De la chute du Temple au retournement de l’histoire. L’axe États-Unis-Israël face ŕ la résistance de Gaza, du Liban et de l’Iran
par Hamed
samedi 6 juin 2026
L’histoire de l’humanité n’est ni le produit d’une succession de purs hasards géopolitiques dénués de sens, ni le théâtre d’une marche aveugle de l’histoire. Lorsqu’on observe les temps longs de la mémoire humaine, les ruptures contemporaines et les textes sacrés, la trajectoire des peuples, et tout particulièrement celle du peuple hébreu à travers son exil bimillénaire jusqu’aux déchirements actuels du Proche-Orient, se révèle être un mouvement évolutif continu, profond et cohérent.
Ce parcours met en scène la tension permanente entre la responsabilité absolue de l’homme, doté par le Créateur du libre arbitre, et la manifestation d’une justice divine immanente. Cette justice souveraine n'agit pas comme un couperet arbitraire, mais comme une loi de régulation morale universelle qui rappelle à l’humanité ses limites et ses devoirs.
Comprendre la marche du monde à travers cette double grille de lecture historique et spirituelle exige de dépasser les simplifications dogmatiques. Il ne s'agit pas de justifier les souffrances par des fatalités mystiques, mais d'analyser comment les structures morales de l'univers, voulues par Dieu, finissent toujours par se frayer un chemin à travers les choix politiques, les victoires militaires et les tragédies humaines.
L’auteur tente dans ce texte d’analyser en profondeur cette vaste dynamique passée, depuis la déconstruction des mythes de culpabilité éternelle attachés aux vestiges de Jérusalem, en passant par les leçons existentielles du Livre de Job et du Talmud, jusqu’aux bouleversements géopolitiques actuels qui annoncent un retournement majeur de l’histoire.
Au bout de cette analyse, ressort une certitude : le processus évolutif de la conscience humaine est inachevé, et l’avènement d’une paix fondée sur la justice et la dignité partagée reste entièrement à accomplir dans le réel de notre monde.
1. La mémoire des pierres de Jérusalem. Histoire, exil et déconstruction des mythes théologiques
Le point d’ancrage universel de cette réflexion se situe au cœur de Jérusalem, autour du Mur occidental, que l’Occident désigne habituellement sous le nom de Mur des Lamentations. À l'origine, selon l'histoire de cette région centrale où les trois religions monothéistes ont vu le jour, cet édifice massif n’avait pas de vocation religieuse ou cultuelle ; il s’agissait d'un simple mur de soutènement occidental, commandé par Hérode le Grand vers l’an \(20\) avant notre ère. Il était destiné à agrandir et à stabiliser l’esplanade supérieure sur laquelle reposait le Second Temple de Jérusalem.
C’est la violence de l’histoire humaine qui a transfiguré ces pierres fonctionnelles en un réceptacle de la douleur d'un peuple. En l’an 70 de notre ère, à la suite de la Grande Révolte juive contre l’oppression impériale, les légions romaines commandées par Titus assiègent Jérusalem, affament sa population, incendient la ville et détruisent de fond en comble le Second Temple. Quelques décennies plus tard, en 135, après l'ultime insurrection menée par Bar Kokhba, l'empereur Hadrien décide de raser définitivement les vestiges de la cité, de la rebaptiser Aelia Capitolina et d'interdire l'accès des Juifs à la Judée sous peine de mort. C’est cet acte de violence impériale romaine qui acte le début d’une dispersion gigantesque – la Diaspora – qui durera près de deux mille ans.
Le terme même de « Mur des Lamentations » est une appellation tardive, d’origine chrétienne et extérieure. Les pèlerins occidentaux, puis les autorités ottomanes et britanniques, observant les communautés juives venir se recueillir devant ce pan de mur rescapé, l'endroit accessible le plus proche de l'ancien « Saint des Saints », ont qualifié ces prières de « lamentations ». Pour les fidèles juifs, ce lieu est le Kotel, le Mur occidental. Les larmes qui y ont été versées pendant des siècles ne constituent pas un aveu de culpabilité biologique ou éternelle face à un châtiment divin immanent. Elles expriment le deuil d’une maison spirituelle perdue, la mémoire des persécutions subies au fil des générations de l'exil (pogroms, expulsions, discriminations) et l'espoir indéfectible d'une rédemption future.
