De la morale en soi

par Gabriel
mercredi 29 mai 2013

   Qu’est ce qu’une morale, comment peut-on la définir, en faire une ébauche fiable, consensuelle afin de la construite pour quelle soit la plus juste et la plus universelle possible ?

   Faisons une synthèse des définitions communément utilisées. Une morale est un ensemble de règles cherchant à encadrer et guider l'action humaine. Ces règles reposent sur la distinction de valeurs : le juste et l'injuste, ou plus simplement le bien et le mal et c'est d'après ces valeurs que la morale fixe des principes d'action, qu'on appelle les devoirs de l'être humain, vis-à-vis de lui-même ou des autres individus, et qui définissent, en principe, comment il faudrait agir. Son but est d’inscrire ses règles dans les habitudes, les mœurs, les coutumes.

   La définition de Descartes, qui pensait que la morale découlait de la métaphysique et de la connaissance des autres sciences est pour le moins intéressante : « Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.

   Le premier problème rencontré c’est qu’il n’y a pas qu’une morale mais des morales et chacun sait que, ce qu’il y a de plus pénible avec la morale, c’est justement que c’est toujours celles des autres que l’on tend à vous imposer.

   Le second point est, doit on établir une morale en fonction de chaque culture ou une morale peut elle être générale en tenant compte que des principes généraux ?

   Le troisième point, et pas des moindres, c’est qu’elle est fondée sur une éthique et que ceux qui font l’éthique s’appuient généralement sur une religion. La morale religieuse est un ensemble de règles prit par l’autorité religieuse pour faire avancer ses ouailles vers l’objectif fixé par leur foi. Elle énonce ainsi divers préceptes d'actions, qui peuvent être relatifs aux rapports avec autrui, à l'emploi du temps, au régime alimentaire ou à des questions plus précises (comme la procréation). Par exemple : manger du poisson le vendredi, jeûner pendant le ramadan, ne pas avorter, respecter le repos dominical, avoir une attitude de non-violence, etc… Bien que les religions soient de manière générale des facteurs de cohésion sociale, il n’en reste pas moins que les morales qu’elles dictent sont, de par les lois qui régissent leurs dogmes, restrictives, sélectives et parfois contre nature. Il me semble que les fondements d’une morale devraient s’appuyer et s’indexer uniquement sur la nature et qu’elle évite d’être uniquement une machine à fabriquer de la culpabilité.

   Je ne dis pas par là que le contenu total d’une morale religieuse est à rejeter mais, peut-être, à épurer. Exemple : « Tu ne tueras point », cela semble socialement évident et en accord avec les principes fondateurs de la vie. Ce qui, en revanche l’est moins c’est : « Un seul Dieu tu adoreras » car là, nous tombons dans du sectaire, du restrictif et je ne vois pas en quoi un athée humaniste serait immoral parce qu’il se prosterne pas devant un Dieu quelconque.

   Nous devrions accrocher la morale à la réalité et non à la théologie. Le droit, ne doit pas descendre du ciel guidé par un dogme mais il, doit monter de la terre guidé par les hommes.

   La morale n’est qu’une règle du jeu vis-à-vis d’autrui, il faut la bâtir à partir d’un historique, d’un vécu, c’est un postulat. Il faut vivre à chaque instant comme si on vivait devant son miroir, c'est-à-dire faire son examen de conscience. Le fondement de la morale c’est le contrat. Dés l’instant où, deux parties sont d’accord, c’est éthique et c’est une morale et dans ce cas, un code d'honneur. Elle renvoie au respect de soi-même dans les normes que l'on s'impose à soi et donc aux autres.

   Quoi qu’il en soit, une morale reste nécessaire pour vivre avec un minimum d’harmonie et évité le chaos. Il faut des règles humanistes pour faire face à tant de malheur à la vertu et tant de prospérité aux vices. Le mal étant tous ce qui contribue à la désintégration sociale, il faut donc pour lutter contre en établissant des contrats entre individu qui peuvent se définir comme une morale. Il ne s’agit pas de s’affranchir des règles mais s’affranchit de la morale dominante afin de préserver la liberté qui n’est qu’un consentement à la nécessité donc à la nature.

   Certain se baserons sur le décalogue, d’autres sur le tetrapharmakon d’Epicure, etc… Personnellement je pense qu’on pourrait résumer tout cela en une seule règle : « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi. »

   Merci à vous lecteurs de vos avis

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