la justice. Toutes les règles et les habitudes sont des béquilles qui ne disparaissent qu’avec l’éveil de l’être véritable. C’est avec ce court mais indispensable préambule que je vous soumets le texte suivant :

Avant que n’éclate à nouveau le conflit social inhérent au système économique et humain dualiste que nous avons bâti et cautionné depuis des siècles en espérant individuellement être du bon côté du bâton ; Avant que ne s’oppose un nième fois les conflits d’intérêts entre les patrons confrontés aux pratiques concurrentielles ou soumis au dictat des actionnaires et les salariés défendant leurs intérêts particuliers ou de groupe, je souhaiterais proposer une réflexion sur la nécessité, pour vivre en paix, d’inventer un nouveau mode de fonctionnement humain et social où l’on viserait à faire disparaître la lutte des classes millénaire.

Aucun équilibre durable ne peut résulter de divisions artificielles et d’opposition institutionnalisée entre les hommes. Aucune paix véritable ne peut s’établir sur la domination ou la soumission, consentie ou non, des êtres humains entre eux.

Il n’est que temps pour les Hommes « patrons » de se poser la question de leur dépendance par rapport à une main d’œuvre dont ils n’ont pas le temps, l’énergie, la force ou l’envie d’assumer la fonction. Il est temps pour eux également de porter leur créativité sur une originalité qui ne soit pas soumise à une consommation stéréotypée de masse. Ces formes de gestion, de production et de consommation sont source de stress, d’abrutissement et de destruction des ressources naturelles. Elles sont en fin de vie. Les Hommes « salariés » doivent s’interroger quant à eux sur leur capacité à devenir autonomes pour la création de leur emploi. Ils ne doivent pas se reposer sur l’inventivité d’autres hommes mais plutôt chercher à épanouir leurs talents particuliers, à vivre leurs passions, leurs envies. La dépendance induit toujours une tension qui finit par exploser en conflit.

L’humanité doit sortir, par une vision novatrice, du syndrome de la fourmilière qui base l’efficacité sur la spécialisation extrême des rôles. Une efficacité pour qui, pour quoi, au service de quel principe, pour quels véritables bienfaits ?

Le sacrifice du développement de la conscience de chacun au profit d’une prétendue performance économique et matérielle n’est pas la solution si l’on cherche la paix, la réalisation individuelle et collective et soyons follement utopique, le bonheur pour tous ! L’équilibre est à vivre au quotidien, hors des anciennes certitudes sociales et humaines et avec la confiance de l’homme libre. Le déséquilibre social causé par la dualité patronat/salariat réduit la liberté individuelle et engendre la souffrance.

Les pistes à creuser pourrait passer par une éducation épanouissante et personnalisée visant à développer les talents particuliers et non à formater les jeunes esprits au moule d’un schéma social ou d’une discipline/soumission qui produit les tensions que nous connaissons. Il s’agit d’envisager pour chacun et cela depuis le plus jeune âge des projets individuels auto gérables et sortir de la structure pyramidale de répartition des responsabilités. La renaissance de l’artisanat est une des voies à favoriser.

Pour les projets à moyenne ou grande échelle, qui font également parti des rêves humains, la coopération entre individus peut remplacer avantageusement et efficacement le salariat. Chacun deviendrait actionnaire de la société avec laquelle il travaille et dont il tire les bénéfices directs et équitablement répartis. Le principe d’équité en société comme en démocratie se traduirait par un Homme/une part d’action/une voix.

Pour initier vigoureusement ce renouveau, je propose au débat, comme pour l’esclavage en son temps, un acte politique et social majeur aux conséquences révolutionnaires : l’abolition du salariat !

La crise que l’humanité traverse en ce moment ne trouvera pas de solution à travers des rustines posées sur le vieux système oppressif décadent. L’évolution sociale est en panne car l’injustice du principe de classes qui la sous-tend a définitivement montré ses limites. Le principe de compétition cultive la violence et le miroir de la nature nous la renvoie maintenant en pleine face. Il n’y a plus rien à faire évoluer sur ses bases viciées. L’heure est maintenant à la révolution des mentalités et des habitudes. Inventons un monde nouveau.


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