La théologie des prophètes bibliques antiques intégrait, il est vrai, une notion de causalité historique : les malheurs d'Israël y étaient souvent interprétés comme les conséquences de fautes morales, d'injustices sociales ou d'idolâtrie commises à des époques précises par la communauté. Le Talmud enseigne ainsi que le Second Temple fut détruit en raison de la « haine gratuite » (Sinat Chinam) qui divisait la société juive de l'époque. Cependant, cette responsabilité collective est toujours comprise comme un appel à l'introspection, au repentir et à la réparation éthique (Téchouva). Elle n'a jamais été conçue comme une malédiction permanente ou biologique.
2. Le Livre de Ayyub (Job), les Sages du Talmud et le Coran. Le refus des théologies simplistes de la rétribution
Pour comprendre comment la souffrance d’un homme, d’une communauté ou d’un peuple entier peut coexister avec l'existence d’un Dieu juste et souverain, il faut se tourner vers le chef-d’œuvre de la littérature universelle et spirituelle : le Livre de Job. Ce texte, inséré parmi les Écrits (Ketouvim) de la Bible hébraïque, brise de manière définitive les théologies simplistes et comptables de la rétribution automatique.
L'intrigue met en scène Ayyub (Job), un homme intègre, droit, craignant Dieu et détourné du mal. Pourtant, à la suite d’un défi métaphysique initié par « le Satan », qui joue ici le rôle du procureur céleste testant la gratuité de la piété humaine, Job est frappé par une succession de catastrophes absolues. En un instant, il perd ses richesses matérielles, ses serviteurs, ses troupeaux, et la totalité de ses enfants meurent dans l'effondrement d'une maison. Enfin, son propre corps biologique est atteint d'une maladie cutanée atroce et avilissante. Assis sur son tas de cendres, grattant ses plaies avec un tesson de poterie, Ayyub (Job) subit la déchéance physique, sociale et affective la plus radicale.
L’essentiel du livre se déploie sous la forme d’un dialogue philosophique et théologique d’une tension dramatique inouïe entre Ayyub (Job) et ses trois amis venus prétendument le consoler. Ces amis incarnent la théologie dogmatique, rationnelle et bien-pensante de l’époque. Leur argument est simple, implacable et cruel : « Dieu est juste ; Dieu ne fait rien sans cause ; donc, si tu souffres de manière aussi exceptionnelle, c’est que tu as commis une faute cachée. Avoue tes péchés, reconnais ta culpabilité pour sauver l'honneur et la justice de Dieu. »
Ayyub (Job) refuse catégoriquement de plier sous ce chantage théologique. Il sait, dans l'intimité de sa conscience morale, qu'il est innocent des crimes qu'on lui impute. Il refuse de proférer un mensonge pieux pour complaire à une vision simpliste de la justice divine. Loin de s'auto-flageller, Ayyub (Job) crie sa révolte, attaque le silence de Dieu, exige un procès équitable avec le Tout-Puissant et revendique son droit à l'innocence.
La réponse de Dieu, qui intervient à la fin du texte du milieu d’une tempête cosmique, constitue un retournement théologique majeur. Dieu ne fournit aucune explication morale, aucun catalogue de fautes, aucune justification logique à la souffrance de Ayyub (Job). Au lieu de cela, Il déploie un panorama grandiose des mystères de la création, interrogeant Job sur les fondations de la Terre, la course des constellations, les cycles de la nature et la force brute des créatures mythologiques comme le Béhémoth ou le Léviathan.
Par cette réponse, Dieu déplace radicalement la perspective humaine : Il enseigne que la justice divine s'exerce à une échelle cosmique et universelle qui dépasse infiniment la logique comptable, anthropocentrique et immédiate des êtres humains.
L’univers n’est pas une machine à distribuer des récompenses et des punitions au jour le jour selon le mérite apparent. La souffrance de l'innocent fait partie d'un ordre général et mystérieux que l'esprit humain ne peut pas totalement décoder avec sa raison limitée. Plus encore, dans le dénouement du livre, Dieu donne explicitement raison à Ayyub (Job) pour sa franchise et sa droiture, et Il condamne sévèrement les trois amis qui ont mal parlé en lui imputant la faute et en voulant justifier la tragédie par une fausse culpabilité. Ayyub (Job) est pleinement réhabilité, guéri et rétabli dans sa dignité.
Les Sages du Talmud (notamment dans le traité Baba Batra) ont prolongé cette réflexion audacieuse. Certains rabbins allaient jusqu’à affirmer que « Job n’a jamais existé et n’a jamais été créé, il n’est qu’une parabole », signifiant par là que Job est l'allégorie éternelle de l'humanité confrontée à l'incompréhensibilité du mal et de la douleur biologique.
Pour tenter de penser le malheur sans incriminer la conduite de la victime, le Talmud forge le concept de « souffrances d’amour » (Yissourin shel ahavah) : des épreuves envoyées par Dieu non pas comme châtiments, mais comme des processus d'élévation spirituelle, destinés à purifier l'âme et à affiner la sensibilité morale de l'être humain. De plus, les Sages absolvent Ayyub (Job) de ses paroles de révolte contre le Ciel, établissant une règle de compassion psychologique universelle : « On ne juge pas un homme dans le moment de son affliction ».
En islam, l’histoire du prophète Ayyub (Job) est différente. Dans le Coran, nous découvrons, à travers son histoire, les épreuves de l’humanité à un niveau beaucoup plus personnel. Dieu ne nous parle pas de la façon dont Ayyub (Job) a prêché Son message ni de la façon dont ce message fut reçu par son peuple. Dieu ne nous parle pas du peuple de Ayyub (Job). Il nous parle plutôt de la patience de Ayyub. Il loue Son prophète en ces termes :
« Et rappelle-toi Ayyub (Job), Notre serviteur, lorsqu'il appela son Seigneur : « Le Diable m'a infligé détresse et souffrance. » » (38, 41)
« Et Ayyub (Job), quand il implora son Seigneur : « Le mal m'a touché. Mais toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux » ! » (21, 83)
« Nous l'exauçâmes, enlevâmes le mal qu'il avait, lui rendîmes les siens et autant qu'eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs. »(21, 84)
3. Le Libre Arbitre et la « Main de Dieu ». Lois immanentes de l'histoire et responsabilité éthique
L’affirmation selon laquelle l’être humain pense, dit, ressent et agit à travers ce que Dieu lui a donné, le corps biologique, l'esprit, la raison, la pensée, constitue le socle commun des grandes traditions monothéistes. Cependant, ce don initial implique une contrepartie théologique et philosophique absolue, sans laquelle l'humanité perdrait toute dignité ; et ce don octroyé à l’être humain est le « libre arbitre ».
Dieu a créé l’être humain libre et responsable de ses choix. Si le Créateur intervenait de manière visible, spectaculaire et immédiate pour arrêter chaque mal qui atteindrait tout être humain, la liberté humaine s'effondrerait, elle n’aurait pas de sens. L'homme ne serait plus qu'un automate, une marionnette privée de mérite et de responsabilité, et l'histoire morale n'aurait plus lieu d'être. Par conséquent, les horreurs de l’histoire, les persécutions de la Diaspora, les pogroms russes, l'antisémitisme européen, la Shoah, ainsi que les oppressions subies aujourd'hui par le peuple palestinien, ne proviennent pas d’une volonté active ou d’un châtiment ordonné par Dieu. Elles sont le résultat direct, concret et tragique du mauvais usage que les hommes font de la liberté, de la raison et de la force biologique que Dieu leur a octroyées ; et on comprend que ce choix entre le bien et le mal et la lutte qui s’ensuit entre ces deux contraires donnent sens et épaisseur à l’histoire humaine.
La faute des injustices incombe exclusivement à ceux qui veulent dominer par l’oppression, par les maux sur leurs prochains ; mais toute décision divine vient à la fin renforcer ceux qui résistent, ceux qui luttent contre l’oppression. Dieu ne peut s’interposer à tout mal humain sinon le sens de l’humain perd sa raison d’être. Le mal entre dans l’existence humaine ; sans le mal, son contraire le « bien » n’existerait pas. Et l’existence humaine serait sans sens.
C'est précisément au cœur de cette liberté humaine que se dessine la véritable « Main de Dieu » dans le mouvement évolutif de l'humanité. L'action divine ne s'exprime pas à travers des ruptures magiques des lois de la nature, mais à travers des « lois morales et historiques immanentes » qui régissent le destin des civilisations.
La théologie islamique du décret divin (Al-Qadar) et du destin (Mektoub), incarnée également par la figure du prophète Ayyub (Job dans le Coran, modèle absolu de la patience active, le Sabr), apporte ici un éclairage complémentaire indispensable. Rien ne se produit dans l’univers sans la permission et la prescience éternelle de Dieu, mais ce décret s’accompagne d’une Sagesse suprême (Hikmah) que l'esprit humain ne perçoit souvent que sur le temps long.
Cette Sagesse divine a gravé dans la structure même de l'histoire une règle universelle : l'injustice systémique sécrète en elle-même les germes de sa propre destruction. Aucune domination injuste, aucune entreprise d’asservissement ou d'effacement d'un peuple ne peut se maintenir indéfiniment. Lorsque les actions humaines dépassent les limites du droit, de la justice et du respect de la vie, lorsque l’orgueil des puissants les pousse à maintenir un autre peuple dans un état d'esclavage, d'occupation ou de dépossession, l'ordre moral et psychologique du monde finit toujours par provoquer un retournement. L’oppression engendre inévitablement la résistance ; la privation de dignité suscite une résilience indomptable ; et l'isolement international finit par miner les fondements des empires les plus arrogants. L’exemple des États-Unis et d’Israël, aujourd’hui.
C'est en cela que la Main de Dieu corrige les torts des humains : non pas en foudroyant les coupables depuis le ciel, mais en faisant en sorte que le poids de l’injustice devienne, à terme, historiquement insoutenable pour ceux qui la commettent. La justice divine est immanente ; elle utilise les lois de la sociologie, de la psychologie des peuples et de la géopolitique pour rétablir l'équilibre de la balance morale universelle.
4. Le « Retournement de l’Histoire » au Moyen-Orient. L'axe États-Unis-Israël face à la résistance de Gaza, du Liban et de l’Iran
La situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient offre une illustration contemporaine saisissante de ce principe de correction historique et de retournement. Depuis des décennies, la politique de l’État d’Israël, adossée à la puissance hégémonique, financière et militaire des États-Unis, a reposé sur l’illusion qu'une sécurité durable pouvait être bâtie sur la base de la force technologique brute, de l'expansion territoriale et du maintien du peuple palestinien sous un régime d’occupation asymétrique destructeur, privant des millions d'êtres humains de leurs droits fondamentaux, de leur souveraineté et de leur liberté de mouvement.
Cependant, le réel géopolitique contemporain démontre que cet ordre asymétrique est entré dans une phase de crise structurelle et irréversible, confirmant l'analyse d'un rééquilibrage forcé de l'histoire. L'ère de la domination unilatérale et sans contrepartie touche à sa fin, et ce basculement se manifeste à travers trois scénarios majeurs identifiables dans le réel :
- L’enlisement dans l’usure régionale et asymétrique. Les récents conflits de haute intensité montrent qu'en dépit d'une supériorité militaire écrasante, Israël fait face aux limites de la puissance purement technologique. La destruction massive des infrastructures et les punitions collectives ne parviennent pas à éradiquer la volonté de résistance d'un peuple opprimé, ni à neutraliser le réseau d'acteurs régionaux (l'axe asymétrique soutenu par l'Iran, le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza).
L’incapacité à offrir une solution politique juste pour la Palestine maintient Israël dans un état d'insécurité permanente et existentielle, ruinant l'espoir de devenir un « État normal » inséré pacifiquement dans son environnement régional. La force brute produit de l'usure, de la dette et une fragilisation interne de la société.
- La diplomatie forcée par l'épuisement systémique. L'hégémonie américaine, contestée sur plusieurs fronts mondiaux, ne dispose plus des ressources illimitées nécessaires pour sanctuariser indéfiniment les dérives unilatérales de son allié au Proche-Orient. Le risque d'un embrasement global et d'un effondrement économique (par le blocage des voies maritimes stratégiques comme le détroit d'Hormuz ou la mer Rouge, entraînant des crises énergétiques mondiales) force les puissances occidentales à reculer.
Les opinions publiques mondiales et les institutions juridiques internationales (Cour internationale de Justice, Cour pénale internationale) exercent une pression normative croissante. Ce scénario pousse à des négociations imposées, obligeant à terme les dirigeants à accepter des concessions majeures envers les droits des Palestiniens, actant le fait que le droit international ne peut être bafoué sans provoquer le déclin de ceux qui le piétinent.
Le basculement vers la multipolarité mondiale. Le Moyen-Orient n'est plus la chasse gardée exclusive de Washington. L'émergence d'un monde multipolaire se traduit par l'intrusion diplomatique et économique de superpuissances alternatives comme la Chine et la Russie, qui se positionnent en médiateurs et capitalisent sur les erreurs stratégiques occidentales. De plus, les puissances régionales arabes (l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis) s'émancipent de l'alignement systématique sur les États-Unis pour privilégier leurs propres intérêts de sécurité et de développement.
Face à un Iran qui sanctuarise sa position en atteignant le seuil de la dissuasion nucléaire, l'équilibre des forces s'est profondément transformé. Israël ne peut plus dicter sa volonté à son environnement.
Ce retournement de l’histoire démontre la vérité de l'intuition spirituelle sur la puissance des nations qui est relative, précaire et soumise à un jugement historique immanent. Ceux qui pensaient pouvoir dominer indéfiniment en ignorant la justice élémentaire se retrouvent pris au piège d'une impasse stratégique, morale et existentielle.
Conclusion : Un processus évolutif inachevé où tout reste à accomplir
L’analyse croisée de la mémoire historique, des textes de sagesse comme le Livre de Ayyub (Job), du Talmud et du Coran et des réalités géopolitiques contemporaines mène à une conclusion fondamentale : le mouvement évolutif de l’humanité est un processus en cours, dynamique et restera profondément inachevé. Il ne peut être définitivement joué, et il restera à s’accomplir de stade en stade historique dans le champ d’un réel qui n’a pas de terme.
L’espoir de voir un jour Israël se muer en un « État normal », c’est-à-dire un État qui ne tire plus sa définition de l'état de guerre permanent, de l'occupation militaire ou d'un exceptionnalisme théologique mal compris, mais qui s'intègre comme une nation parmi les nations, respectueuse du droit international, non seulement est une nécessité absolue, mais cet état adviendra. Et cet état ne pourra jamais se concrétiser au détriment d'un autre peuple. La normalisation d'Israël a pour condition sine qua non et incontournable la libération, la reconnaissance de la souveraineté, de la justice et de la pleine dignité humaine du peuple palestinien. La paix ne peut pas être l'absence de guerre imposée par la terreur des armes ; elle doit être le fruit de la résistance et de la justice.
La « Main de Dieu » a posé les fondations morales du monde : elle a décrété que l’injustice corrompt les empires, que la souffrance de l'innocent exige réparation et que la liberté humaine est inviolable. Cependant, Dieu n'écrira pas la suite de l'histoire à la place des hommes. C'est à l'humanité, forte de l'esprit, de la raison et de la conscience biologique qu'elle a reçus, et du libre-arbitre, d'assumer sa responsabilité éthique sur le terrain.
Le passé a brisé les illusions des fatalités et des culpabilités éternelles. Le présent secoue l’orgueil des puissants par des crises systémiques majeures. L'avenir, quant à lui, demeure le chantier grand ouvert de la conscience humaine. Tant que le droit, l'équité et le respect absolu de la vie de chaque être humain, qu'il prie devant le Mur occidental ou au sein du Noble Sanctuaire, ne guideront pas les décisions concrètes des peuples et de leurs dirigeants, le dessein d'une humanité réconciliée restera un idéal à accomplir.
L’auteur : Medjdoub Hamed est chercheur indépendant spécialisé en économie mondiale, relations internationales et prospective. Ses travaux s'attachent à articuler les grands cadres théoriques de la philosophie et des sciences sociales avec l'analyse des dynamiques géopolitiques contemporaines.